L'UL se débarrassera de ses placements dans le pétrole

L'Université Laval a rapidement dit oui à une demande d'un groupe d'étudiants en devenant la première université canadienne à retirer ses investissements des énergies fossiles.
La direction de l'université s'est engagée mercredi à ne plus avoir dans son porte-feuille des placements liés au monde du pétrole. Un comité de travail, comprenant des étudiants, sera formé pour réfléchir aux meilleurs moyens de procéder à cette transition financière vers des placements plus verts, par exemple, dans les énergies renouvelables. 
«Je suis un écologiste. C'est le temps de bouger sur toutes les facettes», a commenté le vice-recteur exécutif Éric Bauce en conférence de presse. «L'argent ne mène pas le monde, mais il peut sérieusement l'influencer», a-t-il ajouté.
Le groupe étudiant ULaval sans fossiles, formé en novembre dernier, a réagi très positivement à cette annonce. L'Université Laval ne peut pas dire combien de temps il lui faudra pour mener à bien ce projet, mais ULaval sans fossiles promet de veiller au grain et de surveiller sa mise en application. 
«C'est sûr que là, on rentre dans la course au rectorat à l'Université Laval, donc on comprend qu'il y a peut-être des enjeux à ce niveau-là. Mais on croit en la bonne foi de l'Université Laval, ils ont été très prompts à nous répondre», a commenté Alice-Anne Simard, co-porte-parole du groupe ULaval sans fossiles.
Bien qu'il ne se soit pas encore officiellement lancé dans la course, Éric Bauce fait partie des candidats pressentis pour succéder au recteur actuel, Denis Brière. 
ULaval sans fossiles s'inscrit dans une démarche environnementale planétaire, née en 2012, qui a convaincu jusqu'à présent 684 institutions et gouvernements locaux de procéder à un désinvestissement des combustibles fossiles. 
Cet engagement est un pas de plus pour l'Université Laval, qui a fait du développement durable une priorité. À preuve, l'institution a également annoncé mercredi qu'elle était passée du 9e au 2e rang des meilleures universités à travers le monde en développement durable. Seule l'Université du Colorado fait mieux qu'elle en occupant le 1er rang de l'accréditation STARS (Sustainability Tracking Assessment and Rating System). «On a dit qu'on pouvait être les meilleurs, il reste encore une position à gagner», a commenté M. Bauce. 
L'Université Laval souhaite également, à l'avenir, travailler de concert avec ses étudiants pour devenir «un campus nourricier»: réduire les déchets à la source, éviter le gaspillage alimentaire et profiter des produits qui sont déjà fabriqués sur le campus (fromage, pain, bière, etc.) pour nourrir les employés et les étudiants.
Activités annulées en raison de la grève
Certaines activités ont dû être annulées et certains services sont réduits en raison de la grève des employés de soutien à l'Université Laval, qui se poursuit jusqu'à jeudi soir. 
Le PEPS a publié mercredi sur le www.peps.ulaval.ca la liste des activités que le centre sportif doit annuler, comme des cours de yoga, des séances de patinage libre, de même que toutes les activités prévues après 20h. 
La bibliothèque doit également écourter ses heures d'ouverture pour les étudiants, qui pourront s'y rendre de jour jusqu'à 17h, mais pas le soir. 
Jusqu'à jeudi soir, il est prudent de s'informer si les activités à l'horaire ont toujours lieu. Par exemple, les Hautes études commerciales ont remis à une date ultérieure la table ronde «La présidence de Trump et l'ALÉNA, quels scénarios?», prévue jeudi midi. 
La grande majorité des cours sont maintenus durant la grève, mais quelques activités de formation en laboratoire ont dû être annulées, indique Andrée-Anne Stewart, porte-parole à l'Université Laval. «Je ne peux pas vous cacher qu'il y a des impacts.» Elle se veut toutefois rassurante : «Il n'y a aucun étudiant qui va être pénalisé.» 
Mme Stewart n'a toutefois pas voulu répondre aux affirmations du Syndicat des employées et des employés de l'Université Laval (SEUL), qui affirme que la grève pourrait faire en sorte que plusieurs protocoles de recherche tombent à l'eau. 
Une séance de conciliation entre les deux parties est prévue jeudi au ministère du Travail.