Vendredi, la centaine d'enseignants du campus de Gaspé du Cégep de la Gaspésie et des Îles ont fait du piquetage auprès de leurs étudiants, eux aussi en grève.

Mobilisation du 1er mai: conséquences incertaines pour les enseignants grévistes

Les centaines de professeurs qui ont défié la décision de la Commission des relations du travail (CRT) en faisant la grève le 1er mai pourraient ne jamais avoir à subir de conséquences. Le Code du travail prévoit des amendes pouvant atteindre 50 000 $ pour un syndicat, mais les directions de cégeps doivent d'abord porter plainte, ce que celle du Cégep de Rimouski, par exemple, n'a pas l'intention de faire.
«On est loin des amendes et des plaintes, dit le directeur général du Cégep de Rimouski, Jean-Pierre Villeneuve. Ma préoccupation vendredi était davantage la sécurité des personnes, de voir à ce que ça se passe dans le calme.» Le collège a ajusté son calendrier pour que ses 260 enseignants et leurs 2600 étudiants puissent reprendre leurs cours.
Jeudi, la CRT avait ordonné aux enseignants de fournir leur prestation normale de travail. Le lendemain, les professeurs de 10 cégeps de la province ont quand même fait la grève pour dénoncer les mesures d'austérité du gouvernement Couillard, dont les cégeps font les frais. Début avril, les directeurs généraux des cinq cégeps de l'Est avaient eux-mêmes dénoncé les compressions dans leurs établissements, qui totalisent 12 millions $ depuis 2011.
Amendes
En cas de grève illégale, le Code du travail prévoit des amendes de 25 $ à 100 $ pour un salarié, de 1000 à 10 000 $ pour un dirigeant syndical et de 5000 $ à 50 000 $ pour un syndicat. 
Au campus de Gaspé du Cégep de la Gaspésie et des Îles, le directeur général Yves Galipeau n'était pas prêt à se prononcer lundi sur une plainte éventuelle contre ses 100 enseignants. Le président du syndicat local, Luc Méthot, fait toutefois remarquer que «les préjudices [de la grève de vendredi] n'étaient pas si graves que ça. Les étudiants étaient déjà en grève et les enseignants ont pris des mesures pour atténuer les impacts.»
Si jamais on tentait d'imposer des amendes aux enseignants, «nos fédérations [syndicales] vont utiliser des moyens de défense juridiques», ajoute M. Méthot.
«Nous, on a lancé aux syndicats le mot d'ordre de respecter l'ordonnance, indique Mario Beauchemin, président de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégeps, affiliée à la CSQ. À partir de ce moment, les syndicats locaux sont autonomes et c'est légitime qu'ils aient exercé leur mandat de grève.»
«Il y aura des conséquences pour les gens qui défient» les ordonnances, a pour sa part averti Julie White, l'attachée de presse du ministre de l'Éducation, François Blais. «L'ordonnance a été obtenue par le comité patronal de négociation des collèges, c'est-à-dire les directions de cégeps [et le ministère de l'Éducation, NDLR], dit-elle. On s'attend à ce qu'ils donnent suite à ce qui s'est passé vendredi.»
À la Fédération des cégeps, la porte-parole Judith Laurier indique que «chaque direction de cégep évalue la situation». La Fédération ne donnera «pas nécessairement de mot d'ordre», dit-elle.
La Commission des relations du travail a refusé de commenter le cas des enseignants de cégep.
Les 10 cégeps concernés :
• Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue
• Cégep de la Gaspésie et des Îles - Campus de Gaspé
• Cégep de Lanaudière
• Cégep Marie-Victorin
• Cégep de Rimouski
• Collège de Rosemont
• Cégep de Saint-Hyacinthe
• Cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu
• Cégep de Saint-Jérôme
• Cégep de Sherbrooke