Le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx souhaite ouvrir d'autres classes de maternelle 4 ans, mais en s'assurant de la qualité des services donnés.

Maternelle à 4 ans: Proulx misera sur la qualité

Il n'est pas question de freiner le développement des classes de maternelle 4 ans au Québec, mais il faut s'assurer que la qualité soit au rendez-vous, estime le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx.
«Est-ce qu'il y a aura des nouvelles classes? Oui. Est-ce qu'on va faire ça rapidement et sans penser à la qualité? Non, et jamais pour moi, parce que c'est important la qualité», a lancé M. Proulx jeudi. Le ministre réagissait à l'étude d'une équipe de chercheurs de l'UQAM, qui indique que la qualité de l'environnement éducatif est faible en ce moment dans ces classes implantées en milieu défavorisé. 
M. Proulx ne s'inquiète pas outre mesure des conclusions de l'étude. Selon lui, il faut donner une chance à ce jeune programme de faire ses preuves. Par contre, il soutient que contrairement à la proposition de la Coalition avenir Québec (CAQ), il faut l'implanter à un rythme raisonnable. «Il faut faire le tour de notre réseau d'éducation pour voir quelle est sa capacité et ensuite voir qui est disponible pour enseigner dans ces classes-là», a-t-il expliqué. 
Jean-François Roberge, porte-parole de la CAQ en éducation, croit que ce rapport est «une mauvaise note» au bulletin du gouvernement libéral et du gouvernement péquiste, dans la façon dont ils ont implanté la maternelle à 4 ans depuis 2013. «Ils ont tout fait pour que ça ne fonctionne pas. Ils n'ont pas investi suffisamment et ça a été bâclé comme implantation», lance-t-il. 
Son parti propose d'offrir la maternelle à 4 ans à tous les enfants du Québec d'ici cinq ans. Une proposition que M. Roberge considère toujours réaliste, si l'argent nécessaire y est et que ça devient une réelle priorité. «Ce serait une erreur de reculer sur la maternelle à 4 ans. Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain», croit-il. Selon lui, plusieurs pays européens offrent une prématernelle dès l'âge de 3 ans et en retirent des bénéfices à long terme.
La FAE surprise
La sortie de cette étude dans les médias a surpris la Fédération autonome de l'enseignement (FAE). «C'est troublant parce qu'on trouve le ton très négatif», commente Nathalie Morel, vice-présidente de la FAE. Le syndicat a recueilli de l'information auprès de ses membres sur le terrain ces dernières années. «Les profs nous disent de façon très majoritaire que les enfants qui passent dans leurs classes se sont améliorés dans au moins la moitié des domaines de développement», explique Mme Morel. Ceux-ci seraient plus autonomes et auraient plus de connaissances en littéracie et en numératie. 
Sylvie Théberge, vice-présidente de la Fédération des syndicats d'enseignement (FSE) croit de son côté que l'étude met le doigt sur plusieurs bobos, comme le manque de soutien aux enseignants, le manque de matériel adapté, et le manque de financement pour adapter les locaux aux tout-petits. «Souvent, les lavabos sont trop hauts et les salles de toilette sont trop loin de la classe», illustre-t-elle. Ces dernières années, les nouvelles classes de maternelle 4 ans ont souvent été annoncées en juin, et les profs savaient qu'ils allaient y enseigner en août. «Nos membres racontent qu'elles doivent courir les ventes de garage et les brocantes pour se procurer le matériel nécessaire. À un moment donné, il faut donner le temps aux gens de s'organiser.» Avec Simon Boivin