Les étudiants de l'UL disent non à l'Union étudiante du Québec

Les étudiants de l’Université Laval ont dit non à 55 % à une affiliation avec l’Union étudiante du Québec (UEQ), la plus importante association étudiante de la province avec ses 79 000 membres.

La Confédération des associations d’étudiants de l’Université Laval (CADEUL), qui représente les étudiants de premier cycle, a dévoilé mardi les résultats du référendum tenu du 30 octobre au 27 novembre sur l’affiliation à une association étudiante nationale moyennant une cotisation de 4,56 $ indexée par étudiant par session.

Au total, 25,5 % des membres ont voté, soit 7863 sur 30 844, alors que le quorum était fixé à 10 %. Ce sont 3927 étudiants qui ont dit non à une affiliation à l’UEQ alors que 3243, soit 45 %, y étaient favorables. Au total, 693 membres ont annulé leur vote. 

Un premier référendum sur l’adhésion à l’UEQ tenu en 2015 avait été annulé en raison de nombreuses irrégularités. Le non l’avait alors emporté par une mince marge de 2535 contre 2527 en faveur du oui.

Le président de la CADEUL, Samuel Rouette-Fiset, a indiqué au Soleil que le campus était toujours divisé entre les deux options. «C’est difficile d’être plus serré qu’il y a deux ans, mais les débats ont encore été assez serrés sur le campus au cours de la dernière semaine. Les débats sur une affiliation nationale déchaînent toujours les passions».

Indépendante depuis 12 ans exception faite d’une brève affiliation à la défunte Table de concertation étudiante du Québec (TACeQ) de 2009 à 2014, la CADEUL devra donc continuer à se représenter elle-même à l’échelle nationale. 

«Il faudra mettre les bouchées triples pour avoir une visibilité nationale et faire preuve de créativité pour faire entendre notre voix. L’UEQ continuera à parler au nom de tous les étudiants du Québec, mais nous n’aurons malheureusement pas notre mot à dire», indique M. Rouette-Fiset.

Déception

Le président de l’UEQ, Simon Telles, a avoué sa déception après avoir été mis au courant du résultat du vote et considère que le fait que l’Université Laval n’ait à peu près pas été liée à une association étudiante nationale ces dernières années a certainement joué un rôle dans la décision.

«C’est certain qu’on accueille les résultats du référendum avec un peu de déception étant donné toute l’énergie qu’on avait déployée à Laval», explique-t-il. 

Un oui aurait permis à l’UEQ d’atteindre le cap des 110 000 membres. «Chaque association nous permet d’être plus représentatifs et plus forts, surtout avec les élections qui s’en viennent au Québec. Pour ce qui est de ce «mystère Québec», c’est sûr que le fait de ne pas être lié à une association nationale en 12 ans a eu un impact sur le campus. Ils ne sont pas habitués à être représentés hors du campus, alors c’est plus difficile de percevoir le rôle d’une association nationale», poursuit-il.

M. Telles assure que l’UEQ continuera tout de même de collaborer avec la CADEUL et qu’elle discute toujours avec d’autres associations universitaires qui pourraient se joindre à elle d’ici la fin de l’année. 

Les principaux dossiers défendus par l’UEQ au cours des derniers mois sont la prévention de la violence à caractère sexuel sur les campus, le réinvestissement en enseignement supérieur et les compensations financières pour les stages.

De son côté, Samuel Rouette-Fiset indique que la non-affiliation de la CADEUL ne change rien aux objectifs fixés en début d’année. «Mais il faudra revoir la manière de les réaliser. C’est ce qu’on va faire dès ce mois-ci», conclut-il.