En plus de désengorger les routes, distribuer des laissez-passer pour les étudiants de l'Université Laval pourrait assurer une entrée d'argent aux services de transport en commun, croient les associations étudiantes. 

L'UL plaide pour un laissez-passer d'autobus à rabais

La direction de l'Université Laval se joint à ses associations étudiantes pour demander la création d'un laissez-passer d'autobus à rabais, payé par tous ses étudiants, afin de désengorger les routes autour du campus et même un peu partout dans la grande région de Québec.
«Ça a été démontré dans d'autres villes que quand les gens ont la carte (d'autobus) en main, ils l'utilisent», lance Samuel Rouette-Fiset, président de la CADEUL, l'association des étudiants au baccalauréat. La CADEUL et l'AELIES, l'association des étudiants inscrits aux cycles supérieurs, viennent de déposer un mémoire conjoint à la Ville de Québec, qui tient ses consultations sur la mobilité durable.
Ce mémoire demande à ce que les étudiants paient une contribution additionnelle qui pourrait varier entre 60$ à 162$ par année à leurs frais de scolarité et puissent en échange utiliser le transport en commun à Québec et à Lévis de façon illimitée. 
«On pense que le timing est bon, parce que le transport, c'est un sujet qui est extrêmement d'actualité et on a aussi une nouvelle administration universitaire qui est très favorable au projet», ajoute M. Rouette-Fiset. 
Ce mémoire a l'appui formel de la haute direction de l'Université, qui participera aux consultations publiques de la Ville de Québec sur le transport, la semaine prochaine. «On n'est pas des observateurs, mais bien des partenaires du projet. On trouve que c'est une très bonne idée», soutient Robert Beauregard, nouveau vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes. 
M. Beauregard est très positif quant à l'avenir de cette mesure, qui est déjà discutée depuis quelque temps entre le Réseau de transport de la Capitale (RTC), la Société de transport de Lévis (STLévis) et l'Université Laval. «Les discussions avancent et tout le monde est d'accord avec le concept et le principe. Il suffit de trouver la bonne façon de faire», croit M. Beauregard. Selon lui, le laissez-passer universel ou universitaire (LPU) pourrait être implanté d'ici 1 à 3 ans à Québec. 
La CADEUL et l'AELIES croient que distribuer de tels laissez-passer aux 60 000 étudiants que l'université accueille chaque année aurait plusieurs avantages: désengorger les routes autour du campus, assurer aux sociétés de transport des entrées d'argent régulières et garanties, permettre aux étudiants d'occuper des logements abordables un peu plus loin du campus et permettre à l'Université Laval de devenir plus attirante pour de nouveaux étudiants. 
«On pense que ce n'est pas notre rôle de proposer à la Ville de Québec de nouveaux tracés ou un projet plus structurant. Par contre, le laissez-passer permettrait de soutenir un projet structurant en lui assurant un achalandage soutenu», indique M. Rouette-Fiset. Un référendum devrait avoir lieu à l'Université Laval lorsque le projet sera complètement ficelé. 
Sur les deux rives
Les étudiants croient toutefois qu'il faut que le laissez-passer permette de se déplacer sur les deux rives, autant à Québec qu'à Lévis. «On a une grosse population étudiante qui provient de la Rive-Sud, alors il faudrait vraiment un projet interrives», ajoute-t-il. 
M. Beauregard abonde dans le même sens et croit que le projet avorté de Service rapide par bus (SRB) entre Québec et Lévis n'empêche pas les deux villes de travailler ensemble pour la suite des choses. «Ce sont deux dossiers et on croit que ce n'est pas un empêchement à faire le laissez-passer universel.»
La nouvelle administration de l'Université, soit l'équipe qui entoure la rectrice Sophie D'Amours, veut aussi travailler davantage en partenariat avec les cégeps de la région afin de voir si cette mesure pourrait s'appliquer à tous les étudiants qui font des études supérieures. 
Le Cégep Garneau pense également à instaurer un laissez-passer universel pour ses étudiants, en collaboration avec le RTC. En attendant, le cégep offrira à la rentrée un laissez-passer d'un mois à tous ses nouveaux étudiants, une mesure qui profitera à environ 2000 jeunes.
La petite histoire du LPU
Le projet de laissez-passer universel (LPU) est dans les cartons depuis plus de 10 ans à l'Université Laval. Les étudiants ont été consultés en 2009 sur la question et ont accepté à 76 % de payer 60$ par session pour obtenir ce laissez-passer. 
Le projet n'a toutefois jamais vu le jour, étant donné qu'à l'époque, le Réseau de transport de la capitale (RTC) estimait que les investissements nécessaires étaient trop importants. Une étude du RTC faisait état d'un manque à gagner de 1,7 million $ et d'investissements de 5,7 millions $ pour soutenir l'achalandage. 
La CADEUL et l'AELIES demandent aujourd'hui de mettre à jour ces données, puisqu'elles ne tiennent pas compte par exemple des investissements déjà faits au RTC. 
Les étudiants de l'Université Laval soutiennent qu'ailleurs au pays, l'idée d'instaurer un accès libre au transport en commun pour les étudiants a donné de bons résultats. L'Université Queens et Western Ontario, dans la province voisine, ont été parmi les premières à l'instaurer, suivies par d'autres établissements en Nouvelle-Écosse et en Colombie-Britannique. Au Québec, l'Université de Sherbrooke a offert un premier LPU à ses étudiants en 2004. Le prix de celui-ci a augmenté, mais il est toujours en vigueur et a permis de faire augmenter le nombre d'usagers de la Société de transport de Sherbrooke.