La présidente de la Fédération des commissions scolaires, Josée Bouchard, était furieuse hier à la suite du dépôt des crédits budgétaires des ministères.

Les commissions scolaires digèrent mal le plan de dépenses du gouvernement

La liste des promesses mises de côté par le Parti québécois risque-t-elle de s'allonger? Pour l'instant, aucune somme n'est prévue pour financer l'implantation de la maternelle à l'âge de quatre ans et l'ajout de professionnels dans les écoles, dénonce haut et fort la Fédération des commissions scolaires.
Sa présidente, Josée Bouchard, était furieuse jeudi à la suite du dépôt des crédits budgétaires des ministères. «Je suis enragée, a-t-elle lancé. Ça ne se peut pas qu'au Québec, on fasse de la politique en disant qu'on va bonifier l'offre de services sans financer les ajouts promis. Ça ne marche pas!»
En campagne électorale, le Parti québécois a promis l'ajout de 600 professionnels supplémentaires dans les écoles pendant les trois premières années d'un premier mandat. Il a aussi promis l'implantation de la maternelle à l'âge de quatre ans dès l'automne 2013 dans les milieux défavorisés.
Au cabinet de la ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, on explique que cette implantation se fera «graduellement» et que les sommes - dont la hauteur n'est pas connue pour l'instant - seront prises à même le budget du ministère, et non dans celui des commissions scolaires. Des maternelles pour enfants de quatre ans seront créées à partir de l'automne 2013 uniquement dans les écoles où des locaux sont déjà disponibles.
Une façon de faire inhabituelle qui laisse la Fédération des commissions scolaires sceptique. «On va le croire quand on va le voir», rétorque sa porte-parole, Caroline Lemieux. «Habituellement, quand on prévoit l'embauche de personnel, c'est dans les crédits. Et là, ça ne l'est pas.»
Compressions à venir
À cette incertitude s'ajoutent les compressions de 200 millions $ qui sont imposées pour l'année 2013-2014, que les commissions scolaires ont toujours du mal à digérer. À certains endroits, les coupes imposées dépassent l'ensemble des frais administratifs, illustre Josée Bouchard. «Dans certaines commissions scolaires, il faudrait qu'il ferme leur centre administratif au complet. Ça n'a pas de bon sens!»
De manière générale, Mme Bouchard s'inquiète du peu d'importance accordée à l'éducation par le gouvernement Marois.
«On voit juste une vision comptable, il n'y a qu'un seul objectif budgétaire qui est périlleux pour le système d'éducation et pour la société en général. Si ça continue comme ça, on
sera incapable de s'offrir un système d'éducation qui va nous permettre de réaliser nos ambitions comme société. C'est décourageant.»