Le taux de réussite des élèves de sixième année à l'épreuve d'écriture a encore chuté entre 2005 et 2006.

Le français des élèves du primaire continue de se détériorer

Au primaire, les résultats des élèves en français continuent de se détériorer, confirmant la tendance observée depuis la mise en place de la réforme en 2000.
Le taux de réussite des élèves de sixième année à l'épreuve d'écriture a encore chuté entre 2005 et 2006, passant de 83 % à 81 %. En 2000, ils étaient pourtant 90 % à réussir cet examen.
Les chiffres de 2006 sont les résultats les plus récents compilés par le ministère de l'Éducation. Le document de travail remis au Soleil fait aussi état d'un écart grandissant entre filles et garçons : 89 % des écolières ont réussi l'épreuve de français, contre 74 % pour leurs camarades de classe. En 2005, 78 % des garçons obtenaient la note de passage, contre... 89 % en 2000.
Ces résultats confirment la tendance observée entre 2000 et 2005, qui a fait l'objet d'un rapport remis il y a deux ans à la Table de pilotage sur le renouveau pédagogique. À la lumière de ces résultats décevants, Québec avait alors annoncé un important virage afin de «réformer la réforme».
Depuis, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a aussi présenté en février un plan d'action pour l'amélioration de l'enseignement du français, qui a reçu un accueil plutôt favorable. La plupart des 22 mesures comprises dans ce plan sont en vigueur depuis septembre.
Les résultats détaillés de l'année 2006 nous apprennent que c'est l'orthographe qui a donné le plus de fil à retordre aux élèves : 77 % ont réussi ce critère en 2005 contre 68 % en 2006. Les erreurs les plus fréquentes sont d'ordre grammatical, peut-on lire dans le document. Pour réussir cet examen, l'élève doit faire moins de 10 % de fautes dans un texte.
Parmi les cinq éléments évalués (vocabulaire, syntaxe et ponctuation, pertinence et suffisance des idées, organisation du texte, orthographe), la syntaxe et la ponctuation est le seul critère qui a été mieux réussi qu'en 2005, même si le score reste inférieur à celui de 2000. Le rapport du ministère stipule que «les taux de réussite constituent une base valable de comparaison pour les trois années retenues étant donné que les conditions d'échantillonnage et de correction sont les mêmes». Il recommande «d'apporter des correctifs nécessaires pour favoriser une meilleure réussite chez les élèves».
Résultats décevants
À la Fédération des syndicats de l'enseignement, on juge ces résultats décevants. La porte-parole, Sylvie Lemieux, a réitéré «l'urgence de poursuivre la réforme de la réforme en cours», notamment en revoyant les programmes de français afin de mettre l'accent sur l'acquisition de connaissances.
Fin octobre, le ministère publiait un premier document précisant les connaissances à acquérir en orthographe et en conjugaison au primaire. D'autres documents du même genre suivront au cours des prochains mois.
Parmi les mesures comprises dans le plan d'action de la ministre Courchesne, on trouve aussi des séances de lecture quotidienne, la rédaction d'un texte par semaine de même que l'embauche de nouveaux bibliothécaires et de conseillers pédagogiques en français. Les exigences de réussite à l'épreuve d'écriture de sixième année seront aussi rehaussées, notamment en orthographe.