La ministre de l’Enseignement supérieur Danielle McCann annonce une enveloppe de près de 600 000$ sur deux ans pour le plan de l’Université Laval «en action avec les Premiers Peuples».
La ministre de l’Enseignement supérieur Danielle McCann annonce une enveloppe de près de 600 000$ sur deux ans pour le plan de l’Université Laval «en action avec les Premiers Peuples».

L’UL reçoit 588 500 $ pour son plan «en action avec les Premiers Peuples»

Valérie Marcoux
Valérie Marcoux
Le Soleil
La ministre de l’Enseignement supérieur Danielle McCann annonce une enveloppe de près de 600 000$ sur deux ans pour le plan de l’Université Laval «en action avec les Premiers Peuples». Ce plan prévoit l’instauration de nouvelles ressources afin de favoriser la réussite scolaire et le développement socioculturel des étudiants autochtones, tout en bonifiant les cours relatifs à l’histoire et les cultures des Premières Nations.

Accueillant environ 400 étudiants et étudiantes qui s’identifient comme appartenant aux Premières Nations, l’Université Laval est l’université francophone avec le plus grand nombre d’étudiants autochtones. Grâce au déploiement de son plan, le vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes de l’Université Laval, Robert Beauregard, espère voir ce nombre doubler d’ici 4 à 5 ans.

Ce plan prévoit la création d’un Cercle des Premiers Peuples qui sera un lieu physique sur le campus où les étudiants trouveront des services et des personnes-ressources pour les aider autant au niveau de leur réussite scolaire qu’au niveau de leur intégration à la vie universitaire et à la ville de Québec. Il est donc question d’embaucher du personnel spécialisé, des coordonnateurs ainsi que des «conseillers en réconciliation».

Accompagné de Michèle Audette, adjointe au vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes et conseillère principale à la réconciliation et à l’éducation autochtone de l’Université Laval, M. Beauregard a souligné l’importance d’avoir un «lieu connu et reconnu» afin de rendre visible les membres de ces communautés. Mme Audette a exprimé son désir que le Cercle des Premiers Peuples soit «un espace physique à la couleur et aux goûts des premiers peuples qui ont choisi l’Université Laval».

Des accommodements linguistiques sont également envisagés puisque l’adaptation au français est un des enjeux de réussite pour les membres des communautés autochtones pour qui cette langue est parfois leur troisième. «Une de leurs difficultés est la langue française, indique Mme Audette. Les langues autochtones sont descriptives; le français est davantage symbolique. Des étudiants m’ont dit qu’ils avaient de la difficulté à comprendre les questions d’examens. Ils traduisent les mots dans leur tête. Quelques professeurs ont accepté de leur faire faire des examens en mode verbal.»

Les actions proposées par ce plan ne concernent pas seulement les étudiants: il est également question d’améliorer l’expérience du personnel issu des Premières Nations sur le campus et encourager leur embauche. 

Lors de la conférence de presse, le ministre responsable des Affaires autochtones du Québec, Ian Lafrenière s’est enthousiasmé de l’aspect concret du plan proposé. «Il y a beaucoup de choses qui ont été dites», a-t-il exprimé. «Il faut aller dans l’action».

La réconciliation par l’éducation

Un autre volet du plan vise à faire connaître les réalités des Premières Nations aux autres membres du personnel et étudiants par l’entremise de formations, d’activités de sensibilisation, mais surtout par la création de nouveaux cours, notamment un nouveau cours d’histoire généraliste s’attardant aux réalités des peuples autochtones qui sera offert au plus grand nombre possible. 

De nouveaux cours de langues autochtones ainsi que des programmes de recherche concernant, entre autres, la revitalisation de langues autochtones en déclin verront prochainement le jour. Déjà, l’Université Laval a ressuscité son cours de langue inuite cette année et a entrepris la création d’un cours de langue innue.

Joyce Echequan, une femme atikamekw de 37 ans de Manawan, dont le décès, dans un contexte raciste, a indigné la population.

Honorer la mémoire de Joyce Echaquan

Plus tôt avant la présentation du plan «en action avec les Premiers Peuples» s’est tenue une cérémonie officielle à laquelle ont participé la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours et Carol Dubé, le conjoint de Joyce Echequan, une femme atikamekw de 37 ans de Manawan dont le décès, dans un contexte raciste, a indigné la population. 

«Monsieur Dubé aurait pu refuser l’invitation de l’Université. Il l’a acceptée parce qu’il voulait montrer au reste du monde qu’on a tous une responsabilité dans ce drame, et qu’au-delà de la politique et des discours, nous devons oublier nos divergences afin d’aller de l’avant ensemble. Malgré les nombreux traumatismes du passé, il a voulu démontrer que les Premiers Peuples ont la capacité de pardonner, d’être généreux et de tendre la main, d’être accueillants et résilients», a exprimé l’adjointe au vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes et conseillère principale à la réconciliation et à l’éducation autochtone de l’Université Laval.