Au cours de l'année 2012-2013, 399 050 jours d'assurance salaire ont été versés aux enseignants, pour un total de 98,9 millions $.
Au cours de l'année 2012-2013, 399 050 jours d'assurance salaire ont été versés aux enseignants, pour un total de 98,9 millions $.

Le nombre de congés de maladie atteint un sommet chez les profs

Daphnée Dion-Viens
Daphnée Dion-Viens
Le Soleil
Le nombre de jours de congé de maladie chez les enseignants a atteint un sommet depuis cinq ans.
Au cours de l'année 2012-2013, 399 050 jours d'assurance salaire ont été versés aux enseignants, pour un total de 98,9 millions $. En comparaison, en 2008-2009, le nombre de jours d'assurance salaire était de 394 114 selon des statistiques du ministère de l'Éducation obtenues par Le Soleil en vertu de la loi d'accès à l'information.
Ces données n'étonnent pas la Fédération des syndicats de l'enseignement. «Ça correspond au discours qu'on entend sur le terrain. Les profs n'en peuvent plus. On nous en demande de plus en plus et on nous donne de moins en moins de services. Les coupes sont bien réelles dans les commissions scolaires», affirme sa présidente, Josée Scalabrini.
Les enseignants ne sont toutefois pas plus nombreux à partir en congé de maladie. Environ 8850 profs ont dû s'absenter de leur travail pour des raisons de santé en 2008-2009 contre 8712 en 2012-2013. La durée moyenne des congés de maladie s'est donc légèrement accrue au fil des ans, passant de 44 à 45 jours.
«Ce n'est pas facile de partir en congé de maladie. Quand les gens partent, ils sont vraiment au bout du rouleau», laisse tomber Mme Scalabrini.
Du côté de la Fédération des commissions scolaires (FCSQ), on s'étonne de ces chiffres puisque le taux d'absentéisme serait plutôt en baisse depuis quelques années, affirme sa porte-parole, Caroline Lemieux. Toutefois, les données de la FCSQ concernent l'ensemble du personnel scolaire, qui comprend les enseignants, mais aussi les employés de soutien et les professionnels.
Causes des absences
Mme Lemieux rappelle que les commissions scolaires réclament toujours une étude au ministère de l'Éducation pour comprendre les causes des absences prolongées de leurs employés.
En 2011, lorsque la FCSQ a réclamé pour la première fois cette étude, elle estimait que près de 50 % des absences étaient causées par des problèmes de santé mentale comme l'épuisement professionnel, la dépression ou l'anxiété, une proportion comparable à d'autres secteurs, affirmait-on alors.
Les commissions scolaires aimeraient en apprendre davantage sur l'origine de ces problèmes de santé mentale - qui peuvent être causés par des troubles professionnels, personnels ou un amalgame des deux - afin de mettre en place des solutions.
De son côté, le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, s'est dit lui aussi préoccupé par l'absentéisme chez les enseignants. «On sait que c'est des emplois qui sont assez difficiles», a-t-il affirmé lors de l'étude des crédits budgétaires.