Mandat de grève chez les chargés de cours de l’UL

Sans contrat de travail depuis le 1er janvier 2017, les chargés de cours de l’Université Laval ont voté vendredi à 86,4 % en faveur d’un mandat de dix journées de grève à utiliser au moment opportun.

Les chargés de cours, qui donnent 40 % des cours au niveau du baccalauréat et 35 % des cours des deux premiers cycles universitaires, souhaitent entre autres un rattrapage salarial de 6,75 %. «Un rattrapage qui ne ferait qu’amoindrir sans le résoudre l’écart qui s’est creusé entre l’Université Laval, où les chargés de cours sont parmi les moins bien payés, et les autres universités du Québec», a indiqué au Soleil Anne Beauchemin, vice-

présidente aux communications du Syndicat des chargés de cours de l’Université Laval, qui représente 1600 membres en lien d’emploi, dont 700 actuellement sous contrat.

Le forfait actuel prévoit que chaque charge de cours de 45 heures soit rémunérée 8724 $ à l’Université Laval. «Ça inclut la préparation du cours, donner le cours, la correction et l’encadrement des élèves», précise Mme Beauchemin. Au campus de Lévis de l’Université du Québec à Rimouski, les chargés de cours gagnent 1300 $ de plus par charge de cours alors qu’à l’Université de Montréal, c’est 250 $ de plus. 

Autres enjeux

Mme Beauchemin ajoute également que les chargés de cours paient encore pour les conséquences des coupes budgétaires de 2013 et 2014, qui ont amené une hausse du nombre d’étudiants par classe et une augmentation de la charge de travail sans prévoir de compensation. 

La clause de réserve, qui permet à l’Université Laval d’utiliser des enseignants à la retraite et des étudiants au doctorat pour donner 14 % des cours, est également un irritant pour les chargés de cours, qui y voient un obstacle à leur accès à l’emploi. «Nous souhaiterions que ce plafond soit abaissé à 12 %, dont 9 % réservés aux étudiants au doctorat et 3 % réservés aux autres catégories d’enseignants», indique Anne Beauchemin.

Les demandes syndicales n’ont pas trouvé d’écho dans l’oreille des représentants patronaux après 53 rencontres de négociation, ce qui a amené les chargés de cours à opter pour un mandat de grève. La présidente du Syndicat, Christine Gauthier, a aussi interpelé la rectrice de l’Université, Sophie D’Amours. «Ça suffit! Après deux ans de négociation, il est temps que l’administration D’Amours entende ses chargés de cours et reconnaisse leur expertise et leur valeur pour l’Université», a-t-elle déclaré dans un communiqué de presse.

Calmer le jeu

L’Université Laval a pris acte de la décision de ses chargés de cours, mais a tenu à calmer le jeu en fin d’après-midi en précisant entre autres que la session d’hiver 2019 n’était pas compromise et que les étudiants seraient informés de l’évolution de la situation et des modalités de reprise des cours et des examens. «Pour l’instant, il est important de spécifier que l’obtention d’un tel mandat ne signifie pas qu’une grève sera nécessairement déclenchée. Le processus de négociation avec le syndicat continue dans le but de régler les différents enjeux, dont les conditions salariales», écrit la responsable des relations avec les médias de l’Université, Andrée-Anne Stewart.

«L’objectif de l’Université Laval est d’en arriver le plus rapidement possible à une entente négociée satisfaisante pour les deux parties. Notre approche en matière de relations de travail, notamment dans le cadre de cette négociation, repose essentiellement sur les valeurs de transparence, de respect et d’équité de notre établissement», a pour sa part déclaré Lyne Bouchard, vice-rectrice aux ressources humaines.