Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, n'intervient pas souvent dans les discussions des 100 «crinqués», mais son attachée de presse et son attaché politique posent des questions et font une synthèse des réponses.

Le ministre Proulx s'entoure de 100 «crinqués» pour le conseiller

Pour le guider dans ses décisions, le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, a réuni autour de lui une centaine de «crinqués», qui ont à coeur de faire progresser le réseau.
«Les 100» est devenu il y a quelques semaines une sorte de groupe-conseil virtuel pour le ministre. Ces 100 enseignants, directeurs et pédagogues de différents milieux utilisent la plateforme de partage Slack pour échanger sur divers sujets, dans leurs temps libres et de façon bénévole.
«En éducation, un ministre, ça a toujours été vu comme étant bien loin, dans une tour d'ivoire. Mais là, ça crée vraiment une nouvelle dynamique. C'est très rafraîchissant», exprime Sylvain Bérubé, enseignant de français à l'école secondaire De Rochebelle, à Québec, et membre du groupe «Les 100». 
L'idée de ce groupe-conseil a été lancée en mars dernier, au congrès du Rendez-vous des écoles francophones en réseau (REFER). Le ministre s'est immédiatement assis avec une poignée d'enseignants pour en discuter. Le 26 mai, il a envoyé une lettre aux futurs membres du groupe pour le constituer et le 12 juin, il a reçu à son cabinet une douzaine de membres, qui forment en quelque sorte son comité directeur. 
«Je souhaite m'entourer d'un groupe de crinqués motivés qui ont à coeur l'éducation et qui vivent au quotidien les réalités de nos établissements scolaires parce que c'est ce qui me permettra d'échanger en temps réel et de prendre le pouls du terrain», écrit le ministre dans sa lettre du 26 mai. 
À ce moment-là, le ministre proposait des discussions sur la façon d'implanter l'enseignement du codage dans les écoles, sur le nombre d'heures de formation continue à donner aux enseignants par année et sur la façon de valoriser leur travail.
«De tous les horizons»
D'autres discussions ont par la suite été lancées sur la façon d'accompagner les élèves en difficulté, sur les examens, la littéracie, etc. «Il y a vraiment des gens de tous les horizons, qui ne pensent pas tous la même chose et c'est stimulant», soutient M. Bérubé. 
Le ministre Proulx n'intervient pas souvent dans les discussions, mais son attachée de presse Marie Deschamps et son attaché politique Jean-François Helms posent des questions et font une synthèse des réponses, indique M. Bérubé.
Pour l'enseignant de français qui est très actif sur Twitter depuis huit ans, ce groupe-conseil est du jamais-vu en éducation, où la hiérarchie et la bureaucratie sont normalement très «lourdes» et difficiles à mettre en mouvement. «Il y a une volonté de vouloir bouger un peu plus au rythme de la société», croit Sylvain Bérubé. 
Remerciements
En fin de semaine, sur Twitter, le ministre Sébastien Proulx a remercié les membres de «Les 100» pour leur passion et leur implication. «Faire les choses autrement, c'est possible!» a-t-il écrit. 
M. Bérubé précise que certains membres du groupe préfèrent garder l'anonymat, conscients «qu'ils sont privilégiés» d'en faire partie. L'enseignant raconte que ce n'est pas le ministre lui-même qui a construit la liste des gens qu'il voulait consulter, mais bien le petit groupe du départ qui lui a fait des propositions.