Les enfants inattentifs ont ensuite des carrières moins lucratives

MONTRÉAL - Des garçons et des filles faisant preuve d’inattention à la maternelle mènent une carrière moins lucrative 30 ans plus tard, a constaté une équipe internationale dirigée par des chercheurs de l’Université de Montréal.

Les garçons et les filles de cinq et six ans inattentifs à la maternelle sont plus nombreux à déclarer des revenus moindres que ceux des autres membres de leur cohorte lorsqu’ils atteignent l’âge de 33 à 35 ans.

Par contre, les garçons les plus «prosociaux» (ils aident les autres, sont prévenants et participent volontiers aux projets pédagogiques) s’orientent en plus grand nombre vers une carrière plus payante que la moyenne.

La responsable de l’étude qui paraît cette semaine dans JAMA Psychiatry, Sylvana Côté, a expliqué dans un communiqué qu’»à l’échelle d’une carrière de 25 ans, les différences peuvent atteindre 77 000 $». Et tout ça ne peut pas être expliqué par l’intelligence ou par le quotient intellectuel, puisque les chercheurs assurent avoir tenu compte de ces variables.

Les différences sont significatives entre les groupes étudiés, mais les raisons précises qui expliquent ces disparités sont encore difficiles à déterminer, a-t-elle ajouté.

Elle précise que les problèmes d’inattention mènent plus souvent que les autres problèmes identifiés au décrochage scolaire et à des difficultés d’adaptation entre le préscolaire et l’entrée sur le marché du travail. Par contre, les enfants «prosociaux» semblent avoir une trajectoire qui les mène vers une carrière plus lucrative.

Ce serait la première fois que la «prosocialité» est étudiée dans une enquête de ce genre et son effet positif a causé une certaine surprise au sein de l’équipe.

«Nous nous attendions à constater des différences entre les garçons et les filles et nous en avons trouvé d’importantes, a commenté la professeure Côté dans le communiqué. Mais au chapitre des prédicteurs, nous nous attendions à ce que l’hyperactivité et les comportements perturbateurs tels que l’agression et l’opposition ressortent comme les variables les plus significatives. En réalité, les problèmes de comportement se sont moins distingués que l’inattention.»

Ces conclusions ont été obtenues grâce à une étude qui s’est étendue sur plus de trois décennies, fondée sur les données recueillies par le Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant auprès de plus de 3000 enfants qui fréquentaient la maternelle en 1985. Les comportements ont été précisés par leurs enseignants au moyen de questionnaires distribués à divers moments.

On a retrouvé ces enfants en 2015 au mitan de leur vie professionnelle et on a calculé les écarts salariaux d’un individu à l’autre.

Les auteurs écrivent que leur étude «démontre que l’inattention pendant l’enfance est associée à un des résultats défavorables à long terme, notamment des revenus plus faibles au cours d’une carrière».

Ils ajoutent qu’un suivi précoce et une prise en charge des enfants très inattentifs et des garçons qui affichent rarement des comportements prosociaux «pourraient résulter en des avantages socioéconomiques à long terme pour les individus et pour la société».

Toutes catégories confondues, les femmes gagnent 70 pour cent du salaire des hommes quand on les retrouve trois décennies après la maternelle.

Éducation

La centralisation des achats en éducation dénoncée

Dès 2020, le gouvernement du Québec veut obliger tous les ministères et organismes à regrouper certains de leurs achats. Des économies de 295 millions $ par année sont dans la mire. Un projet décrié par le milieu de l’éducation, qui réclame plus de souplesse et d’autonomie.

Présenté la semaine dernière, le projet de loi 37 qui crée le Centre d’acquisitions gouvernementales (CAG) et Infrastructures technologiques Québec (ITQ) a fait peu de bruit. Mais dans le milieu de l’éducation, il a provoqué une onde de choc.

«On ne comprend pas le gouvernement. D’une main, il envoie plus d’argent directement dans les écoles, pour les services aux élèves, mais de l’autre main, il dit : “Finalement avec votre argent, vous allez acheter ce qu’on vous dit d’acheter.” C’est complètement incohérent comme discours», dénonce Chedlia Touil, directrice générale de Collecto, un organisme sans but lucratif qui offre des services regroupés aux écoles. 

Les écoles primaires, secondaires, les cégeps et les universités achètent environ 20 % de leur matériel de façon regroupée, ce qui n’est pas assez au goût de Christian Dubé, président du Conseil du Trésor. 

Mme Touil plaide que les achats regroupés à grande échelle s’appliquent mal au réseau éducatif. Selon elle, les enseignants et les écoles doivent rester autonomes afin d’acheter le matériel pédagogique qui leur convient. Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a l’intention cet automne de présenter un projet de loi pour abolir les élections scolaires et donner plus de pouvoir aux écoles. Il souhaite également reconnaître l’autonomie professionnelle des enseignants. 

Une volonté qui est contraire à ce que propose le projet de loi 37 de son collègue, évalue Mme Touil. «Le gouvernement n’apprend pas de ses erreurs. À chaque fois qu’on a essayé de centraliser en éducation, ça n’a pas fonctionné.»

Achats en trop

En conférence de presse la semaine dernière, M. Dubé a voulu se faire rassurant. «Ce n’est pas aux gens d’achats de dire que ça prend tel tableau pour donner l’éducation ou tel genre de seringue dans la santé.»

Par contre, il souligne que le système actuel a fait en sorte que des ordinateurs ou du mobilier ont souvent été achetés en trop et ont dormi dans des entrepôts. M. Dubé souhaite avoir une meilleure vue d’ensemble de tout ce qui est acheté par le gouvernement, afin de faire des économies. 

Dans tout l’appareil gouvernemental, environ le tiers des achats de près de 9 milliards $ par année sont faits de façon regroupée, selon la bonne volonté des ministères et organismes. M. Dubé compte voir cette proportion augmenter en obligeant les ministères et organismes à emprunter cette voie, pour acheter du papier ou de l’essence pour les véhicules par exemple. 

La Fédération des cégeps dénonce l’intention du gouvernement de créer ces deux superstructures (CAG et ITQ), compte tenu de «l’expérience désastreuse» qu’a connu le Centre de services partagés du Québec (CSPQ) depuis une décennie. Les nouvelles structures remplaceront le CSPQ. 

«Alors qu’on demande au milieu de l’éducation d’être agile et d’agir plus rapidement en fonction du contexte changeant de la société québécoise, le gouvernement impose une approche rigide qui ne peut que conduire à une plus grande lenteur dans notre capacité à répondre aux besoins de la population», souligne Bernard Tremblay, pdg de la Fédération des cégeps. 

Le réseau universitaire se dit également consterné par le projet de loi 37. Le Bureau de coopération interuniversitaire (BCI) défend la diversité et la particularité des services et des biens qui sont achetés par les universités au Québec, étant donné leurs différentes activités de recherche. 

Impact en région

«Ce projet de loi aura aussi un impact néfaste direct sur l’approvisionnement local et le tissu socio-économique de toutes les régions où sont déployés les établissements universitaires», déplore Pierre Cossette, président du conseil d’administration du BCI. 

Une préoccupation partagée par la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), qui s’inquiète que des PME installées en région ne puissent pas avoir une capacité de production assez grande pour continuer de faire affaire avec le gouvernement, les écoles ou les hôpitaux. «Personne n’a intérêt à voir émerger un monopole, un fournisseur unique qui approvisionnerait l’ensemble des ministères ou du système de santé avec une gamme précise de produits», prévient Stéphane Forget, pdg de la FCCQ. 

À ce sujet, M. Dubé indique que son gouvernement prendra en compte le coût de transport du matériel en région avant d’obliger un quelconque regroupement. 

Éducation

Commissions scolaires: sur un pied de guerre, la Fédération recherche l’appui des femmes

La survie des commissions scolaires telles qu’on les connaît passera-t-elle par les femmes?

C’est ce qu’espère la vice-présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Louise Lortie. En entrevue à La Presse canadienne, elle demande aux femmes de mettre tout leur poids dans la balance lorsque viendra le temps de débattre du projet de loi caquiste visant à abolir les élections scolaires et à transformer les commissions scolaires en centres de service.

Elle craint que la réforme promise par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, n’entraîne des pertes d’emplois et que les femmes soient particulièrement affectées. Par ailleurs, elle considère que le pouvoir citoyen doit rester à l’ensemble de la population; les femmes doivent continuer de pouvoir voter aux élections scolaires.

«Je vois ça comme un mouvement d’appui des femmes du Québec aux femmes en politique scolaire, aux femmes qui ont atteint la parité et qui se dévouent dans ce travail-là d’être représentantes des citoyens», a déclaré Mme Lortie, qui est également présidente de la Commission scolaire de Laval.

Selon la FCSQ, la démocratie scolaire est le seul palier électif à avoir atteint la parité entre les hommes et les femmes. À l’heure actuelle au Québec, il y a 309 commissaires et 23 présidentes femmes sur 656 élus scolaires, ce qui représente une majorité de 50,61 %.

Offensive multi-volets

La fédération a lancé une véritable offensive multi-volets en vue du dépôt du projet de loi, prévu cet automne. Elle demande entre autres aux élues de l’Assemblée nationale, tous partis confondus, de l’appuyer en apposant leurs signatures au bas d’une déclaration sur l’importance de préserver la démocratie scolaire.

Déjà, une dizaine d’anciennes élues, telles que Marie Malavoy, Suzanne Tremblay, Élizabeth Larouche, Colette Roy Laroche et Josée Bouchard, ont signé cette déclaration, dont certains extraits se lisent ainsi : «Aucun recul des femmes en politique n’est acceptable. [...] Très souvent, les femmes hésitent à s’engager en politique. Les progrès réalisés à ce chapitre et l’atteinte de la parité seront grandement compromis par l’abolition de la démocratie scolaire.»

Les élus masculins préoccupés par la place des femmes en politique sont également invités à manifester leur appui. «Je vous dis, s’il le faut, je vais les appeler tous, et puis mes collègues commissaires à travers le Québec sont prêts à m’aider à mobiliser l’ensemble de la population, assure Mme Lortie. Je pense que ce mouvement-là va partir et il ne s’arrêtera pas.»

La FCSQ mise sur le fait que les Québécois en général sont désormais beaucoup plus sensibles à l’importance de la parité hommes-femmes dans les lieux de pouvoir, notamment. «La parité fait plus de sens dans la tête de tous les citoyens québécois», insiste sa vice-présidente.

Par ailleurs, l’élimination d’un droit démocratique n’a jamais fait progresser une société, fait valoir Mme Lortie, qui suggère plutôt au gouvernement de François Legault de concentrer ses efforts à améliorer la participation citoyenne lors des élections scolaires en mettant en œuvre des propositions déjà convenues, telles que le vote électronique.

Le Québec compte 72 commissions scolaires. Les élections scolaires sont en général boudées par les citoyens, le taux de participation n’atteignant même pas 5 %.

Éducation

Plus de 2,3 milliards $ pour rénover les écoles délabrées

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé dimanche un investissement de plus de 2,3 milliards $ dans des projets de rénovation des écoles. Les sommes seront engagées durant l'année financière en cours, mais les commissions scolaires auront jusqu'à trois ans pour mener à bien leurs projets.

Accompagné du président du Conseil du trésor, Christian Dubé, dans l'Est de l'île de Montréal, le ministre Roberge a promis de remettre en état 60 pour cent des établissements scolaires à travers la province d'ici 2022.

«Aujourd'hui, nous lançons une opération grand rattrapage pour retaper nos écoles, qui ont tant manqué d'amour dans les dernières années, a déclaré Jean-François Roberge. C'est une excellente nouvelle non seulement pour les élèves, mais également pour les enseignants et pour tout le personnel scolaire.»

Selon M. Roberge, l'enveloppe consacrée «au maintien des bâtiments et à la résorption du déficit de maintien» est deux fois et demie supérieure à celle qui avait été investie par le gouvernement libéral lors de sa dernière année au pouvoir.

1800 écoles visées

Les projets de rénovation des écoles jugées les plus désuètes seront priorisés.

M. Dubé estime que 60 % des quelque 3000 établissements scolaires du Québec pourront être remis à niveau.

«Ça veut dire qu'il y a 1800 écoles qui vont être touchées et qui sont en ce moment avec un taux de désuétude, c'est-à-dire qu'on dit qu'elles sont vétustes, qu'on a besoin de les améliorer», a souligné le président du Conseil du trésor.

La ministre responsable de la région de Montréal, Chantal Rouleau, était également présente à l'école primaire Montmartre, dans l'arrondissement Rivière-des-Prairies--Pointe-aux-Trembles, car près de 625 millions $ de cette somme seront accordés aux cinq commissions scolaires de la métropole.

Les montants pour chacune des autres régions du Québec seront dévoilés dans les prochaines semaines par les ministres titulaires.

La liste complète des projets de rénovation par école sera connue l'automne prochain.

Plus tôt cet été, le gouvernement de la Coalition avenir Québec avait annoncé l'injection de 1,7 milliard de dollars pour la construction et l'agrandissement d'écoles.

Une remise à niveau du parc immobilier scolaire figurait parmi les promesses électorales de la formation de François Legault.

Éducation

Université Laval: sommet sur le climat à l'été 2020

L’Université Laval sera l’hôtesse du premier Sommet international jeunesse universitaire pour l’action climatique qui aura lieu au cours de l’été 2020. L’institution espère réunir dans la capitale quelque 300 étudiants et conférenciers durant une semaine.

«C’est une première au Québec, je pense que c’est une première au Canada. Il y a eu quelques grands sommets dans le monde étudiant anglophone, mais très certainement ici chez nous c’est une grande première», avance la rectrice Sophie D’Amours.

Le Sommet va permettre à des jeunes de plusieurs pays, qui font face à une grande diversité d’effets des changements climatiques, d’échanger dans la capitale. Et d’y chercher des solutions, fait-elle valoir. «C’est une occasion unique de mettre en valeur la science québécoise, la connaissance québécoise.»

L’événement, publicisé jeudi en conférence de presse, sera piloté par l’Institut en environnement, développement et société (EDS) de l’Université Laval. On annonce des débats et conférences traitant notamment : de la transition vers une «économie sobre en carbone» ; des migrations humaines et des conflits liés aux changements climatiques ; de biodiversité ; de sécurité alimentaire ; des perturbations environnementales extrêmes…

«Une urgence climatique pèse sur nos têtes», observe le directeur de l’EDS, Étienne Berthold. Et les générations montantes s’attaqueront à l’adaptation de l’humanité aux changements à venir. «Ce sont les jeunes qui mettront à leur main ce qu’on appelle aujourd’hui développement durable.»

«La lutte contre les changements climatiques est un combat qui surpasse tous les autres», ajoute le ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charrette, annonçant une contribution de 300 000 $ du gouvernement québécois.

L’organisation du Sommet évalue son budget à 700 000 $.

L’établissement d’enseignement compte renouveler l’expérience aux deux ans.

Le Mag

Grandir à la ferme: la garderie dans le champ

Mardi matin, 10h. Sur le boulevard Louis-XIV, au nord de Beauport, les cigales chantent dans un grand champ où mûrissent les citrouilles de la ferme Bédard Blouin. À côté, une vieille maison fraîchement rénovée et additionnée d’une grande annexe moderne. Tout est calme… jusqu’à ce qu’une porte s’ouvre sur le côté et laisse s’échapper une ribambelle d’enfants sautillants. Bienvenue dans une garderie nouveau genre, où la nature est au cœur de la vie quotidienne.

À peine sortis, les petits courent vers le champ. L’un d’eux s’arrête, ramasse une roche et la montre, tout fier, à son éducatrice Mélanie Deslauriers. Au menu aujourd’hui pour ce groupe de l’installation Les Pouces verts du CPE La Courtepointe: cueillette de fleurs sauvages, destinées au pressoir. «Tu vois, c’est celle-ci qu’il ne faut pas cueillir. Oh! Regarde la petite araignée!», lance Jennifer Carpentier, qui suit de près avec son propre groupe. 

Les enfants ont investi la garderie Les Pouces verts depuis quelques semaines seulement. Déjà, les petits et grands explorent le verger et les champs à chaque sortie. À terme, les groupes d’enfants âgés de 4 à 5 ans vont s’aventurer plus loin, dans la forêt qui borde la ferme Bédard Blouin, et y passer des journées complètes, repas et sieste compris. «Ils vont se bâtir des abris», explique Marie-Ève Larouche, directrice adjointe, qui nous fait le tour du propriétaire.

Éducation

Des intervenants en dépendance dans toutes les écoles secondaires

Toutes les écoles secondaires du Québec verront bientôt circuler dans leurs couloirs des intervenants qui tenteront de prévenir la dépendance aux drogues, à la cigarette, à l’alcool et la cyberdépendance.

Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, a annoncé lundi un investissement de 7,5 millions $ pour que toutes les écoles secondaires publiques et privées aient droit à la présence d’un intervenant en dépendance en leurs murs, au minimum 18 heures par semaine, d’ici la fin de la présente année scolaire. Cet intervenant, qui pourra être un éducateur spécialisé ou un travailleur social par exemple, devra avoir à sa charge un maximum de 1000 élèves.

Le ministre Carmant indique que leur rôle sera de repérer tous les adolescents «qui sont à risque» de développer une dépendance, pour leur offrir un accompagnement personnalisé, les référer au système de santé ou les envoyer en maison de thérapie, au besoin. 

Un premier pas

M. Carmant indique que cette annonce est un premier pas, et que ce type de service pourrait être élargi aux écoles primaires dans le futur. 

C’est l’Association québécoise des centres d’intervention en dépendance (AQCID) qui assurera la coordination de ce nouveau projet. Vincent Marcoux, directeur général de l’AQCID, aurait aimé que ces intervenants soient présents dans les écoles 35 heures par semaine, mais se réjouit de l’annonce du ministre, qui constitue tout de même un grand pas en avant. «C’est déjà 400 fois plus que ce que les élèves ont actuellement», indique-t-il. 

M. Marcoux explique que les intervenants pourront faire des ateliers de prévention en classe, mais aussi de la détection des dépendances sur l’heure du midi ou dans les pauses. Il souhaite que le Fonds de prévention et de recherche en matière de cannabis puisse contribuer à rendre ce programme récurrent d’une année à l’autre. 

Au cours des prochaines semaines, M. Carmant souhaite faire adopter le projet de loi 2, qui fera passer l’âge légal pour consommer du cannabis de 18 à 21 ans au Québec. M. Carmant répète que l’on doit agir tôt et faire de la prévention auprès des jeunes avant qu’ils ne consomment pour une première fois du cannabis. «C’était selon moi le plus grand manquement au niveau de la loi encadrant le cannabis», indique-t-il. 

Pourtant, M. Carmant n’a pas profité de son projet de loi 2 pour ajouter des exigences en matière de prévention. Il explique que d’agir directement dans la loi encadrant le cannabis «ça nous limitait beaucoup» et que son gouvernement souhaitait plutôt prévenir toutes sortes de dépendances. 

Éducation

Écoles primaires: Roberge rétablit toutes les collations

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a mis fin au suspense des écoles primaires du Québec qui risquaient d’être privées de collations au service de garde à cause d’une nouvelle grille de calcul.

Elles sont assurées pour cette année.

Vendredi, Le Soleil vous apprenait que sept écoles de la région craignaient de perdre l’aide alimentaire qu’elles recevaient, que les enfants défavorisés pourraient devoir être privés de collation parce que leur quartier n’est plus «assez» pauvre, même si eux le sont encore autant.

Le gouvernement a corrigé le tir dans la même journée, en avisant par lettre les commissions scolaires que le financement allait être maintenu et qu’une réflexion devrait avoir lieu au cours de l’année scolaire pour «assurer la meilleure prise en compte des besoins». 

Espérons que la réflexion portera aussi sur les enfants défavorisés qui fréquentent des écoles où une plus grande proportion d’élèves vient d’une famille nantie. Il ne faudrait pas oublier que le solde du compte en banque n’est pas toujours un indicateur de la qualité de la boîte à lunch des élèves, des parents avec de faibles revenus arrivent à nourrir convenablement leurs enfants alors que d’autres parents, qui n’ont pas à se priver, ne le font pas.

Dans un monde idéal, tout le monde le ferait.

La décision du ministre annoncée vendredi assure donc qu’environ 2000 enfants de la région auront des collations lorsqu’ils sont au service de garde en fin de journée. En mai, il avait aussi rétabli le financement des collations servies en classe, qui avaient été coupées pour la même raison que celles en service de garde. Dans la lettre envoyée vendredi, le sous-ministre de l’Éducation, Éric Blackburn, indique que «cette aide ponctuelle vise à faire en sorte qu’aucun élève qui bénéficiait d’une aide alimentaire l’an dernier n’en soit privé cette année en raison de l’actualisation des indices». 

Reste à voir maintenant le fruit de la réflexion pour l’an prochain…

Éducation

Québec annonce plus d'argent pour l'achat de livres dans les écoles [VIDÉO]

François Legault a confirmé, jeudi, un investissement additionnel de 5 millions $ pour l’achat de livres dans les bibliothèques scolaires. Concrètement, cela permettra l’achat d’environ deux livres de plus par élève à chaque année.

Le premier ministre s’est déplacé à l’école du Boisé, à Charlesbourg, pour témoigner de son affection pour les livres. Il s’est ensuite entretenu avec une dizaine d’élèves du primaire qui assistaient à l’annonce.

Cette somme se greffe aux 15 millions $ déjà prévus, pour un investissement total de 20 millions $, qui sera récurrent pour au moins les quatre prochaines années, a-t-il déclaré. Cela portera le financement total des bibliothèques scolaires à 80 millions $.

M. Legault, qui était accompagné pour l’occasion du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, et de la ministre de la Culture, Nathalie Roy, a dit espérer rendre les bibliothèques plus attrayantes auprès des jeunes et susciter leur intérêt pour les arts et la culture.

D’ailleurs, il encourage les autorités scolaires à privilégier l’achat de livres québécois. «Je pense que c’est important, pour la fierté des Québécois, de vivre notre culture et d’être capable de voir davantage nos artistes», a-t-il affirmé.

«Je veux, quand je vais me présenter devant l’électorat en 2022, que les Québécois disent: «Ce gouvernement-là a investi en culture»», a-t-il ajouté.

Jeudi, la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation du Québec (FPPE) a réagi en qualifiant l’annonce d’»excellente nouvelle pour les bibliothèques et les élèves».

Cependant, dans un échange de courriels, son président Jacques Landry a tenu à rappeler que plusieurs bibliothèques scolaires sont actuellement en «piteux état».

Par ailleurs, selon lui, davantage de bibliothécaires devraient être embauchées, car elles sont les mieux placées pour conseiller les commissions scolaires et les écoles dans l’achat de livres et de ressources numériques.

À l’heure actuelle, le Québec compte seulement 102 bibliothécaires scolaires réparties dans 72 commissions scolaires. Dans 18 commissions scolaires, il n’y a aucune bibliothécaire.

«Les bibliothèques scolaires du Québec sont parfois en piteux état, le manque d’espace et la vétusté des bâtiments font en sorte que les bibliothèques se retrouvent parfois dans le corridor, dans des salles de classe exiguës ou carrément abolies. Il faut absolument redresser cette situation», a déclaré M. Landry.

Éducation

Maternelles 4 ans: la priorité donnée aux enfants défavorisés

Le déploiement des maternelles 4 ans partout au Québec s’effectuera en priorité en milieu défavorisé.

Cette façon de procéder sera inscrite dans le projet de loi 5, présentement rendu à l’étape de l’étude article par article, piloté par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Il s’agit là d’une victoire à l’arraché des partis d’opposition, qui s’étaient ligués pour venir à bout de l’«entêtement» du ministre Roberge.

En début de soirée mardi, la députée péquiste de Joliette, Véronique Hivon, a convoqué les médias pour clamer sa fierté d’avoir réussi à faire «reculer le ministre» sur cet «enjeu fondamental» du déploiement à venir du réseau de maternelles 4 ans, après une quinzaine d’heures de discussions.

«La ténacité finit par payer», a commenté Mme Hivon, affirmant que le ministre avait finalement accepté d’amender son projet de loi de manière à privilégier les milieux défavorisés.

La promesse électorale de la Coalition avenir Québec (CAQ) était de déployer la maternelle 4 ans universelle et facultative sur tout le territoire du Québec en cinq ans, afin notamment de mieux dépister les problèmes d’apprentissage des tout-petits.

En campagne électorale, la CAQ avait promis de créer 5000 classes de maternelle 4 ans à temps plein durant son mandat. Cet engagement a depuis été révisé à environ 3200 classes.

Le coût de chaque nouvelle classe est estimé à 800 000 $.

En principe, 644 classes doivent être offertes durant l’année scolaire en cours.

L’an dernier, on comptait 394 classes en milieu défavorisé.

En entrevue téléphonique, le ministre Roberge a cependant tenu à nuancer la victoire de l’opposition.

Il a insisté pour dire que les maternelles 4 ans seraient implantées «d’abord» en milieu défavorisé, «mais pas exclusivement».

Les maternelles 4 ans seront donc créées en milieu défavorisé «dans la mesure du possible».

Il s’est dit content d’avoir réussi à dénouer «l’impasse» constatée avec l’opposition et s’est dit confiant de pouvoir dès lors faire adopter rapidement son projet de loi.

Parallèlement, les 250 classes prévues cet automne, dont 125 sur l’île de Montréal, sont fonctionnelles, assure le ministre. «On refuse des inscriptions», a-t-il fait valoir, pour montrer que le réseau répond à un besoin.

Éducation

Accès illimité aux autobus pour 27 000 étudiants de l’Université Laval [VIDÉO]

Quelque 27 000 étudiants de l’Université Laval verseront collectivement environ 6,5 millions $ en un an aux sociétés de transport en commun de Québec et Lévis, pour l’accès illimité aux bus. Une nouveauté de la rentrée automnale qui semble leur plaire : autour de 80 % d’entre eux ont déjà mis la main sur le laissez-passer universel. Reste à voir s’ils l’utiliseront.

L’institution s’est dite étonnée par l’engouement pour le LPU mardi, jour de début des cours. «D’après nos chiffres, ce matin il y avait tout près de 21 000 étudiants qui s’étaient inscrits; en fait, je pense que c’était 20 700. Ça, c’était le chiffre à 7h ce matin, mais ça continue de rouler aujourd’hui. Le taux d’adhésion est très élevé», se réjouit le vice-recteur aux études et aux affaires étudiantes, Robert Beauregard. «On est au-delà de ce qu’on s’attendait. Le RTC [Réseau de transport de la capitale], la STL [Société de transport de Lévis], tout le monde est surpris.»

Si les détenteurs du laissez-passer universel profitent pleinement de leur nouveau privilège, il faudra donc ajouter des véhicules de transport collectif sur la route. «Ils ont des autobus prévus pour ajouter à la capacité, donc ils n’ajoutent pas de parcours, mais ils ont prévu des autobus pour s’ajuster à la demande.»

Plus ou moins 43 000 étudiants sont inscrits à l’Université Laval cet automne, une hausse de 3 %. Tous n’ont toutefois pas droit au LPU. Les 27 000 «temps plein» qui fréquentent le campus du secteur Sainte-Foy sont visés. Eux paient 120 $ par session, peu importe qu’ils possèdent une auto ou non, ce qui leur donne droit au laissez-passer valide quatre mois; c’est environ 50 % du tarif étudiant traditionnel.

L’utilisation qu’ils feront du LPU demeure cependant la grande inconnue. Après une décennie de démarches pour sa création, les associations étudiantes escomptent que leurs membres répondront présent. «Maintenant, la balle est dans notre camp», souligne à propos la présidente de la CADEUL, Laurence Vaillancourt.

Plus tard à l’école

L’Université Laval a aussi profité du début de la session d’automne pour annoncer que le projet-pilote sur le début des cours retardé de 8h30 à 9h a été concluant. La Faculté des sciences et de génie se joint donc aux quatre facultés ayant testé cette formule censée réduire la congestion routière autour du campus.

Cette année, environ 120 cours commenceront donc un peu plus tard. D’ici un an, Robert Beauregard espère que trois autres facultés se joindront au club.

Éducation

Les frais scolaires minent l'égalité des chances dans le système public

Je dois payer 85 dollars par enfant en frais scolaires pour l'année scolaire 2019-2020 à l'école secondaire publique de mes fils. Ils se répartissent comme suit : 35 dollars pour soutenir les clubs, les équipes, le coaching et l'athlétisme ; 35 dollars pour l'annuaire ; 10 dollars pour un t-shirt d'athlétisme ; 5 dollars pour un agenda.

Le montant ne semble peut-être pas si élevé, mais je sais que ces 85 dollars ne sont qu'un début.

Tout au long de l'année, on me demandera de payer des uniformes d'équipe, des tournois, des excursions, des abonnements au gymnase, des billets de bal et probablement plus. Ces coûts s'ajoutent à ceux des fournitures scolaires, comme les calculatrices et les cahiers.

Les écoles publiques partout au Canada exigent des frais pour couvrir une grande variété de dépenses.

Vous vous demandez peut-être : « Les écoles publiques canadiennes ne sont-elles pas gratuites ? Les impôts ne servent-ils pas, justement, à couvrir leurs dépenses ? » En fait, toutes les provinces et tous les territoires canadiens permettent aux écoles publiques d'exiger des frais pour des services, des programmes ou des ressources qui vont au-delà de ce qui est requis pour une éducation de base.

Mes recherches montrent que les politiques et les idées dominantes sur le rôle parental obligent les parents à payer des frais à l'école de leurs enfants, même lorsqu'ils estiment qu'ils ne devraient pas avoir à le faire. Le conseil d'établissement et les choix faits par l'écolefont la promotion de l'idée que les parents sont responsables d'assurer la réussite scolaire de leurs enfants et, plus largement, dans une société compétitive.

Mais ce ne sont pas toutes les familles qui peuvent en assumer les coûts financiers, de sorte que leurs enfants risquent de rater des occasions que les enfants plus riches pourront apprécier. Le paiement des frais scolaires peut être facultatif, mais permettre à des parents de payer pour obtenir plus d'avantages pour leurs enfants mine l'engagement des ministères canadiens de l'Éducation envers l'égalité des chances en matière d'éducation et l'inclusion pour tous .

Le coût de l'ambiguïté: une poursuite au Québec

Les commissions scolaires du Québec ont récemment reçu un signal d'alarme au sujet de l'imposition de frais de fourniture scolaire aux parents : l'été dernier, la Cour supérieure du Québec a approuvé une entente de règlement de 153,5 millions de dollars . La Cour a conclu que les parents dont les enfants étaient élèves dans l'une des 68 commissions scolaires du Québec visées par le recours s'étaient fait imposer des frais inappropriés. Le recours collectif a été intenté par une mère de Jonquière.

En vertu de la convention de règlement, les parents dont les enfants ont fréquenté les commissions scolaires visées entre 2009 et 2017 ont reçu un peu plus de 24 dollars par élève par année scolaire : ainsi, si un parent avait deux enfants, il a reçu plus de 48 dollars par année pour chaque année pendant laquelle les enfants ont été scolarisés dans ce délai.

La poursuite prétendait que les frais exigés par les commissions scolaires contrevenaient à la Loi sur l'éducation du Québec , qui garantit la gratuité de l'enseignement aux élèves du primaire et du secondaire.

En juillet, le législateur québécois a clarifié ce que le « droit à la gratuité des services éducatifs » pour les résidents inclut - et n'inclut pas. Notamment, après consultation publique, les écoles publiques du Québec sont toujours autorisées à exiger des frais pour les fournitures scolaires, le matériel spécial, les programmes spécialisés et plus encore.

Types de frais

Ces allocations indiquent les différents types de frais exigés par les écoles. Tout d'abord, il y a les frais scolaires que chaque étudiant doit payer. Il peut s'agir de biens que les élèves utiliseront - comme des agendas - ou d'activités auxquelles ils se joindront, comme des clubs, des équipes et des événements spéciaux.

Les montants varient. Un rapport de l'organisme sans but lucratif People for Education révèle qu'en Ontario, les frais d'activités dans les écoles secondaires varient de 10 dollars à 300 dollars et que de nombreuses écoles exigent également des frais pour des activités sportives variant de 1 dollar à 1 500 dollars.

Ces frais peuvent constituer des obstacles à la participation des élèves aux activités scolaires et sportives, en particulier les enfants de familles à faible revenu. Ne pas participer à des activités parascolaires, c'est passer à côté de leurs avantages sur le plan scolaire, social, psychologique et physique.

D'autres frais sont facturés aux étudiants qui suivent des cours particuliers et qui pourraient vouloir utiliser du meilleur matériel, obtenir des certifications ou participer à des sorties éducatives connexes. Les frais d'inscription sont facultatifs, mais ils créent deux niveaux dans la même classe.

Le problème des dérogations

Certains gouvernements, commissions scolaires et écoles dispensent les familles qui n'ont pas les moyens de payer les frais scolaires. Par exemple, la School Act de la Colombie-Britannique  exige que les commissions scolaires aient « des politiques et des procédures pour faciliter la participation des élèves d'âge scolaire résidant habituellement en Colombie-Britannique qui seraient autrement exclus du cours, de la classe ou du programme en raison de difficultés financières ».

Mais les parents ne sont peut-être pas au courant de ces politiques : aux États-Unis, le C.S. Mott Children’s Hospital National Poll on Children’s Health, basé à l'Université du Michigan, a découvert que seulement sept pour cent des parents avaient déjà demandé une exemption ou une bourse pour les frais de participation. Le sondage a été mené auprès de 961 parents. Les familles peuvent aussi ne pas vouloir demander de l'aide, en raison de la stigmatisation associée à la pauvreté et aux difficultés financières. Parfois les enfants passent ainsi à côté d'opportunités.

Les politiques d'exonération des frais scolaires n'aideront pas non plus les étudiants qui veulent se tailler une place dans certains programmes spécialisés qui impliquent des déplacements à travers la province, voire au-delà, et des frais de formation et d'équipement.

Enfin, ces politiques aident à institutionnaliser une approche de rémunération à l'acte dans l'éducation publique. La croyance selon laquelle « si vous voulez plus, vous devriez payer plus » est l'une des nombreuses idées du secteur privé qui sont devenues courantes dans les écoles publiques.

Ce type de raisonnement compromet la mission des écoles publiques. Il priorise les avantages individuels et permet aux gouvernements de sous-financer l'éducation publique puisqu'ils savent que les parents combleront les lacunes.

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Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduite avec permission.

Éducation

Voici pourquoi il faut réintroduire l’écriture cursive à l’école

L’enseignement de l’écriture cursive – en lettres attachées - n’est plus à la mode dans de nombreux programmes scolaires. Les anciennes générations sont parfois choquées par l’incapacité de certains jeunes de signer un document officiel ou même de lire une note manuscrite.

Certaines provinces canadiennes observent un déclin de l’enseignement et de l’apprentissage de l’écriture cursive. En Ontario, par exemple, cet enseignement n’est plus obligatoire, quoique les enseignants soient libres de l’inclure.

Cela reflète une tendance lourde, qui consiste à privilégier la communication plutôt que de se concentrer sur l’enseignement et l’évaluation de l’écriture à la main en tant que telle.

De la maternelle à la neuvième année scolaire, le curriculum en Alberta stipule que les étudiants y apprennent à « écouter, parler, lire et écrire ». Il envisage également des résultats qui requièrent l’écriture, comme la capacité d’établir des liens entre des idées. Mais le curriculum n’impose pas d’évaluation des capacités d’écriture. Bien que la nouvelle ébauche du curriculum albertain de 2018 fasse mention de l’écriture cursive, elle n'est pas identifiée comme une compétence.

Au Québec, la majorité des élèves de l’école primaire apprennent actuellement l’écriture script en 1re année et l’écriture cursive en 2e année.

Au-delà de la nostalgie pour l’âge pré-numérique, il y a de bonnes raisons de réintroduire l’écriture cursive à l’école. Ayant mené, avec d’autres experts, des études sur la corrélation entre écriture et littératie, j’ai découvert que le fait de développer sa maîtrise de l’écriture manuscrite, de façon à ce qu’elle devienne automatique, joue un rôle important dans la littératie. L’écriture, c’est également un élégant témoignage de l’aptitude humaine pour la littérature écrite, et un symbole inspirant de la force unique de la parole.

Est-ce trop difficile?

Dans notre monde de culture numérique, certains pourraient croire que l’apprentissage de l’écriture est sans intérêt et gaspille un temps d’apprentissage précieux. Mais frapper la touche « d » sur un clavier ne relève pas du même processus mental que de la coucher sur papier. Taper sur un clavier peut attendre.

Pour certains, l’écriture cursive semble être démodée et faire partie d’un certain nombre de polices d’écriture désuètes et trop dures à maîtriser, avec ses pleins et déliés difficiles pour les muscles des petites mains ainsi que pour la mémoire visuelle.

Mais écrire n’est difficile que si ce n’est pas automatique, et par conséquent inscrit dans la mémoire à long terme. Les recherches en cours en neuroscience soulignent l’importance du développement de compétences automatiques, ce que les psychologues en éducation appellent le la charge cognitive.

Ce que nous avons appris du domaine des sports et des arts du spectacle souligne l’importance d’acquérir des connexions neuronales qui permettent la fluidité du mouvement. C’est la même chose avec la lecture et l’écriture : ce qui nous permet de libérer notre créativité ou d’interpréter les éléments d’une histoire est lié à notre capacité d’écrire de manière automatique.

Le manque de maîtrise

C’est à partir de la 4ème année du primaire que les exigences cognitives s’accélèrent brusquement : les élèves doivent « livrer » vite et mieux. Or, ceux qui sont capables d’écrire couramment ont une plus grande capacité de mémoire qui leur permet de planifier, d’organiser, de réviser et de récupérer un vocabulaire sophistiqué.

Mes collègues et moi avons réalisé une étude auprès de 250 élèves de quatrième année dans une école en Alberta. Nous avons constaté que seulement près de la moitié avaient atteint le niveau requis d'apprentissage en écriture.

Leur capacité d’écriture était insuffisante pour communiquer la complexité du vocabulaire et des idées à laquelle on s’attend d’élèves de quatrième année. La plupart des élèves disposaient d’un vocabulaire à l’oral qu’ils étaient incapables de transférer sur une page. Leur inaptitude à atteindre le niveau d’expression requis à ce stade de leur scolarité est associé à un phénomène que les chercheurs nomment le « marasme de quatrième année », une baisse des résultats dont les élèves risquent de ne pas se remettre.

Améliorer les résultats de littératie

Les écoles peuvent faire mieux, en commençant tôt. Il ne s’agit pas seulement d’enseigner l’écriture cursive, mais aussi de mettre plus d’accent sur toutes les écritures imprimées, l’épellation et le développement de la dextérité. Cette approche est essentielle pour établir les bases de la littératie entre la maternelle et la troisième année.

Si l’on souhaite atteindre de meilleurs résultats académiques en quatrième année, il faut, sur la base de ces compétences acquises plus tôt, enseigner aux jeunes élèves à attacher leurs lettres de façon à obtenir une écriture lisible et fluide.

Steven Graham, un expert de l’éducation spécialisée, de la littératie et de l’écriture à l’université de l’État de l’Arizona, suggère de commencer par enseigner l’écriture manuscrite traditionnelle pour ensuite passer à ce qu’il appelle l’écriture mixte principalement manuscrite, où l’élève apprend à écrire avec un trait continu.

De même, l’experte en alphabétisation précoce Sibylle Hurschler Lichtsteiner donne l’exemple d’une transition entre lettres manuscrites et lettres attachées. C’est une évolution naturelle, avec un soutien académique, du style initial d’écriture des enfants de 2ème et 3ème année du primaire. Une fois que les jeunes enfants ont intériorisé mentalement ces formes de lettres, ils peuvent, avec un peu de pratique, généraliser et reconnaître divers types d’écriture cursive.

Le pouvoir du crayon

Il existe des témoignages sur le pouvoir de l’écriture cursive. Le film Il faut sauver le soldat Ryan a rendu célèbre l’histoire de la lettre à Mme Bixby écrite à la mère de garçons tués durant la Guerre de Sécession. Bien que les historiens ne s’entendent pas à savoir qui est l’auteur de cette missive, le président américain Abraham Lincoln ou l’un des membres de son entourage, l’intérêt soutenu qu’elle a suscité au fil des ans témoigne de l’importance de l’écrit manuscrit, qui permet d’exprimer sa personnalité et son attention tout en frappant l’imaginaire.

De nos jours, c’est la plus jeune lauréate jamais récompensée par le prix Nobel, Malala Yousafzai, qui nous le rappelle :

Si la reconnaissance mondiale de Yousafzai est d’abord le fruit de son blogue, c’est dans son livre Le crayon magique de Malala qu’elle établit une connexion entre l’élégance et la qualité de l’écriture d’un enfant et sa puissance d’agir.

L’écriture de Yousafzai est désormais symbolique de son plaidoyer. Elle démontre la force de l’apprentissage de l’écrit, sa relation profonde à l’identité humaine, et son pouvoir de rappeler au monde la puissance d’agir pour le bien. Bien avant elle, c’est la jeune Anne Frank qui en a fait de même dans son journal.

Nous handicapons nos enfants en faisant abstraction du savoir de ceux qui nous ont précédés. Ceux qui apprennent à épeler et à écrire de manière lisible et fluide seront mieux outillés pour s’exprimer avec confiance et surmonter les petits irritants, comme la perte de courant d’un objet numérique.

Il est grand temps de remettre l’écriture cursive au curriculum à travers le Canada.

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Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduite avec permission.

Éducation

Le gouvernement mettra des années avant de régler la pénurie d’enseignants [VIDÉO]

Le gouvernement Legault mettra des années avant de régler la pénurie d’enseignants dans les écoles.

En cette journée de rentrée des classes pour un grand nombre d’élèves mercredi, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a appelé les parents à la patience.

En mêlée de presse avant de se rendre à la séance du conseil des ministres, il a laissé entendre que ce ne sera pas la dernière rentrée avec des classes qui ne sont toujours pas pourvues en enseignants.

M. Roberge a accusé le précédent gouvernement libéral d’avoir légué un lourd héritage en matière d’attraction et de rétention de personnel.

«Il y a trois legs du dernier gouvernement qu’on va être obligé de traîner comme un boulet pendant quelques années: la pénurie de personnel, ils n’ont pas attiré et garder les gens qui faisaient le choix de l’enseignement longtemps, et ça va nous prendre un certain temps pour passer à travers; les écoles qui sont vétustes; et carrément la pénurie de locaux aussi.»

Le ministre a admis que cela allait prendre «un certain temps» au gouvernement Legault pour «pouvoir passer au travers».

Il a reconnu qu’il y avait une «inquiétude» dans les écoles et les commissions scolaires en cette rentrée liée à la dotation de personnel dans les classes.

M. Roberge a indiqué que son ministère offrait son assistance pour trouver toutes les solutions, par exemple dans les voies d’accès à la profession et les «tolérances d’enseignement».

Santé

Une rentrée avec des lunchs simples, nutritifs et sécuritaires

La rentrée scolaire est fréquemment synonyme d’un rituel qui prend la forme d’un calvaire pour plusieurs parents: la préparation des lunchs.

Comment se simplifier la tâche en concoctant des lunchs qui seront à la fois rapides, nutritifs et sécuritaires?

La Presse canadienne a demandé son avis à Emmanuelle Dubuc-Fortin, une nutritionniste d’Extenso, le centre de référence sur la nutrition de l’Université de Montréal.

Pour des lunchs rapides

Une bonne idée est de penser aussi aux lunchs en planifiant les repas de la semaine d’avance. On s’organise pour avoir à la maison tous les aliments dont on prévoit avoir besoin et on prépare les lunchs la veille plutôt que le matin même. On profite de la fin de semaine pour prendre de l’avance, par exemple, en cuisant le riz ou en tranchant les légumes.

Dans un même ordre d’idées, on peut profiter de la fin de semaine pour cuisiner des galettes et des muffins qu’on mettra à congeler.

On prépare une plus grande quantité du repas du soir pour en avoir suffisamment pour le lendemain midi. On a deux options: ou bien on remet le repas comme tel dans le lunch, ou bien on réutilise certaines composantes pour varier, sans remettre le même repas. Par exemple, on peut mettre du reste de riz dans une salade ou du reste de poulet dans un sandwich.

Un restant gardé au frigo peut être bon trois ou quatre jours. Un plat préparé le dimanche pourra dépanner une bonne partie de la semaine. Des fruits et légumes pourront durer toute la semaine, puisqu’ils sont moins fragiles que la viande, par exemple.

Il est utile d’avoir des «aliments dépanneurs» sous la main en tout temps: des fruits, des légumes, du pain au congélateur, des conserves de légumineuses, de thon ou de saumon, des craquelins, des compotes de fruits, des oeufs, du fromage... On peut ensuite compléter avec les ingrédients frais dont on dispose cette semaine-là. Ça permet d’avoir une base pour pouvoir se débrouiller en cas d’imprévu.

On peut faire un lunch en pièces détachées avec ces composantes-là. Par exemple, des craquelins avec une conserve de thon, on ajoute des crudités et une trempette, on complète avec une compote de pommes et ça donne un bon lunch rapide.

Les enfants seront souvent heureux de pouvoir assembler leur lunch à leur guise avec ces composantes-là. Il est d’ailleurs important d’impliquer l’enfant dans la préparation de son lunch dès un très jeune âge. Ce sera plus long au début, mais ça lui permettra de développer son autonomie - et un jour il sera en mesure de préparer son lunch seul. On l’implique dans le choix des recettes, on lui demande de remplir sa boîte à lunch, il prépare ses collations, il met fruits et fromage dans un contenant... L’enfant sera aussi plus enclin à manger son lunch et à goûter à des choses différentes quand il a participé.

Pour des lunchs nutritifs

Pas besoin que ce soit compliqué pour être nutritif.

On commence par cuisiner avec des produits frais et on essaie de varier ce qu’on propose de semaine en semaine.

Avec un lunch en pièces détachées, on peut facilement avoir un lunch complet sans se casser la tête, en assemblant les choses. Un bon point de repère est de se fier à l’image de l’assiette du nouveau Guide alimentaire canadien. C’est très visuel et c’est un bon guide pour préparer de bons lunchs ou n’importe quel repas.

Pour les enfants on peut répartir l’assiette en trois tiers: un tiers de fruits et légumes, un tiers de produits céréaliers et un tiers d’aliments protéinés. Un repas riche en fibres va permettre de minimiser l’impact de la perte d’énergie qui survient parfois après le dîner: on pense à des grains entiers, des légumineuses, des fruits et légumes, etc.

«Les enfants ont de petits estomacs, mais ils ont de grands besoins», dit Mme Dubuc-Fortin. Les collations sont très importantes pour les enfants. Ça complète les repas, on veut donc que ce soit nutritif autant qu’un repas.

Et tout le monde a le droit de se faire plaisir de temps en temps. Une friandise (chocolat, croustilles, bonbons, etc.) de temps en temps n’est donc pas la fin du monde, même si certaines écoles ont des règles à ce sujet. On fait simplement attention à la fréquence, en gardant en tête que ce n’est certainement pas le carburant idéal pour des enfants.

Pour des lunchs sécuritaires

Le froid doit rester froid et le chaud doit rester chaud.

Pour le froid, on se place un bloc réfrigérant dans une boîte à lunch isolante.

Pour le chaud, c’est souvent plus simple d’envoyer un repas à faire chauffer à l’école, mais la gestion des micro-ondes le midi est souvent problématique. Investir dans un bon thermos permet de varier les lunchs et d’avoir des lunchs chauds facilement. On remplit le thermos d’eau bouillante environ dix minutes le matin, avant d’y mettre le repas. Le repas doit être trop chaud pour être mangé, puisque la température descendra un peu avant l’heure du dîner.

Un plat de plastique placé au micro-ondes pourra potentiellement laisser échapper des quantités infimes de BPA et de phtalates, surtout s’il s’agit d’aliments gras. On doit choisir des plats de plastique appropriés pour le micro-ondes, sinon on opte pour la céramique ou le verre. On ne doit jamais utiliser d’anciens contenants de margarine ou de yogourt, par exemple. Les contenants usés, abîmés ou souvent passés au micro-ondes pourront laisser échapper davantage de substances.

On lave la boîte à lunch régulièrement pour empêcher l’accumulation des bactéries. Idéalement on choisit une boîte à lunch qui va dans la machine à laver. On la lance une fois par semaine dans la laveuse, en même temps que la lessive.

Les restes de lunchs n’ont pas besoin d’être automatiquement jetés. Les fruits et légumes pourront être réutilisés dans des soupes ou des compotes (seule exception: le melon qui n’est pas assez acide et sur lequel des bactéries pourront se former; on jette). Les restes de yogourt pourront être incorporés dans des muffins et le fromage réutilisé pour gratiner. En plus, la cuisson détruira d’éventuelles bactéries.

Les restes de viande, de poisson, d’oeufs, de légumineuses et les plats contenant de la mayonnaise seront jetés.

Éducation

Commissions scolaires: Québec opaque sur ses intentions

Le ministère de l’Éducation refuse de rendre public quelque document que ce soit relatif à son projet visant à transformer à court terme les commissions scolaires en centres de services.

La Presse canadienne a frappé un mur en tentant d’en savoir davantage sur le projet gouvernemental, à l’aide d’une demande d’accès à l’information.

Pourtant, les documents requis existent bel et bien, a confirmé la responsable de l’accès à l’information dans sa décision rendue récemment, mais le ministère refuse de les transmettre.

Cette situation inquiète au plus haut point les dirigeants des commissions scolaires, qui sont dans le noir et craignent de voir le gouvernement Legault s’apprêter à centraliser les pouvoirs à Québec, au mépris de la démocratie scolaire.

Conformément à la promesse électorale de la CAQ, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, doit déposer à court terme, possiblement dès septembre, son projet de loi visant à abolir les élections scolaires et à transformer les commissions scolaires en centres de services.

Baroud d’honneur, la Fédération des commissions scolaires (FCSQ), se faisant le défenseur de la démocratie scolaire, rendait publique vendredi une campagne publicitaire visant à alerter la population sur les dangers du projet gouvernemental.

Le gouvernement Legault a entrepris «un débat stérile de structures» dans le réseau scolaire, a déploré le président de l’organisme, Alain Fortier, en conférence de presse, vendredi.

Le ministre Roberge aime affirmer qu’il n’a rien à cacher, mais demeure toujours vague sur la nature exacte de ses intentions et de l’impact réel de sa future loi sur la gestion du réseau.

Il souffle le chaud et le froid, réclamant une transformation de structure, tout en se montrant rassurant en affirmant que plusieurs services rendus présentement par les commissions scolaires continueront à être offerts par les centres de services, comme le transport scolaire, les embauches et les projets de rénovation d’écoles, notamment.

En principe, le but poursuivi par le gouvernement consiste à donner plus de pouvoirs et d’autonomie aux directions d’écoles.

Pour l’essentiel, la demande d’accès à l’information visait précisément à connaître l’étendue et la limite des nouvelles responsabilités dévolues aux futurs centres de services et aux écoles.

On cherchait aussi à savoir si le ministère avait évalué le coût de toute cette opération.

À la FCSQ, on croit que le gouvernement, tout en affirmant vouloir donner plus de pouvoirs aux écoles, veut en fait s’arroger plus de pouvoirs, par exemple en nommant les personnes qui vont diriger les nouvelles structures.

«C’est évident pour nous : on est dans une démonstration d’un exercice de centralisation des pouvoirs» en matière d’éducation, selon M. Fortier.

Il dit craindre que, dorénavant, les dirigeants du réseau seront redevables au premier ministre, au lieu de rendre des comptes à la population.

D’où l’importance, selon lui, de maintenir les élections scolaires et les commissions scolaires telles qu’on les connaît.

Sinon, on assistera à «une perte de droits démocratiques : ça pour nous c’est fondamental», a-t-il dit.

La campagne publicitaire en cours visera précisément à expliquer à la population «ce qu’on est en train de lui enlever», soit «un pouvoir citoyen».

N’empêche, les élections scolaires sont en général boudées par les citoyens. Le taux de participation n’atteint même pas 5 %.

Le Québec compte 72 commissions scolaires.

Éducation

Bonification de l’aide alimentaire à l'école: la part du lion pour Montréal

QUÉBEC - Une somme supplémentaire de plus de 1,27 million $ est accordée à 81 écoles secondaires et à 53 écoles primaires du Québec afin que l’aide alimentaire qui a été donnée à leurs élèves lors de la dernière année scolaire soit distribuée de nouveau lors de la prochaine année.

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, explique dans un communiqué que cette somme vise à assurer une transition harmonieuse après l’actualisation des indices de défavorisation avec les données du recensement canadien de 2016. À la suite de cette mise à jour, la première en dix ans, un écart important a été observé entre les données, ce qui a entraîné des variations dans le calcul des allocations budgétaires accordées aux commissions scolaires et destinées aux milieux défavorisés, dont l’aide alimentaire.

Cette bonification de plus de 1,27 million $ donnera aussi au gouvernement du Québec la flexibilité nécessaire pour étudier la possibilité de revoir le mode d’attribution du financement destiné à l’aide alimentaire accordé au réseau scolaire public.

Dans la répartition des allocations supplémentaires, c’est la Commission scolaire de Montréal (CSDM) qui obtient la part du lion, avec une somme de 608 550 $. Elle est suivie de trois autres commissions scolaires présentes sur l’île de Montréal: Marguerite-Bourgeoys (192 311 $), de la Pointe-de-l’Île (132 384 $) et English Montreal (102 033 $).

Le ministre Roberge fait partie de ceux qui croient qu’un élève qui déjeune le matin a de meilleures chances de réussir. À son avis, l’aide alimentaire offerte dans les écoles est essentielle au bien-être et à la réussite des élèves, particulièrement des plus vulnérables.

Politique

Le président de l'Assemblée nationale rappelle à l'ordre le ministre Roberge

Le président de l'Assemblée nationale rappelle à l'ordre le gouvernement Legault.

François Paradis reproche au ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, d'avoir dérogé à la pratique suivie à ce jour concernant le remboursement des frais de déplacement des témoins en commission parlementaire.

Sa décision écrite est venue clore une journée mouvementée à l'Assemblée nationale, mercredi, où les partis d'opposition se sont ligués pour exiger des excuses du ministre, lesquelles n'ont finalement jamais été livrées.

Au coeur de l'histoire, la décision de Jean-François Roberge de rembourser, à même les fonds publics, les frais de déplacement, de repas et d'hébergement de deux New-Yorkais et de deux Ontariens pro-maternelles 4 ans.

Ces derniers sont venus témoigner en commission parlementaire, début juin, en faveur du projet de loi du ministre. Ils se sont fait rembourser plus de 8600 $ par le ministère de l'Éducation, a dévoilé Le Journal de Québec.

Dans son jugement, François Paradis est catégorique: «Il ne doit pas y avoir de remboursement des frais de déplacement de témoins en commission parlementaire par les ministères ou les organismes publics.»

Tout au plus, et exceptionnellement, une commission parlementaire pourrait décider de rembourser, à même son budget, les frais engagés par un témoin lorsque la présence de celui-ci est jugée essentielle.

«Cependant, les commissions parlementaires n'ont pas pour pratique de rembourser les témoins», précise-t-il, en rappelant que la visioconférence est permise pour des témoins de l'extérieur depuis 2009.

«Le président nous donne raison; cette situation était aberrante», a réagi en impromptu de presse le leader parlementaire du Parti québécois (PQ), Martin Ouellet.

M. Roberge, lui, est passé en coup de vent devant les journalistes à sa sortie du conseil des ministres, se refusant à tout commentaire.

«Normal» de rembourser les témoins, selon Legault

Plus tôt dans la journée, le premier ministre François Legault s'était porté à la défense de son ministre, en déclarant qu'il était «normal» de rembourser les dépenses encourues par des témoins.

«C'est normal que, si on demande à des experts de venir partager leur expérience ici, à Québec, qu'on paie leurs dépenses. Je pense que c'est tout à fait normal», a-t-il affirmé.

«J'ai déjà vu de compenser des experts pour venir témoigner, même s'ils venaient d'une région éloignée au Québec», a-t-il ajouté.

Le président de l'Assemblée nationale le contredit: «Les témoins qui sont invités à témoigner dans le cadre de consultations en commission parlementaire ne sont pas remboursés.»

Selon la porte-parole libérale en éducation, Marwah Rizqy, le premier ministre a carrément «induit la population en erreur».

«Service à la nation québécoise»

Elle avait plus tôt dénoncé le fait que le ministre Roberge se soit transformé en «agence de voyages, qui "book" l'hôtel, le billet d'avion, qui fait venir à grands frais des experts, et je dirais des pseudo-experts».

Ensemble, les partis d'opposition ont clamé qu'il est inéquitable de rembourser les dépenses d'alliés, et pas celles des autres. Ils se sont en outre inquiétés du mélange des genres, c'est-à-dire de l'ingérence du pouvoir exécutif dans le processus législatif.

Les invités new-yorkais et ontariens pro-maternelles 4 ans qui sont venus témoigner toutes dépenses payées ont rendu «un service à la nation québécoise», s'est défendu M. Roberge en mêlée de presse mercredi matin.

«Il faut comprendre que les experts internationaux qui sont venus, sont venus rendre un service à la nation québécoise en nous informant de la façon dont ça s'est fait, et de la meilleure façon pour éclairer nos travaux», a-t-il dit.

Retour sur «l'investissement»

Il a du coup refusé de rembourser les 8600 $ aux Québécois, affirmant que ceux-ci obtiendraient «un rendement sur leur investissement exceptionnel».

«Je pense que c'est totalement inacceptable qu'il dise ça aux Québécois», s'est insurgée la députée Christine Labrie, de Québec solidaire (QS), qui a demandé à la commissaire à l'éthique d'enquêter sur cette affaire.

«Ça ne devrait pas être des fonds publics qui sont engagés pour défendre une option politique», a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, le ministre Roberge, qui est député depuis 2014, a déclaré qu'il ne savait pas qu'une commission parlementaire pouvait faire comparaître un groupe par visioconférence.

De la «grossière négligence», selon la députée péquiste Véronique Hivon, qui blâme aussi le ministre d'avoir colporté «des choses qui ne sont pas la vérité» la veille en disant qu'il était impossible de faire de la visioconférence.

«Ce qui se passe, ce n'est vraiment pas banal, a-t-elle déclaré en impromptu de presse. On apprend qu'il a payé pour ces experts-là et ensuite, il invoque des arguments qui ne tiennent pas la route pour essayer de se justifier comme quoi il ne pouvait pas les faire comparaître par visioconférence. C'est très grave», a-t-elle renchéri.

Le ministre Roberge a par la suite concédé qu'il demandera à des experts de témoigner par visioconférence «la prochaine fois».

Aucune date pour l'entrée en vigueur de la loi

L'étude détaillée du projet de loi 5, qui permettra le déploiement de la maternelle 4 ans universelle au Québec, et non pas seulement dans les milieux défavorisés, se poursuit pour les prochaines semaines.

Fait à souligner, le ministre a tôt fait de refuser d'enchâsser dans la loi une date pour le déploiement de la maternelle 4 ans pour tous, pourtant promis d'ici 2023 par son parti en campagne électorale.

Il s'est défendu en disant qu'il pourrait y avoir dans les prochaines années des impondérables pouvant empêcher tel déploiement, tels que des inondations ou l'arrivée massive de réfugiés, par exemple.

***

Ce qu'a dit François Paradis:

- Les témoins qui sont invités à témoigner dans le cadre de consultations en commission parlementaire ne sont pas remboursés par l'Assemblée nationale ou la commission concernée pour leurs frais de déplacement;

- Lorsqu'il leur est difficile de se déplacer jusqu'à Québec pour leur audition ou de se faire représenter, les témoins peuvent demander à être entendus par visioconférence;

- Exceptionnellement, une commission parlementaire pourrait décider de rembourser, à même son budget, les frais engagés par un témoin pour son déplacement à Québec dans le cadre de sa participation à une consultation en commission lorsque la présence de celui-ci est jugée essentielle au mandat de la commission;

- Il ne doit pas y avoir de remboursement de frais de déplacement de témoins en commission parlementaire par les ministères ou les organismes publics à moins qu'il s'agisse d'un membre de leur personnel.

Éducation

Onze enfants en moyenne par classe de maternelle 4 ans

Toutes les classes de maternelle 4 ans prévues par le gouvernement caquiste ouvriront leurs portes à la rentrée, mais elles ne seront pas remplies à pleine capacité. Elles compteront en moyenne 11 enfants.

C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge mardi, quelques minutes avant d’entreprendre l’étude détaillée du projet de loi 5, qui vise à offrir la maternelle 4 ans à tous les petits Québécois.

Les classes de maternelle 4 ans peuvent accueillir un minimum de 6 enfants et un maximum de 17. Peu importe le nombre de bambins inscrits, le groupe est pris en charge par une enseignante et une éducatrice à l’enfance. 

M. Roberge trouve «très encourageant» qu’autant de parents aient fait le choix d’envoyer leurs enfants à l’école dès l’âge de 4 ans. Il espère maintenant faire tomber les «barrières» qui restent. Le projet de loi 5 prévoit que de telles classes pourront être ouvertes partout sur le territoire du Québec, et non seulement en milieu défavorisé, comme c’est le cas à l’heure actuelle. 

Le ministre de l’Éducation justifie son projet de loi en faisant valoir que 27% des tout-petits qui arrivent à la maternelle 5 ans sont vulnérables dans au moins un aspect de leur développement. Dans les milieux défavorisés, la proportion est de 32%, soit légèrement plus haute. «Que les parents fassent 20 000 $ par année ou 120 000 $ par année, il y a de deux à trois jeunes sur 10 qui arrivent en maternelle cinq ans pas prêts», fait-il valoir. 

S’il martèle qu’il faut une complémentarité et non une compétition entre la maternelle 4 ans et le réseau des Centres de la petite enfance (CPE), le ministre Roberge a été incapable de dire quelle proportion d’enfants inscrits à l’heure actuelle à la maternelle 4 ans proviennent de ce réseau, qui est déjà subventionné par l’État. «On n’a pas les données sur la provenance» des enfants inscrits, a-t-il convenu. 

Sceptiques

Les trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale restent sceptiques quant à la nécessité de déployer la maternelle 4 ans partout au Québec. Marwah Rizqy, députée du Parti libéral du Québec, critique le fait que le gouvernement dépense sans compter pour ouvrir des classes de maternelle 4 ans qui ne sont pas pleines, alors que d’autres enfants plus âgés feront leur rentrée scolaire dans des roulottes. 

«On demande des priorités à la bonne place. On demande que la véritable priorité, un, c’est de trouver les enseignants, puis, deux, c’est de s’assurer qu’il n’y a aucun enfant qui est d’abord dans une roulotte versus d’autres qui vont être dans des classes de luxe», commente-t-elle. 

La députée solidaire Christine Labrie croit que si on donne aux parents du Québec le droit à la maternelle 4 ans, ils devraient aussi avoir le droit à une place en Centre de la petite enfance (CPE). À l’heure actuelle, elle est d’avis qu’ils n’ont pas «de vrai choix», parce que les listes d’attente pour avoir une place en CPE sont très longues. 

La députée péquiste Véronique Hivon déplore quant à elle «l’improvisation du gouvernement», qui n’a pas encore rendu public un plan de déploiement précis de la maternelle 4 ans. 

Le Québec compte à l’heure actuelle 644 classes de maternelle 4 ans. L’objectif du gouvernement est d’en ouvrir plus de 3000 d’ici cinq ans.

Éducation

Une formation sur les violences sexuelles obligatoire pour les cégeps et universités

Les étudiants et le personnel des institutions d’enseignement supérieur suivront une formation sur la prévention des violences sexuelles. L’Université Laval offrira cette formation dans la prochaine année avec du contenu développé par des ressources spécialisées, en collaboration avec des experts de l’université.

Il s’agit d’une formation obligatoire d’une durée de 45 minutes qui sera réalisée en ligne, où trois scénarios fictifs différents seront explorés. Les universités et les cégeps doivent tenir ces activités de prévention selon la nouvelle loi qui vise à prévenir les violences sexuelles sur les campus québécois annuellement, adoptée l’an dernier. 

«On a développé notre propre contenu parce qu’on ne voulait pas attendre, on avait toutes les ressources à l’interne et les professionnels pour le faire. Donc avec tous les outils à notre disposition, on n’a pas attendu que le contenu vienne à nous», indique Nancy Chamberland, responsable du Centre d’intervention et de prévention des violences à caractère sexuel de l’Université Laval. 

Selon les informations du Journal de Québec, plusieurs cégeps et universités ont prévu offrir cette formation cet automne et l’une des formules privilégiées est une activité en ligne, dont la durée est d’environ 45 minutes, développée par l’Université Concordia.

Fiers du résultat

L’Université Laval travaille sur son contenu depuis avant même l’adoption de la nouvelle politique. «Je dois dire qu’on en est extrêmement fiers. C’est très dynamique», insiste Mme Chamberland. 

Ces 45 minutes seront constituées de trois histoires interactives traitant de violence à caractère sexuel, ponctuées d’interventions d’experts sur des aspects plus précis. Les thèmes abordés seront les violences à caractère sexuel, le harcèlement sexuel, le consentement sexuel, la Politique pour prévenir et combattre les violences à caractère sexuel et les ressources de soutien. L’ensemble de la communauté universitaire sera donc sensibilisé à maintenir des relations interpersonnelles, amoureuses et sexuelles basées sur le respect et sur la culture du consentement.

«La violence à caractère sexuel, c’est très large. Les blagues inappropriées à répétition, le partage d’images déplacées, ça rentre là-dedans. Notre contenu va toucher à tout. On est réalistes, ce n’est pas un 45 minutes d’écoute qui va tout changer, mais on croit que cette formation pourra faire partie du changement. J’ose espérer que dans 10 ou 15 ans on va être dans une société plus inclusive, plus égalitaire et plus respectueuse.»

Depuis le mouvement #Metoo ou depuis l’adoption de la politique, Mme Chamberland a déjà remarqué une amélioration dans la compréhension et une dénonciation plus facile des victimes. 

Pour s’assurer que toute la communauté universitaire suive la formation, plusieurs actions de communication seront déployées par la direction de l’université. Par exemple, 45 minutes seront libérées dans tous les cours obligatoires. La formation sera également inscrite en tâche à réaliser dans tous les plans de cours.

Éducation

Maternelles 4 ans: toujours peu d’engouement

À deux semaines de la rentrée scolaire, les maternelles 4 ans ne suscitent toujours pas l’engouement souhaité par le gouvernement Legault. Les 644 classes qui seront offertes dès la fin août comptent en moyenne 11 enfants sur une possibilité de 17, selon les données les plus récentes du ministère de l’Éducation.

Il s’agit là d’une très légère augmentation depuis mai, alors que Le Devoir rapportait qu’il y avait en moyenne 10 enfants inscrits par classe. Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, estimait alors que le rythme des inscriptions était «très encourageant».

Le nombre moyen d’inscriptions par classe pour 2019-2020, soit de 11 enfants par classe, est sensiblement le même que l’année dernière, alors qu’il existait 394 classes en milieu défavorisé, souligne le ministère.

La promesse électorale de la Coalition avenir Québec (CAQ) est de déployer la maternelle 4 ans universelle sur tout le territoire du Québec d’ici cinq ans, afin notamment de mieux dépister les problèmes d’apprentissage chez les tout-petits.

Relancé au sujet des inscriptions vendredi, le ministère de l’Éducation a tenu à préciser qu’elles se poursuivront jusqu’à la rentrée scolaire.

«Le déploiement des 644 classes annoncées pour 2019-2020 est toujours en cours puisque les inscriptions des enfants se font en continu depuis l’annonce du nombre de groupes autorisés, a affirmé la relationniste Esther Chouinard dans un échange courriel avec La Presse canadienne. Pour l’instant, la capacité d’ouverture des 644 groupes est très réelle.»

En campagne électorale, la CAQ avait promis de créer 5000 classes de maternelle 4 ans à temps plein durant son mandat. Cet engagement a depuis été révisé à environ 3200 classes. Le coût de chaque nouvelle classe est estimé à 800 000 $.

Ça «stagne»

À la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), on ne peut que constater que les inscriptions «stagnent» et qu’il n’y a pas de ruée vers les maternelles 4 ans, malgré le blitz publicitaire du gouvernement.

Qui plus est, la présidente Sonia Éthier s’insurge contre les efforts du gouvernement d’aller chercher des enfants dans le réseau des Centres de la petite enfance (CPE) et de recruter des éducatrices pour qu’elles aillent enseigner dans les écoles, qui souffrent de la pénurie de main-d’oeuvre.

M. Roberge a récemment déposé un projet de règlement pour permettre aux éducatrices en services de garde, qui ont un diplôme collégial, d’enseigner en maternelle à condition d’être inscrites dans un baccalauréat en enseignement et d’avoir suivi au moins trois cours de cette formation universitaire.

Le premier ministre François Legault avait pourtant «dénigré le travail des éducatrices» en février dernier, se rappelle Mme Éthier.

Il avait déclaré que les parents auraient bientôt le choix «entre une garderie avec deux tiers d’employés qui sont des techniciens de garde, ou une maternelle à 4 ans, avec des enseignants et toute l’équipe de spécialistes de l’école primaire».

«Le discours a changé, a-t-elle souligné en entrevue vendredi. Étant donné qu’il ne peut pas remplir sa promesse, il ouvre la porte [aux éducatrices]. C’est une contradiction du discours.»

Le ministre Roberge a refusé la demande d’entrevue formulée par La Presse canadienne vendredi.

Éducation

Fin de la grève à l'Université TÉLUQ

En grève depuis la fin janvier, les tuteurs de TÉLUQ, l'ancienne Télé-Université, ont accepté vendredi soir les recommandations du conciliateur, a annoncé le Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-Université affilié à la CSN.

Les membres du syndicat ont entériné les recommandations dans une proportion de 62 pour cent au cours d'une assemblée générale.

Dans un communiqué de presse publié samedi, le syndicat indique que le règlement a été négocié en présence d'un conciliateur du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale. Il ajoute que l'entente permettra d'encadrer plusieurs enjeux jugés «cruciaux» comme la rémunération et la sous-traitance, et établira également des balises pour protéger les emplois des tuteurs.

Plus tôt vendredi, le conseil d'administration de TÉLUQ avait approuvé l'entente. La direction a indiqué, par voie de communiqué que les tuteurs seront de retour au travail en début de semaine prochaine. Les informations pour les étudiants concernant la correction des travaux et examens en attente et la réouverture des inscriptions seront disponibles sur le site Web de l'Université (teluq.ca) au cours de la journée de mardi.

La nouvelle convention collective prendra fin en 2024.

L'Université TÉLUQ, qui se définit comme étant l'université de cours à distance de l'Université du Québec, offre plus de 400 cours et 110 programmes menant à plusieurs diplômes, dont le certificat, le baccalauréat, la maîtrise et le doctorat.

Éducation

36 millions$ pour quatre projets de rénovation et construction d’écoles à Québec [VIDÉO]

Plus de 36 millions $ seront investis par le gouvernement caquiste pour quatre projets de rénovation ou de construction dans les écoles de la région de la Capitale-Nationale. Cette nouvelle rassure grandement le personnel du secteur scolaire.

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, avait déjà annoncé l’investissement de 1,7 milliard $ pour les 128 projets d’ajout d’espace soumis par les écoles du Québec.

Mardi, en conférence de presse à l’école secondaire Cardinal-Roy, la vice-première ministre et responsable de la région de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault, a annoncé la part de ce montant pour sa région. 

«On veut faire de l’éducation la priorité nationale et ça commence par avoir de l’espace pour mettre nos enfants dans les classes. Il y aura éventuellement des annonces pour l’embellissement des écoles. Nous avons choisi de miser sur l’avenir de nos enfants, c’est pourquoi nous investissons aussi massivement en éducation, d’une manière qui est du jamais vu», indique la ministre de la Sécurité publique.

La totalité des projets déposés par les écoles qui ont été acceptés par le ministère de l’Éducation, tous les projets dont le besoin d’espace additionnel a été reconnu. L’an dernier, le gouvernement libéral avait accepté 55 projets. 

Besoins criants

La directrice de l’école secondaire Cardinal-Roy, Élizabeth Fortin, s’est dite émue après l’annonce de la ministre. Plusieurs de ses collègues enseignants avaient interrompu leurs vacances afin d’assister à la conférence de presse.

«C’était un peu inespéré. On avait demandé autrefois l’agrandissement et on n’était pas du tout dans les critères du ministère... On s’était fait dire : “Oubliez ça.” Il a fallu faire des compromis et c’était plus difficile dans l’école. C’était pour trois secteurs différents avec des besoins bien différents, et il fallait choisir. Là, tous les secteurs vont pouvoir cohabiter et se développer, il n’y aura pas de chicane», se réjouit la directrice.

Cet agrandissement devrait être prêt après trois ans de travaux. D’ici là, les élèves et le personnel continueront de jouer des coudes.

«On a tout converti les locaux qu’on pouvait. Cet été, on a des unités mobiles en arrière pour accueillir quatre classes. On doit dire non à certains nouveaux élèves, mais ça va changer dans trois ans», ajoute Mme Fortin.

Avec plus de 15 millions $, l’école pourra se doter d’un agrandissement — nécessaire depuis plusieurs années — et procédera au réaménagement de l’amphithéâtre du Centre de formation professionnelle Wilbrod-Bherer.

L’école secondaire Joseph-François-Perreault à Sainte-Foy, elle aussi avec plus de 15 millions $ en poche, agrandira également ses locaux. 

Finalement, presque 3 millions $ du montant iront dans l’ajout de cinq classes au projet de construction d’une école primaire Lab-École, toujours pour la commission scolaire de la Capitale.

Une nouvelle école dans Charlesbourg

Un montant de 2 millions $ ira à la mise à l’étude du projet de construction d’une école secondaire à Charlesbourg, pour la commission scolaire des Premières-Seigneuries. Il s’agit de la première étape, d’autres investissements suivront.

«Un dossier d’opportunité, c’est une étape préliminaire dans les projets d’infrastructures. On va développer le programme fonctionnel des techniques [PFT] de manière très précise», assure le député de Charlesbourg, Jonatan Julien. 

Les besoins seront donc déterminés avec cette étude, notamment la localisation de l’école. Mme Guilbault soutient que l’objectif est que l’école soit livrée dans trois ans. 

Et les maternelles 4 ans?

Mme Guilbault informe que chaque projet présenté par les écoles a pris en compte le développement éventuel des classes de maternelle 4 ans.

«Les commissions scolaires doivent déposer chaque automne leurs besoins en ajout d’espace. À notre arrivée au gouvernement, mon collègue Jean-François Roberge a demandé aux commissions scolaires de prendre en compte le développement éventuel des classes de maternelle 4 ans dans ce besoin d’espace additionnel, chose qui a été faite», assure-t-elle.  

Éducation

Quatorze polyvalentes ouvriront leurs portes d’ici 2022

Le gouvernement Legault vient de lancer des appels d’offres pour la construction de 14 nouvelles écoles secondaires dans 10 commissions scolaires de la province. Les nouvelles installations, qui coûteront au total 1,1 milliard de dollars, seront livrées pour septembre 2022.

Trois appels d’offres pour des services professionnels en architecture, en génie civil et structure de même qu’en génie mécanique et électrique ont été publiés vendredi par la Société québécoise des infrastructures (SQI), qui rappelle que l’effectif scolaire va en augmentant dans plusieurs régions du Québec, particulièrement en milieu urbain. 

«Un déficit d’espace important est appréhendé au sein de plusieurs commissions scolaires au cours des prochaines années, obligeant le MEES [ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur] à solliciter des investissements majeurs pour doter le réseau de nouvelles infrastructures qui permettront de répondre à la demande. La construction de 14 écoles est la solution préconisée par le MEES et le gouvernement du Québec pour pallier au déficit d’espace des 10 commissions solaires qui sont soumises à une forte augmentation de leur effectif», expose la SQI.

Les 14 nouvelles écoles secondaires seront réparties sur les territoires des commissions scolaires Marguerite Bourgeois (Île des Sœurs, Lasalle et Nord-Ouest de Montréal), des Trois-Lacs (Saint-Zotique et Vaudreuil), de la Seigneurie-des-Mille-Îles (Mirabel), des Affluents (Terrebonne), de la Rivière-du-Nord (Saint-Jérôme), des Patriotes (Chambly), de Laval (emplacement à déterminer à Laval), de la Pointe-de-l’Île (deux emplacements à déterminer à Montréal), des Chênes (Drummondville) et des Premières-Seigneuries (Charlesbourg). 

Approche durable

Selon les besoins établis par le MEES, les nouvelles écoles devront être conçues pour recevoir 30, 40 ou 66 groupes d’élèves, mentionne-t-on dans les appels d’offres. Tous les bâtiments, qui seront identifiés avec une «signature architecturale type» et qui intégreront l’approche de développement durable du gouvernement du Québec, devront être mis en service entre la fin de 2021 et septembre 2022. 

Le 17 juin, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, avait annoncé une enveloppe de 1,7 milliard $, déjà prévue au budget, pour la construction ou l’agrandissement d’écoles primaires et secondaires dans la province. Il disait alors prévoir 128 nouveaux projets «d’ajout d’espace», dont 51 nouvelles écoles, les autres projets étant des agrandissements ou la conversion de bâtiments existants en écoles. Selon lui, ces projets devraient permettre l’ajout de 1000 nouvelles classes au primaire et au préscolaire (environ 23 000 élèves) et de 21 500 «places-élèves» au secondaire. 

Le ministre avait aussi mentionné que la construction des nouvelles écoles se ferait dans des délais «jamais vus», soit deux ans pour les écoles primaires et trois ans pour les écoles secondaires.

Éducation

Les Navigateurs quittent la Fédération des commissions scolaires

Prête à collaborer avec le gouvernement pour réformer la gouvernance du réseau de l’éducation, la Commission scolaire des Navigateurs (CSDN) annonce sa désaffection de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) qu’elle juge braquée.

Les établissements primaires et secondaires de la Rive-Sud de la capitale évaluent donc qu’il vaut mieux participer à la réflexion de la Coalition avenir Québec, notamment sur les impopulaires élections scolaires, que de militer pour le statu quo. «Nous voulons ouvrir ce débat-là et examiner d’autres possibilités», explique le président de la CSDN, Jérôme Demers, en entrevue téléphonique. «Si on se limite au suffrage universel, on écarte plein de possibilités qu’on n’a pas pris le temps d’examiner.»

Le conseil de la CSDN s’affiche donc en désaccord avec la Fédération des commissions scolaires du Québec qui poursuit l’organisation du prochain scrutin national. «Une divergence d’opinions» assez forte pour que les élus de la Rive-Sud aient choisi, mardi soir, de se désaffilier de la fédé.

«Ce n’est pas une décision frivole ou sur le coup de l’émotion», assure Jérôme Demers. «On préfère porter notre message de notre côté. Et la Fédération pourra porter le sien de son côté ; nous on n’est pas en situation d’affrontement, au contraire.»

Le président de la CSDN souhaite donc livrer sa vision directement au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. «On trouve que cette façon de faire là est plus efficace pour nous actuellement parce que notre message diverge de celui de la Fédération.»

Jérôme Demers et son équipe entendent peaufiner leur dossier afin de faire une proposition concrète au gouvernement fin août, pour la rentrée scolaire.

Éducation

Maternelles 4 ans: le plan de match gardé secret

Le plan de match détaillé du gouvernement Legault dans le dossier des maternelles 4 ans demeure un secret bien gardé.

Si on se fie aux réponses obtenues par La Presse canadienne, à la suite de demandes écrites formulées en vertu de la loi d’accès à l’information, le ministère de l’Éducation tient à rester bien discret sur sa démarche visant à implanter un réseau universel de maternelles 4 ans sur tout le territoire du Québec d’ici cinq ans.

De l’ensemble des informations transmises au cours des derniers jours, on trouve des documents largement caviardés, de la correspondance sans intérêt public et des documents déjà rendus publics.

Surtout, le ministère a refusé de transmettre plusieurs informations requises, invoquant divers motifs.

Dans certains cas, le ministère dirigé par Jean-François Roberge s’est opposé parce qu’il s’agissait de «documents du cabinet du ministre», dans d’autres cas, parce qu’ils étaient «produits pour son compte».

Ou encore, des documents ne pouvaient être acheminés supposément parce qu’il s’agissait «d’analyses, de recommandations et d’avis effectués dans le cadre d’un processus décisionnel en cours», écrit la responsable de l’accès aux documents du ministère dans sa réponse.

Ces réponses ont été fournies deux mois après l’envoi des demandes, donc bien après la limite légale fixée à 30 jours maximum.

Questionné au sujet du délai déraisonnable, la semaine dernière, le ministre Jean-François Roberge avait déclaré qu’il n’avait «rien à cacher» et que les réponses seraient fournies rapidement.

La demande d’accès visait à mieux comprendre la position gouvernementale dans ce dossier d’actualité.

L’idée consistait à consulter tout document - études, avis d’experts, analyses, rapports, sondages internes, etc. - pouvant justifier la position du gouvernement sur, notamment, la pertinence de doter le Québec d’un tel réseau, l’évaluation des coûts d’implantation, la planification du déploiement, l’arrimage prévu avec le réseau des Centres de la petite enfance (CPE), l’intérêt des parents pour un tel service, la faisabilité du projet et l’évaluation de la disponibilité du personnel requis (enseignants et professionnels).

Engagement

La création, d’ici cinq ans, d’un réseau universel de prématernelles quatre ans figurait parmi les principaux engagements de la Coalition avenir Québec (CAQ) durant la dernière campagne électorale, en vue de mieux détecter les troubles d’apprentissage chez l’enfant.

Depuis l’élection de la CAQ en octobre, les partis d’opposition remettent en question ce choix, jugeant que le projet est mal ficelé, coûteux, et susceptible de nuire au développement des CPE.

Le coût estimé, par les caquistes, de chaque nouvelle classe de maternelle 4 ans est passé de 122 400 $, en campagne électorale, à 800 000 $, soit six fois plus, une fois au pouvoir.

En campagne électorale, la CAQ prévoyait que 90 % des enfants de 4 ans fréquenteraient les nouvelles prématernelles, un scénario révisé à la baisse depuis, alors qu’on vise désormais 50 %.

Pressé, le gouvernement va de l’avant, même si la loi devant encadrer le déploiement du réseau n’est toujours pas adoptée. Le ministre Roberge a déposé son projet de loi 5 en février, et l’étude détaillée devrait se faire seulement à l’automne.

D’ici là, le ministre Roberge promet que les bambins de 4 ans pourront fréquenter l’une des 250 nouvelles classes promises pour la rentrée de cet automne. On ne sait toujours pas combien d’enfants y seront inscrits.

On compte actuellement 394 classes de maternelles 4 ans en milieu défavorisé. Avec l’ajout des 250 classes annoncées, pour tous les milieux, on devrait en compter 644, au total, avant la fin de l’année. Le premier ministre François Legault en veut 5000 d’ici la fin de son premier mandat.

Ce sont les commissions scolaires — des organisations que le gouvernement s’est engagé à abolir — qui seront chargées d’offrir le nouveau service préscolaire.

La consultation menée au printemps autour du projet de loi a permis de cerner certains enjeux qui risquent de compliquer les choses, dont la difficulté de recruter des enseignants et des professionnels (orthophonistes, psychoéducateurs, etc.) et le manque d’offre de locaux, notamment.

Dans le dernier budget, on a réservé 436 millions $ pour déployer 3400 classes d’ici cinq ans, ce qui exclut cependant la construction de locaux.

En parallèle, pour s’assurer que les classes ne seront pas vides, le ministère mènera d’ici le mois d’août une campagne de promotion des maternelles 4 ans auprès des parents de jeunes enfants, tant dans les médias traditionnels que sur des plateformes Web comme Facebook et Google. Le coût : 70 000 $.

La Capitale

L’ouverture du campus de l’école 42 dans Saint-Roch reportée

Une école de programmation informatique unique au Canada ouvrira ses portes en avril 2020 dans le quartier Saint-Roch à Québec, au lieu de septembre 2019.

«On n’est pas les seuls à avoir levé la main pour avoir une antenne de l’école 42 à Paris. Il y avait des demandes d’un peu partout dans le monde», explique Dominic Goulet, directeur général de Québec numérique, l’organisme sans but lucratif qui dirigera le campus québécois de l’école 42.

L’ouverture est donc retardée de quelques mois, mais le délai permettra au campus de Québec de s’inscrire dans un réseau mondial de 20 écoles alternatives. «Il y a un principe de mobilité des jeunes qui s’inscrivent. Après un an par exemple, ils pourront faire une demande pour aller terminer leur apprentissage ailleurs dans le monde. Pour nous, c’est une façon d’attirer des gens de l’international qui vont peut-être devenir de la future main-d’œuvre pour Québec», exprime M. Goulet. 

Contrer la pénurie

L’objectif de cette école est de contrer la pénurie de programmeurs informatiques en attirant des étudiants qui n’ont pas le goût de suivre un parcours éducatif traditionnel. Sans horaire de cours ni enseignant, l’école 42 se base sur un parcours d’apprentissage par projets, inspiré des niveaux à passer dans un jeu vidéo. L’école est ouverte 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 et les étudiants évoluent à leur rythme. 

L’école accueillera des cohortes de 200 étudiants par année et aura la capacité de s’ajuster à la hausse si la demande est très forte. D’ici 2022, l’école 42 prévoit veiller sur 600 apprenants. 

L’emplacement exact de ce lieu d’apprentissage reste à déterminer, mais ce sera dans le quartier Saint-Roch, assure M. Goulet. La recherche du local idéal est toujours en cours. 

Si la pédagogie sera importée de la France, Québec numérique a bien l’intention de donner une «saveur locale» à son école, en développant des projets qui concernent le monde de l’assurance et celui des jeux vidéo, deux secteurs qui embauchent massivement à Québec. 

L’inscription à cette école est 100 % gratuit et n’exige aucun pré-requis. La moitié des places sera réservée aux femmes. «On veut former une nouvelle génération de programmeurs bienveillants et éthiques», souligne M. Goulet. 

Le dg de Québec numérique indique qu’un partenariat public-privé permettra de financer le déploiement de cette école, mais il reste pour le moment discret quant à l’identité des partenaires financiers. Le gouvernement du Québec et la Ville de Québec ont été approchés.

La formule de l’école 42 remporte un grand succès depuis son ouverture en 2013 à Paris. Même si aucun diplôme officiel n’est décerné à la fin du parcours, les entreprises françaises embauchent massivement les étudiants de 42. 

En plus de Québec, des campus ouvriront notamment en Belgique, en Finlande, au Maroc, en Espagne, en Russie, en Indonésie, au Japon et en Colombie.

Éducation

Québec investit 1,7 milliard $ dans l’éducation primaire et secondaire

CHAMBLY — Québec passe de la parole aux actes avec un investissement massif dans le réseau d’éducation primaire et secondaire.

Le ministre de l’Éducation, Jean-Francois Roberge, a annoncé lundi à Chambly, en Montérégie, un investissement de 1,7 milliard $ pour l’ajout d’espace en classe dès 2019-2020.

L’argent ira à 128 projets distincts qui se traduiront par l’ajout de 1000 classes au niveau préscolaire et primaire et de plus de 21 500 places au niveau secondaire.

Le ministre Roberge annonce du même coup des modifications aux règles de financement du ministère afin de permettre le démarrage de projets dès cet été.

En vertu de cette nouvelle méthode de planification pluriannuelle, 29 projets profiteront rapidement d’une enveloppe représentant 10 % de leur coût total pour ce démarrage hâtif, financement qui pourra être complété lorsque les commissions scolaires seront en mesure de passer aux autres étapes de réalisation.

Le ministre Roberge a procédé à l’annonce à l’école secondaire de Chambly, dans sa circonscription du même nom, école qui obtiendra 10 millions $ pour un agrandissement qui lui permettra d’intégrer les classes de 4e et 5e secondaire.

L’annonce comprenait le dévoilement des sommes consenties pour la Montérégie, où 22 projets issus des sept commissions scolaires du territoire recevront un total de 154 millions $. D’autres annonces sont attendues pour les autres régions de la province.

Éducation

Un comité fédéral ne recommande pas la ceinture obligatoire dans les autobus scolaires

OTTAWA — Un comité de députés fédéraux qui ont mené une enquête sur la sécurité des passagers d’autobus au Canada a décidé de ne pas recommander l’installation de ceintures de sécurité dans les autobus scolaires canadiens, et insiste sur la nécessité de mener une étude plus approfondie sur le sujet.

Le Comité des transports de la Chambre des communes avait ouvert une enquête sur la sécurité dans les autobus, dont les véhicules scolaires, dans la foulée de l’accident d’autocar des Broncos de Humboldt en Saskatchewan, qui avait fait 16 morts et 13 blessés.

Le rapport final du comité comprend plusieurs recommandations pour améliorer la sécurité des autobus de passagers, dont les autocars et les autobus urbains.

Les députés concluent toutefois que les données contradictoires d’experts sur les ceintures de sécurité soulignent la nécessité d’étudier davantage cette question.

De telles ceintures de sécurité ne sont ni une panacée ni la seule solution pour accroître la sécurité des autobus scolaires, indiquent-ils, tout en reconnaissant qu’elles peuvent prévenir certains types de blessures.

Gary Lillico, un chauffeur d’autobus scolaire de la Colombie-Britannique qui militait pour imposer ces ceintures de sécurité, dit être déçu que les députés rejettent cette avenue malgré les nombreuses preuves qu’ils ont entendues.

Éducation

Il n'y aura pas de commission Parent 2.0, répond Legault à QS

L'idée de Québec solidaire (QS) d'instaurer une commission Parent 2.0 pour examiner l'état actuel du système d'éducation se bute à un obstacle majeur : le refus du premier ministre François Legault.

Sans se laisser décourager, la députée Christine Labrie, de QS, affirme qu'elle continuera de mettre de la pression sur le gouvernement. Elle soutient être appuyée par plusieurs groupes d'intérêts.