Michel L'Hébreux poursuit son travail d'éducation et de transmission de l'histoire du pont de Québec, qui a 100 ans cette année.

Michel L'Hébreux raconte les 100 ans du pont de Québec aux écoliers

«Il est full impressionnant.» «Majestueux!» «Il est tombé deux fois et ils ont jamais lâché.»
C'est ainsi que des élèves de 5e année de l'école Saint-Louis-de-France à Sainte-Foy ont spontanément décrit le pont de Québec et l'histoire de sa construction.
Après avoir fait des recherches depuis le début de l'année sur la structure qui fête ses 100 ans mercredi, ils ont eu droit lundi après-midi à une conférence de deux heures donnée par Michel L'Hébreux, ce passionné du pont de Québec qui a plus de 2000 conférences et 5 livres à son actif.
C'est la persévérance des ouvriers, des ingénieurs et des décideurs de l'époque qui a le plus impressionné les enfants. «Même s'il y a eu beaucoup de morts, ils ont passé par-dessus et ils ont recommencé, pour la société. Ils ont persévéré et ils ont fini par l'avoir», a commenté Pascale Nicol. 
«Ils ont réessayé, réessayé, et ils ont réussi finalement. C'est intéressant de savoir qu'il est vieux comme ça et qu'il tient encore», renchérit sa collègue Naela Kinnear. 
Les jeunes ont pu voir défiler sous leurs yeux plusieurs photos d'époque. Ce sont celles du premier pont qui s'est écroulé en 1907 qui ont suscité les plus vives réactions. «C'était surprenant tous les morts. On s'est rendu compte que ça a été long à faire et c'est quand même du gros ouvrage», exprime Anthon Shaulov. 
Michel L'Hébreux ne chôme pas cette semaine. Cet ancien directeur d'école donne cinq conférences sur l'histoire du pont, en plus de participer à une messe commémorative mercredi soir et à la fête populaire du pont, à Québec et à Lévis, samedi prochain. «Il connaît l'histoire comme si c'était le fond de sa poche», s'exclame Adrien Ampleman. 
La plupart des jeunes rencontrés par Le Soleil utilisent le pont de Québec de façon très régulière et aiment regarder défiler par la fenêtre les pièces de métal et les rivets. Qu'il soit rouillé, «c'est pas grave», indique Adrien. Pourvu qu'il tienne debout encore très longtemps, jusqu'à ce qu'il soit lui-même vieux.
Des catastrophes qui frappent l'imaginaire
Le fait que des parties du pont soient tombées à deux reprises dans le fleuve avant la fin de sa construction, le 20 septembre 1917, est toutefois un élément de stress pour certains élèves. «Ma mère, elle aime vraiment pas ça être prise dans le trafic sur le pont, surtout quand on est au milieu», lance Élodie Chartré.
Leur enseignante Nathalie Bergeron ne pouvait laisser passer cet anniversaire sans créer un projet pédagogique pour ses élèves. «C'est quand même un monument, qui est dans notre cour, et qui est méconnu», lance-t-elle. La semaine prochaine, ses protégés analyseront le pont sous un aspect scientifique. Ils devront construire des répliques miniatures du pont de Québec et vérifier si elles supportent des charges.
Peinture: Lehouillier, optimiste, refuse d'abandonner
Le maire de Lévis Gilles Lehouillier se montre très «optimiste» que l'épineux dossier de la peinture et de l'entretien du pont de Québec se règle une fois pour toutes. Il a rencontré vendredi dernier le ministre fédéral Jean-Yves Duclos, responsable de la région de Québec, et soutient qu'il lui «fait confiance». «Ce que j'en sais, c'est que le gouvernement fédéral n'a pas lancé la serviette. On continue de travailler ardemment sur le dossier», a-t-il évoqué en marge d'un point de presse lundi.
M. Lehouillier soutient toutefois qu'une annonce à quelques jours de la fête populaire des 100 ans du pont de Québec samedi serait surprenante. «On ne peut pas mettre un échéancier relié à une fête. Le vrai échéancier, ce sont les prochaines élections fédérales», prévues pour 2019, évoque-t-il. Rappelons que le pont de Québec est la propriété de la compagnie Canadien National (CN), qui refuse de le repeindre à ses frais. Les politiciens de la région se mobilisent depuis plusieurs années déjà afin que la structure rouillée retrouve son lustre.