Lü, un jeu immersif, est en essai au Patro de Lévis. L'entreprise SAGA compte livrer une trentaine de jeux d'ici la fin de 2017, et une centaine l'an prochain, dans différents pays.

Le jeu immersif Lü à la conquête de la planète

Dans le gymnase du Patro de Lévis, le bon vieux panier de basket sera souvent remplacé par Lü, un jeu vidéo immersif projeté au mur.
Divisés en équipes, les enfants doivent se faire des passes avec un ballon avant de viser des cibles au mur et ainsi accumuler des points. Ils doivent ensuite viser des lettres afin de bien épeler un mot. Leurs efforts sont récompensés par des animations colorées.
«Un peu comme tout le monde, j'ai vu ça passer sur le Web. Ça a été viral un peu, cette histoire-là», raconte Pascal Brulotte, directeur général du Patro de Lévis. Ce qu'il a vu, c'est la vidéo de l'entreprise multimédia SAGA de Québec, qui a testé son idée auprès des internautes en février dernier. Quelque 25 millions de visionnements plus tard, l'entreprise était prête mardi à lancer son produit, qui permet aux joueurs de bouger tout en ayant l'impression de faire partie d'un jeu vidéo.
Originaire de Lévis, le président de SAGA, Vincent Routhier, a fait un prix d'ami au centre communautaire, qui est devenu mardi le tout premier gymnase transformé par Lü. Au plafond, de grosses boîtes comprennent des caméras 3D qui réagissent aux mouvements des joueurs en temps réel. Un système de son et d'éclairage intégré permet de créer une expérience distincte.
«Au lieu de combattre le fléau des cellulaires et des tablettes, on s'est dit qu'on allait prendre la technologie et s'en servir pour faire bouger ceux qui sont moins sportifs», exprime M. Brulotte. Le jeu est dès maintenant disponible pour les jeunes qui fréquentent le Patro les soirs après l'école ou les fins de semaine. Il pourrait également être proposé aux adultes dans d'autres formules.
Pour M. Routhier, c'était l'aboutissement mardi de plusieurs mois de travail. «On a développé ça en partenariat avec des professeurs d'éducation physique et des jeunes, qui nous ont aidés à améliorer les concepts», explique-t-il.
Lorsque sa vidéo est devenue virale, l'hiver dernier, l'entrepreneur a reçu des centaines de commandes de partout à travers le monde et des demandes d'entrevues de plusieurs médias. Afin de pouvoir mieux exporter le produit, il a décidé de préassembler toutes les composantes dans ses bureaux du quartier Saint-Roch, à Québec. SAGA compte livrer environ une trentaine de jeux Lü d'ici la fin 2017 et une centaine l'an prochain, dans différents pays. «On est en train de bâtir quelque chose qui génère de l'engouement pratiquement par lui-même», se réjouit M. Routhier. 
Pas la réalité virtuelle
Père de deux fillettes, M. Routhier ne voudrait pas qu'elles passent des heures à l'école avec un casque de réalité virtuelle sur la tête. Parce que cette technologie isole davantage qu'elle ne rassemble.
«Il y a une chose à laquelle on croit. On doit garder les gens en relation les uns avec les autres dans le monde physique, ne pas les isoler, comme le téléphone le fait.» M. Routhier explique qu'il travaille quant à lui en réalité augmentée, ce qui est très différent.
Pour le moment, des jeux éducatifs ont été créés en français, en mathématiques et en géographie sur Lü. Des jeux pour améliorer certaines techniques au football, au soccer ou au basketball sont également en préparation. SAGA est en discussion avec des chercheurs à l'heure actuelle, afin de valider si ce qu'elle fait d'instinct est positif et voir si ses jeux ont un impact réel sur la forme physique ou l'apprentissage des jeunes.