Michel Perron a été l'un de ceux qui ont proposé, en 2009, que le Québec passe d'un taux de diplomation de 69 % à 80 % d'ici 2020.

Michel Perron, le père de la persévérance scolaire, présente CartoJeunes

Considéré comme le père de la persévérance scolaire au Québec, le chercheur Michel Perron s'est arrêté à Lévis vendredi pour présenter une cartographie de la réussite scolaire dans la Chaudière-Appalaches, allant dans le détail de chaque municipalité ou quartier.
«Il ne faut pas seulement que le gouvernement se sente responsable que les jeunes obtiennent leur diplôme d'études secondaires, il faut que les élus municipaux et la société civile se sentent responsables aussi», a martelé M. Perron avant sa conférence au campus de Lévis de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR). 
Au cours de l'année, M. Perron fera le tour de toutes les régions du Québec pour présenter l'outil CartoJeunes aux différents décideurs, et proposer des leviers pour faire en sorte que les enfants de leur patelin réussissent mieux à l'école. 
Les régions de la Capitale-Nationale, de la Chaudière-Appalaches, du Saguenay-Lac-Saint-Jean et du Bas-Saint-Laurent sont celles qui réussissent à diplômer le plus de jeunes. «Mais comme partout au Québec, il y a des inégalités importantes. Il y a des municipalités performantes et d'autres qui traînent de la patte», explique M. Perron.  
M. Perron a été l'un de ceux qui ont proposé, en 2009, que le Québec passe d'un taux de diplomation de 69 % à 80 % d'ici 2020. Même s'il est persuadé que la province atteindra la cible, il croit qu'il faut s'attaquer aux inégalités territoriales. 
Nouvelle escouade
Doctorant en géographie de la santé, M. Perron a rapidement changé de cap. «Je me suis rendu compte qu'un des grands déterminants d'une population en santé, c'est l'éducation.» Il y a 20 ans, il a donc contribué à créer le Conseil régional de prévention de l'abandon scolaire (CREPAS) Saguenay-Lac-Saint-Jean et a voulu que les Québécois cessent d'aborder la question de façon négative. «À l'époque, on parlait juste de décrochage et de décrocheurs. Pour moi, ça avait pas de bon sens. Alors, j'ai commencé à parler de persévérance scolaire.»
Le CREPAS a servi de modèle pour plusieurs autres régions, qui se mobilisent aujourd'hui autour de cet enjeu. Les Partenaires pour la réussite éducative en Chaudière-Appalaches (PRECA) ont lancé vendredi leur nouvelle Escouade persévérance et ont nommé M. Perron comme premier membre honorifique. 
Cette escouade est composée d'une vingtaine de maires et de hauts dirigeants des réseaux de l'éducation et de la santé. Elle aura pour mission d'aller dans les écoles et les centres communautaires au cours des prochains mois pour dire merci à ceux qui travaillent directement avec les jeunes en difficulté. «Une fois par année, on veut qu'ils aillent voir le vrai monde pour leur donner une tape dans le dos», explique Ariane Cyr, directrice générale de PRECA. 
Les Journées de la persévérance scolaire auront lieu partout au Québec du 13 au 17 février prochains.