Samuel Brassard, Shanny Trudel, Cédric Ciani et Kavy Chan font partie du groupe d'étudiants du Cégep Limoilou qui s'occuperont de la gestion de l'hôtel Maison Sainte-Ursule jusqu'à dimanche prochain.

Les clés d'un hôtel à des étudiants

Une vingtaine d'étudiants en gestion hôtelière du Cégep Limoilou profitent de leur semaine de relâche pour se plonger dans le bain en gérant un hôtel à leur façon. Les proprios de l'hôtel Maison Ste-Ursule, dans le Vieux-Québec, ont accepté de leur confier les clés.
Ouvrant seulement l'été, durant le temps des Fêtes, lors du Carnaval et à Pâques, les propriétaires de la Maison Ste-Ursule ne croyaient pas vraiment que les étudiants allaient réussir à attirer de la clientèle durant la période morte du mois de mars. Ils ont été les premiers surpris de constater que leur petit hôtel de 15 chambres était bien occupé en fin de semaine dernière et que le samedi 18 mars affiche déjà presque complet. 
«Ils ont une nouvelle approche [...] Les jeunes apportent un enthousiasme que nous, on a un petit peu perdu, faut bien l'avouer», commente Maurice Decker, propriétaire de l'hôtel depuis 27 ans. C'est son partenaire Éric Rioux qui a lancé l'idée l'automne dernier de laisser les étudiants prendre possession de leur hôtel pendant une semaine. Une idée qui a tout de suite suscité l'enthousiasme du groupe de première année, raconte l'enseignante Claudia Larochelle.
La vingtaine de volontaires, dont les plus jeunes ont 17 ans, travaillent sur le projet depuis le mois de décembre. Ils se sont choisi un directeur général et ont réparti les tâches. Le groupe a beaucoup misé sur les médias sociaux pour faire connaître cet hôtel convivial. «On a remis en fonction le site web, on a fait de la promotion par Facebook de façon plus intensive, on a créé un compte Instagram et des capsules d'information», énumère Cédric Ciani, l'étudiant nommé directeur général de l'hôtel pour la semaine. 
Éric Rioux soutient qu'ils avaient besoin de «se remettre à jour» et que cette contribution arrive comme une bouffée d'air frais. «Je suis très satisfait jusqu'à maintenant, même surpris. Ça donne quasiment le goût d'aller s'asseoir sur les bancs d'école avec eux!», lance-t-il en riant. 
Les jeunes ont décidé d'inclure des petits-déjeuners dans le prix de la chambre, et ont concocté des forfaits avec le Musée de la civilisation, le Café 47, le chocolatier Érico, Paillard et les calèches. Ils ont également pu se familiariser avec le site de réservation Booking.com, ce qu'ils n'ont pas le loisir d'essayer à l'école. 
«Tout le monde apprend»
Les propriétaires souhaitent que l'initiative des étudiants les aide ensuite à dénicher de la clientèle sur le web par eux-mêmes, sans toujours avoir à passer par ce site de réservation en ligne, qu'ils qualifient de «mal nécessaire», car il conserve 15 % du prix de chambre. «Tout le monde va apprendre quelque chose de cette expérience», indique M. Decker. 
Claudia Larochelle est contente de pouvoir «donner l'heure juste sur l'hôtellerie» aux étudiants dès leur deuxième session. «Ça va donner un sens à tous nos cours après parce qu'on va pouvoir rattacher la théorie à cette expérience-là», explique-t-elle. 
Dès la première soirée d'ouverture, les étudiants ont eu à confronter des problèmes et à rajuster le tir. Ils n'avaient pas pensé à fournir de la glace aux clients, ou à prêter un tire-bouchon. «Mais tout le monde est passionné et fait bien son travail parce qu'on sait qu'il y a un client derrière à satisfaire», soumet Cédric Ciani. 
Les propriétaires de l'hôtel et les étudiants se sont entendus sur un partage des bénéfices de la semaine. L'argent récolté par les jeunes servira à financer une autre immersion dans des hôtels de Las Vegas en 3e année. 
Le Cégep Limoilou, qui offre des techniques en tourisme, en gestion hôtelière et en restauration, met à la disposition de ses étudiants une chambre, un restaurant et un bar pédagogiques. Mais pour Cédric Ciani, gérer un hôtel «pour vrai» est plus formateur et permet de créer une solidarité entre les étudiants.