Manif des grévistes de l'UL devant la maison du recteur Brière

Les employés de soutien en grève de l'Université Laval ont pris les grands moyens pour se faire voir et entendre du recteur lundi midi en manifestant devant la résidence privée de Denis Brière. Pendant ce temps, le vice-recteur exécutif, Éric Bauce, accuse le Syndicat canadien de la fonction publique de «cacher des chiffres» aux employés syndiqués «pris en otage».
Plusieurs centaines d'employés en grève, 2000 selon les organisateurs, ont bravé le froid le temps de marcher 2 km du Grand Théâtre de Québec jusqu'à la maison de M. Brière, sur Grande-Allée Ouest.
Un choix symbolique, que le conseiller syndical pour le Syndicat des employés de l'Université Laval (SEUL), Éric-Jan Zubrzycki, explique par l'injonction à 190 le nombre de piqueteurs à la fois pour cette grève déclenchée de façon ponctuelle en février et reconduite sur une base continue au moins jusqu'au 19 mars.
«On voulait un endroit où on peut manifester et Grande Allée est un lieu de prédilection», a-t-il expliqué en marge de la marche bruyante qui s'est déroulée sans incident.
Le caractère populaire et public de l'artère où le recteur Brière réside a d'ailleurs motivé l'idée de se rendre devant la maison, un geste que M. Zubrzycki n'assimile pas à une intrusion dans la vie privée de Denis Brière. «On ne l'aurait pas fait s'il avait habité une rue résidentielle de Sillery», a-t-il illustré.
Le SEUL représente des employés responsables de l'entretien ou des laboratoires scientifiques, les agents de bureaux, les responsables des admissions, par exemple.
Ce syndicat, affilié au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a aussi fait paraître une publicité dans les journaux lundi dans laquelle il réitère sa volonté de voir reconduite la convention collective. Les syndiqués demandent aussi des augmentations salariales égales à celles consenties dans le secteur public en plus de la restructuration de leur régime de retraite.
Le SEUL estime que la différence entre sa proposition pour le régime de retraite et celle de l'Université Laval «est de moins de 300 000$».
Jeudi, la ministre du Travail Dominique Vien a aussi donné son feu vert à l'intervention d'un arbitre dans le dossier. Il aura jusqu'au 31 décembre pour trancher la question des régimes de retraite. Mais cette annonce n'aura pas pour effet d'arrêter la grève puisque les points en litige portent sur l'ensemble du contrat de travail.
«Une arnaque», dit Bauce
Appelé à commenter la manifestation de lundi, le vice-recteur exécutif de l'Université Laval, Éric Bauce a accusé le SCFP de ne pas donner «l'heure juste» aux employés en grève.
«Il n'y a pas d'assemblée, pas d'informations», a lancé M. Bauce en entrevue au Soleil selon qui les syndiqués sont victimes d'une «arnaque» de la grande centrale nationale.
«Je les ai ces documents et jamais vu rien dans tout ce qui circule», a-t-il ajouté.
Éric-Jan Zubrzycki a réfuté les allégations du vice-recteur. «On rencontrer chacun de nos membres à raison de 200 aux deux heures tous les jours à Guantanamo», a-t-il dit en allusion à la «prison», ce bout de campus où sont confinés les 190 piqueteurs à la fois.
«On donne des capsules vidéos aussi, on donne l'ensemble des chiffres», a assuré le conseiller syndical.