Même si son enveloppe extérieure est neuve (revêtement, toiture et fenestration), le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement estime que l'école Leventoux de Baie-Comeau est vétuste à près de 50 %. La Commission scolaire de l'Estuaire estime plutôt cet indice à moins de 20 %.

Le plus haut «indice de vétusté» à la Commission scolaire de l'Estuaire

Autant la Commission scolaire de l'Estuaire, sur la Côte-Nord, que celle de la Capitale, à Québec, conviennent qu'il y a du chemin à faire pour mettre à niveau l'ensemble des établissements qu'elles gèrent, mais elles refusent toutes deux d'affirmer que leurs bâtiments sont désuets même si elles reçoivent une cote «très mauvais».
Selon des chiffres émanant du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, la commission scolaire (CS) de l'Estuaire aurait le plus haut «indice de vétusté» de toutes les commissions scolaires du Québec, ce taux s'élevant à 40,99 %. Elle devance la Commission scolaire de Montréal, à 40,15 %. Quant à la commission scolaire de la Capitale, la moins bien notée de la région de Québec, elle se situe à 30,04 %.
«Ça me surprend qu'on ressorte comme la commission scolaire ayant le plus gros déficit d'entretien au Québec. Nous, on sait qu'on est à jour», a fait valoir le directeur général de l'Estuaire, Alain Ouellet. «Ce qu'on voit dans les reportages à Montréal avec des écoles fermées, des moisissures, des tuiles qui manquent au plafond, on est loin de se comparer à ça.»
La présidente de la commission scolaire a d'ailleurs rappelé à l'ensemble de la population qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter sur l'état des établissements. «Il n'y a aucun danger dans nos écoles, a lancé Ginette Côté. Il n'y a aucune moisissure, il n'y a pas de toiture qui coule, les fenêtres ont été changées.»
«Pour nous, 30 %, ça nous donne un état de situation du parc immobilier. C'est un outil de prise de décision. On peut assurer la population que l'ensemble de nos bâtiments sont sains et sécuritaires», a souligné le directeur des ressources matérielles de la CS de la Capitale, Éric Fortin, qui préférerait parler de «taux d'investissement» plutôt que de taux de vétusté. 
Ce taux représente un pourcentage de la valeur réelle du bâtiment. Ainsi, si on estime qu'une école, évaluée à 10 millions $, nécessite des travaux de 3 millions $, son indice de vétusté s'établit à 30 %.
Le directeur Fortin rappelle aussi que la moyenne d'âge des bâtiments de l'organisation est de 52 ans et que le peu d'investissements faits dans les années 90 en raison des années de lutte au déficit du gouvernement nécessite «du rattrapage».
Autre portrait
Alain Ouellet ne nie pas les chiffres devant lui, «mais on ne sait pas sur quoi s'est basé le ministère pour établir l'indice de vétusté». C'est que, par exemple, selon les données, l'indice de vétusté de l'école Leventoux s'établit à 48,7 %. Pourtant, l'établissement a fait l'objet de rénovations extérieures complètes l'an dernier.
Ginette Côté met aussi en lumière que le portrait des commissions scolaires dressé par les chiffres n'est peut-être pas le même pour toutes. «Nous, dans le logiciel, on a noté tous les besoins, comme les stationnements et la plomberie, mais certaines (commissions scolaires) ne le notent pas. Donc, quelques-unes peuvent avoir d'excellents résultats, mais nos écoles sont peut-être moins vétustes que les leurs.»