L’industrie porcine et avicole se réjouit de la création d’une chaire de recherche «pour la durabilité des productions porcine et avicole».

L’UL au secours de l’industrie porcine

L’industrie porcine et avicole québécoise, souvent pointée du doigt pour l’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’alimentation des bêtes et son impact négatif sur l’environnement, accueille avec satisfaction la création d’une nouvelle chaire de recherche de l’Université Laval vouée à l’exploration d’avenues «innovantes» pour lui permettre d’abaisser ses coûts de production et affronter la concurrence mondiale.

«Il existe un enjeu global pour l’industrie porcine dans le monde qui demeure toujours le même, soit la réduction des coûts de production», explique Raphaël Bertinotti, directeur Santé, qualité et recherche chez Les éleveurs de porcs du Québec, présent vendredi sur le campus universitaire, à l’occasion d’une conférence de presse annonçant la création d’une chaire de recherche «pour la durabilité des productions porcine et avicole».

«Le coût est le nerf de la guerre en alimentation animale. Ça représente plus de 60 % du coût total de production», explique au Soleil la titulaire de la nouvelle chaire, Marie-Pierre Létourneau-Montminy, professeure au département des sciences animales.

Les travaux permettront de trouver «des ingrédients de rechange et les voies favorisant leur utilisation de façon efficace afin d’optimiser les performances de croissance des animaux et d’abaisser le coût d’alimentation pour les producteurs».

L’industrie porcine et avicole évolue dans un marché où le prix du maïs et du soya, deux matières premières utilisées pour l’alimentation humaine, mais aussi pour l’alimentation des porcs et des volailles, est sujet à des hausses de prix en fonction de la demande, poursuit la professeure.

Viande sans antibiotiques

L’utilisation d’antibiotiques dans l’alimentation des porcs et des volailles représente un terrain de recherche incontournable, dans la foulée d’une nouvelle législation en interdisant l’usage. Ce changement représente un défi de taille pour les producteurs. «C’est quelque chose qui s’en vient et on s’y prépare», précise Mme Létourneau-Montminy.

Pour le doyen de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation, Jean-Claude Dufour, en plus de pallier l’utilisation d’antibiotiques dans l’alimentation des animaux pour répondre aux préoccupations des consommateurs, la chaire permettra «d’améliorer les pratiques d’élevage afin de se conformer aux normes de bien-être animal».

«La chaire aura un impact sociétal mondial, estime M. Dufour, soulignant l’impact majeur de l’industrie porcine pour l’économie du Québec. Selon les chiffres du Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, ce secteur a enregistré des recettes de 1,4 milliard $ l’an dernier. Quelque 70 % de la production porcine québécoise prend le chemin de l’exportation.

La chaire se penchera également sur une façon de rendre moins nocifs les rejets produits par l’élevage. «Il faut chercher à diminuer les apports en azote et en phosphore coûteux et dommageables pour l’environnement», explique Mme Létourneau-Montminy.