La rectrice Sophie D’Amours veut augmenter le nombre d’étudiants internationaux au 1er cycle et aux cycles supérieurs.

L'Université Laval plus internationale d'ici 2022

Plus internationale et plus attrayante, ce sont deux des lignes directrices de la planification stratégique de l’Université Laval pour 2022. Et la rectrice Sophie D’Amours estime que son établissement est déjà sur la bonne voie pour atteindre ces objectifs.

«Nous avons 13% d’étudiants internationaux au 1er cycle et aux cycles supérieurs et on veut continuer à accroître cela», lance d’entrée de jeu Mme D’Amours en entrevue avec Le Soleil. «Et on calcule qu’au total, 17% de nos étudiants vivent une expérience internationale, c’est-à-dire qu’ils viennent de l’extérieur du pays ou alors ils vont recevoir une partie de leur formation à l’extérieur du pays. C’est aussi quelque chose que nous voulons voir augmenter.» 

L’Université Laval souhaiterait en fait que ce pourcentage augmente à 20% et même à 25% puisque ces expériences permettraient de développer de nouvelles façons de faire, d’apprécier davantage la différence et de contribuer à établir des réseaux à l’international. «Nous avons une mission sociale importante et quand ces gens reviennent, ils ont une plus grande ouverture pour les immigrants, ils ont moins peur et deviennent des employeurs plus engagés», souligne Mme D’Amours.

La rectrice considère que le fait pour l’Université Laval d’attirer davantage d’étudiants étrangers est une bonne porte d’entrée pour une immigration de qualité. «Nous travaillons beaucoup pour trouver des stages à ces étudiants pour qu’ils aient le goût de s’établir à Québec. Nous en recrutons aussi beaucoup», poursuit-elle, insistant sur les pratiques d’embauche inclusives en vigueur à l’Université Laval. «Le premier emploi de plusieurs étudiants internationaux est souvent sur le campus! Et ce sont 23% de nos professeurs qui sont d’origine étrangère.»

Étudiants parents

Il n’y a cependant pas que pour les étudiants et les professeurs étrangers que l’Université souhaite être plus attrayante. Sophie D’Amours veut aussi adapter le campus à la réalité des étudiants parents. «Il y a un bout de chemin à faire et on va le faire», jure-t-elle. Ce «bout de chemin» signifie aussi la remise sur les rails du projet de 70 millions $ de nouvelles résidences étudiantes pouvant loger de 400 à 600 personnes, dont des familles, qui avait frappé un mur en 2014 quand les étudiants avaient refusé d’en payer 30% des frais par le versement de 10 $ par session durant 20 ans.

«Les étudiants avaient plutôt choisi d’investir l’argent de leur cotisation étudiante dans un centre de vie étudiante, mais ça ne veut pas dire qu’ils n’ont pas d’intérêt (pour de nouvelles résidences). Plusieurs modèles d’affaires existent. On pourrait relancer ce projet sans exiger une participation des étudiants», indique Mme D’Amours, qui voit aussi dans de nouvelles résidences un facteur d’attrait pour la clientèle étudiante internationale. «Si on peut réussir, avec un prix de location plus bas, à réduire les coûts pour les étudiants internationaux, on devient alors plus attrayants.»

Attirer le talent

Laval veut aussi continuer à attirer les meilleurs talents en ses murs. «Nous avons une toute nouvelle génération de leaders scientifiques sur notre campus et il faut créer un environnement propice au dynamisme. Parfois, ces gens ont besoin de nouveaux labos, de plus de visibilité. Il faut permettre à ces gens qui ont de l’énergie de changer les choses», explique Mme D’Amours.

Parmi les facteurs d’attraction de talent de l’Université Laval, Mme D’Amours note ses quatre chaires de recherche du Canada et ses investissements dans des infrastructures majeures comme l’Institut Nordique ou la plateforme collaborative de recherche et d’intervention en santé durable PULSAR, qui permet l’analyse de données massives en nutrition, en prévention et en santé. 

L’Université Laval souhaite aussi, à l’aide des technologies numériques, «inverser sa salle de classe» comme le présente la rectrice. «On pourrait ainsi apprendre davantage en ligne puis venir en classe pour vivre des expériences de simulation», explique-t-elle, citant entre autres le laboratoire d’apprentissage complètement numérisé en médecine en l’environnement de simulation numérique dans la faculté de pharmacie. 

«Ça, on en veut de plus en plus. C’est certain qu’on ne changera pas 24 000 cours du jour au lendemain, mais on s’en va vers là. C’est un grand changement, l’apprentissage passera de plus en plus par la simulation, le travail d’équipe, la communication, l’analyse critique. On apprend en le faisant», conclut-elle.

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L’INSTITUT NORDIQUE

L’Université Laval mise gros sur le futur Institut Nordique. «Nous sommes déjà un leader international dans la recherche arctique et nordique. En plus d’avoir une architecture qui donnera une image nordique, l’Institut nous permettra de faire de la diplomatie internationale par la science. Il y a plusieurs enjeux auxquels participeront les pays circumpolaires», explique la rectrice Sophie D’Amours. Celle-ci voit aussi en l’Institut Nordique une façon de tisser des liens plus étroits avec les premières nations. «Il n’y a qu’une façon de travailler avec les premières nations. Nous avons lancé des démarches avec les leaders des premières nations. Il y a de plus en plus d’autochtones à l’Université, mais on peut en avoir plus chez nous et on peut faire plus pour eux également», souligne-t-elle, faisant remarquer que la courbe démographique des premières nations est différente avec une population beaucoup plus jeune. 

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DÉVELOPPER LA PHILANTHROPIE

Le développement d’une culture de la philanthropie figure parmi les orientations que l’Université Laval privilégiera pour les cinq prochaines années. «Il s’agit d’initier les étudiants à donner au suivant», illustre la rectrice Sophie D’Amours. «Ça fait partie de notre volet d’engagement. Il faut que nos étudiants sentent que des responsabilités s’attachent à ce diplôme.» Pour développer une telle culture, l’Université tentera d’amener ses étudiants à apprécier la philanthropie sous toutes ses formes, à mieux communiquer aux étudiants tout ce que ceux qui sont passés avant eux ont fait pour eux. «On sent qu’il y a un changement, on est dans un point de rupture. On le voit dans les campagnes de financement de notre fondation et celle de Centraide. Il faudra explorer les nouvelles façons de donner au suivant.» 

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CONTRE LA VIOLENCE SEXUELLE

Touchée par les agressions sexuelles survenues dans une résidence étudiante à l’automne 2016, la direction de l’Université Laval place toujours la diversité, l’inclusion et la lutte à la violence sexuelle au sommet de ses plans stratégiques. Laval souhaite célébrer la diversité sous toutes ses formes en faisant la promotion d’un climat d’équité, de respect et d’inclusion et vise à bâtir un environnement exempt de harcèlement et de violences à caractère sexuel. Pour devenir une référence en la matière, l’Université veut bonifier les mesures d’appui à l’équité, à la diversité et à l’inclusion et faciliter la gestion des plaintes et des dénonciations de même que la résolution des conflits.