Le solidaire Gabriel-Nadeau Dubois et le péquiste Alexandre Cloutier ont participé à un point de presse conjoint à l'Assemblée nationale. Ils ont réclamé la fin de la ségrégation scolaire.

Le mouvement contre la ségrégation scolaire prend de l’ampleur

Le Parti québécois et Québec solidaire disent avoir brisé un tabou politique mardi en soutenant le Mouvement L’école ensemble, qui réclame la fin de la ségrégation scolaire.

«Le mot de «ségrégation scolaire», c’est un mot fort, c’est un mot qui peut déranger, c’est un mot même qui peut choquer, mais c’est un mot qui est nécessaire pour sonner l’alarme et pour souligner une situation qui ne peut plus durer», croit Gabriel Nadeau-Dubois, de Québec solidaire.

À ses côtés lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale, Stéphane Vigneault, coordonnateur du Mouvement L’école ensemble. Comme des milliers de parents et de citoyens qui appuient ce mouvement créé en juin dernier, il souhaite la fin des subventions à l’école privée et la fin de la sélection dans les programmes particuliers des écoles publiques. Le tout afin que les élèves en difficulté puissent côtoyer les doués et ceux dont les parents sont plus riches puissent jouer avec les moins bien nantis dans la cour de récréation. 

Alexandre Cloutier, du Parti québécois, croit que le gouvernement doit prendre «à bras-le-corps» la problématique soulevée par le Conseil supérieur de l’éducation dans son rapport publié l’an dernier, soit le fait que l’école québécoise est la plus inégalitaire au Canada. M. Cloutier estime qu’au moment où le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx lance le Lab-école, qui vise à mieux aménager les lieux physiques où les enfants évoluent, «il y a un éléphant dans la pièce». Il demande à M. Proulx «d’ouvrir un vrai débat de société sur l’importance du vivre-ensemble et de la mixité sociale au Québec.»

Alors que Nadeau-Dubois appuie sans réserves le mouvement, Cloutier est resté plus vague. En congrès en septembre dernier, le PQ avait comme position officielle la réduction progressive du financement des écoles privées. 

Le gouvernement libéral a refusé d’appuyer la motion que Québec solidaire a présentée en chambre mardi, en désaccord avec la demande de couper les vivres aux écoles privées. Le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx a toutefois répété mardi être sensible aux questions d’inclusion et d’inégalités, mais il ne souhaite pas mettre fin aux projets particuliers. 

L’école ensemble a aussi reçu mardi des appuis de la Fédération des comités de parents, de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et du Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage.