L'équipe de la bibliothèque de l'Université Laval a appris aux chercheurs qu'ils seraient dorénavant privés de nombreuses revues savantes dans lesquelles sont publiées les plus récentes découvertes scientifiques.

L'Université Laval se veut rassurante sur les coupes à la bibliothèque

L'Université Laval assure que les coupes à la bibliothèque n'affecteront pas la qualité de la recherche et de l'enseignement.
C'est ce qu'a affirmé jeudi au Soleil la directrice de la bibliothèque, Loubna Ghaouti, après que des étudiants eurent manifesté «contre la coupe de 1,3 million $ qui a été imposée à la bibliothèque l'an dernier et qui s'est traduite par une réduction du personnel - touchant notamment l'équipe du service aux usagers - et une diminution du budget accordé à l'acquisition de livres et de périodiques».
Loubna Ghaouti précise qu'à la suite des compressions imposées à l'Université Laval, son service a dû lui aussi faire sa part en coupant 5 % de son budget de fonctionnement. «Je ne sais pas d'où sort le chiffre de 1,3 million $. [...] Ce qu'on a coupé [jusqu'à maintenant], c'est entre 900 000 $ et 1 million $, et on a coupé surtout dans la masse salariale [en procédant par attrition]. On a également coupé dans nos ressources matérielles, comme le mobilier, et les dépenses de communications», énumère-t-elle.
Le budget d'acquisition de la bibliothèque n'a pas encore été coupé, mais cela ne saurait tarder. «Il faut d'abord faire une analyse des priorités en matière de périodiques scientifiques», précise Mme Ghaouti.
Selon elle, compressions ou pas, «il aurait de toute façon fallu revoir le budget d'acquisition parce que la bibliothèque de l'Université Laval fait face, comme d'autres, à une hausse marquée des coûts d'abonnements aux périodiques scientifiques». «Les gros éditeurs, qui forment un oligopole incroyable, font des bénéfices de 30 à 40 % par année et nous imposent des augmentations de 5, 10, 15 ou 20 % par année», déplore Mme Ghaouti, ajoutant que la faiblesse du dollar canadien depuis deux ou trois ans fait également mal à la bibliothèque de l'Université. «Quatre-vingts pour cent de nos achats se font en dollars américains», précise-t-elle.
«Un bon budget»
Loubna Ghaouti se veut toutefois rassurante : hormis l'an dernier, la bibliothèque de l'Université Laval a toujours augmenté son budget d'acquisition de livres et de périodiques scientifiques. «On a toujours mis les moyens pour fournir la matière première aux étudiants, aux enseignants et aux chercheurs, et on a encore un bon budget pour ça. [...] Il n'y aura pas d'impacts sur la qualité de la recherche et de l'enseignement. On aura simplement de nouvelles façons d'acquérir en fonction de besoins ciblés», assure Mme Ghaouti.