En créant L'homophonerie, Véronique Bilodeau souhaitait que les élèves en difficulté apprennent dans le plaisir.

L'homophonerie, un jeu pour apprendre en s'amusant

Mission possible, pour des élèves en difficulté, que d'apprendre le français tout en s'amusant? Véronique Bilodeau a relevé le défi en concevant L'homophonerie, un jeu de société édité depuis peu et qui a même été adopté par nos cousins de la France.
Orthopédagogue à la commission scolaire de Portneuf, Véronique Bilodeau a toujours souhaité que ses élèves apprennent dans le plaisir. Il y a six ans, pour motiver deux de ses protégés, voilà qu'elle leur suggère de mettre au point un jeu. Son objectif? Favoriser l'intégration des homophones.
«Je cherchais une idée pour travailler le français, mais de façon amusante et stimulante. Pour les élèves qui ont de la difficulté, les amener à approfondir une matière qui leur cause problème et qui leur fait vivre des échecs, ça suppose d'être créatif», justifie-t-elle.   
L'homophonerie était née. Ses collaborateurs de l'époque, Steven Tessier et Émilie Laquerre, sont aujourd'hui respectivement en cinquième secondaire et en première année de cégep. Véronique Bilodeau raconte qu'ils se sont impliqués tant dans le dessin de la planche de jeu que dans le choix des questions.
«C'est aussi eux qui ont trouvé le nom homophonerie et qui ont écrit les règlements, enchaîne l'orthopédagogue. En fin de compte, l'exercice a non seulement permis d'améliorer leur maîtrise des homophones, mais également d'enrichir leur vocabulaire et de mettre en pratique l'orthographe.»  
Si les jeunes concepteurs ont bénéficié de ce triple avantage, les utilisateurs - principalement des élèves du troisième cycle du primaire et du premier cycle du secondaire - ont aussi la possibilité, en situation de jeu, d'aiguiser leur habileté dans ces différents champs de compétences.
Originalité et rareté
Le qualificatif homophone se rapporte à des mots qui ont la même prononciation sans avoir la même orthographe ni la même signification. Par exemple, on dira que les mots «mère, maire et mer» sont homophones.
Pour Les Éditions Passe-Temps, l'intérêt à commercialiser L'homophonerie réside indubitablement dans l'originalité du jeu et dans le fait qu'il existe peu de ressources pédagogiques destinées aux 10 à 13 ans permettant de consolider l'apprentissage des homophones.
«Ce qu'on propose habituellement dans les activités de travail des homophones en scolaire, c'est une formule papier-crayon. Ici, on y va plutôt de manière ludique avec un jeu de société, c'est unique», commente l'éditeur en chef des Éditions Passe-Temps, Simon Tobin.
L'aventure prend une tournure d'autant plus intéressante pour l'éditeur de Québec qu'un distributeur français a choisi d'ajouter L'homophonerie à son offre. «Comme le marché est petit chez nous, c'est une très bonne nouvelle pour le succès du produit», lance-t-il. 
Véronique Bilodeau, de son côté, s'apprête à présenter du nouveau matériel à M. Tobin, cette fois pour développer les aptitudes des jeunes en lecture, et plus particulièrement celles des garçons - plus difficiles à «accrocher» - et des élèves dyslexiques.
Une quête sous-marine
Sur le thème d'une quête sous-marine, le jeu consiste à remporter le combat qui oppose les pieuvres et les requins. En répondant correctement aux questions, les élèves accumulent des cartes qu'ils placent dans leur coffre. Sans fin, L'homophonerie peut être jouée aussi bien sûr de courtes que sur de longues périodes. «Avec un aide-mémoire, le jeu peut même être utilisé par des plus jeunes, qui intégreront alors l'emploi d'outils de référence», indique Véronique Bilodeau.