D'ici huit ans, le nombre de bibliothécaires dans le réseau scolaire devrait passer de 73 à plus de 200. Une mesure pour inciter davantage les jeunes à la lecture.

Les résultats scolaires favorisés par un éveil à la lecture en bas âge

Lire des histoires aux enfants en bas âge les aidera à réussir non seulement en français, mais également en mathématique, révèle l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).
Dans le cadre de son Étude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ), deux chercheuses de l'Institut, Karine Tétreault et Hélène Desrosiers, ont voulu vérifier si éveiller les enfants très tôt à la lecture donne d'aussi bons résultats en mathématique qu'en français.
Les résultats de leur enquête sont probants : les élèves du primaire à qui un adulte faisait la lecture quotidiennement vers l'âge d'un an et demi «sont proportionnellement plus nombreux à avoir réussi l'épreuve de mathématique [du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport] que les autres enfants», concluent les auteurs. Cette proportion est de 82 % contre 74 % pour les jeunes dont les parents ont moins souvent tourné les pages d'un livre avec eux.
«Le lien est quand même assez fort», souligne Mme Desrosiers au bout du fil. Celle-ci explique avoir recueilli les données auprès d'un échantillon d'environ 1000 enfants québécois nés en 1997-1998 et ayant suivi un parcours scolaire normal. C'est leur performance à l'épreuve obligatoire en mathématique de sixième année qui a servi à évaluer la corrélation.
Résultats chiffrés
Ce n'est pas la première fois que le lien entre la lecture et les résultats scolaires est mis en lumière. Mais cette fois, l'étude de l'ISQ le chiffre très clairement. «C'est l'idée selon laquelle meilleures seront les habiletés d'un enfant en lecture, meilleure sera sa capacité à apprendre», fait valoir la chercheuse, ajoutant qu'un enfant stimulé dès le berceau sera davantage curieux.
Moins surprenant, les auteurs ont également trouvé que les jeunes qui avaient, dès la fin de la maternelle, des connaissances de base en mathématique, comme savoir compter jusqu'à 20 ou reconnaître des formes géométriques, étaient plus susceptibles d'avoir réussi l'épreuve que les autres enfants. Cette fois, la proportion est de 82 % contre 53 %. Les garçons qui lisent «pour le plaisir» sont également plus forts en maths, souligne l'étude.
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Internet nuit aux résultats en maths
Si la télévision et les jeux vidéo n'ont pas d'impact sur la performance des élèves de sixième année en mathématique, en revanche, les heures passées à naviguer sur Internet peuvent faire la différence. C'est du moins ce que concluent les chercheuses de l'Institut de la statistique (ISQ) Karine Tétreault et Hélène Desrosiers, dans un fascicule publié lundi. Cette dernière explique que l'analyse a permis de démontrer que les enfants qui passent moins d'une heure ou plus de six heures par semaine devant l'ordinateur pour autre chose que des activités liées à l'école sont moins nombreux à avoir réussi l'épreuve obligatoire de sixième année. «Ça sonne une petite cloche», lance Mme Desrosiers, affirmant que cela signifie probablement que les jeunes consacrent ainsi probablement moins de temps à la lecture ou peut-être même à leurs devoirs. Contrairement à la croyance populaire, ses analyses n'ont cependant pas pu démontrer que la télévision et les jeux vidéo avaient un impact négatif sur la réussite en mathématique.