La grève étudiante aura été un formidable révélateur, nous donnant à voir la vivacité de la jeunesse québécoise et la force des convictions qu'elle partage avec un large pan de la population.

L'Université Laval offre un cours sur le «printemps québécois»

La hache de guerre des associations étudiantes à peine enterrée, un cours de sociologie à l'Université Laval offert cet automne se penche sur le «printemps québécois» et les motifs qui ont mené à cette large contestation sociale qui a secoué la province pendant plusieurs mois.
Ce cours optionnel, intitulé Question de sociologie II : le printemps québécois, donné par le professeur en sociologie Olivier Clain, est offert à tous les étudiants de premier cycle de l'Université Laval.
L'expert analysera avec ses étudiants comment le conflit, qui portait au départ sur un enjeu «traditionnel» dans l'histoire des luttes étudiantes au Québec, a déclenché un tel mouvement social. Il verra également comment la crise étudiante a «transformé la réalité collective dans la province».
M. Clain s'interroge également sur la manière dont s'est «construite» l'idée, devenue selon lui un lieu commun, que les universités québécoises souffraient de sous-financement chronique. Dans la foulée, dit-il, «le manque à gagner» rapporté par la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) est devenu la «juste part» que les étudiants devaient payer.
«La sociologie du présent»
Le sociologue souligne qu'il n'est pas trop tôt pour s'attarder à un événement qui vient à peine de se terminer. Il s'agit, dit-il, d'une démarche sociologique surnommée «la sociologie du présent», qui permet notamment d'éviter des questions qui imposeraient de s'attarder à un jugement moral et politique.
En d'autres mots, Olivier Clain et ses étudiants ne chercheront pas, pendant les séances de cours, à déterminer si la hausse des droits de scolarité était justifiable ou non, et ce, malgré que le professeur ait lui-même sa petite idée sur la question. Ils verront davantage comment le conflit est né d'une division au sein de la société et de quelle manière il s'est mis en place.
Au cours des 14 séances, neuf conférenciers - dont les sociologues Simon Langlois, Andrée Fortier et Gérard Duhaime - présenteront différents aspects du «printemps québécois». Il sera notamment question du lien entre le Plan Nord et le carré rouge.