Jean-Luc Lavoie, attaché politique du nouveau ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx (photo), a démissionné de son siège de commissaire à Sainte-Foy, dans la commission scolaire des Découvreurs.

L'attaché politique du ministre Proulx provoque une élection scolaire

Le mini-remaniement ministériel de lundi aura comme effet collatéral de déclencher une élection partielle à la commission scolaire des Découvreurs. Jean-Luc Lavoie, attaché politique du nouveau ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, a démissionné de son siège de commissaire à Sainte-Foy.
M. Lavoie a envoyé sa lettre de démission à la commission scolaire des Découvreurs mardi. Élu depuis novembre 2011 dans la circonscription Pie-XII-Des Compagnons, M. Lavoie dit «qu'il quitte son poste pour des raisons professionnelles».
«C'est afin d'éviter toute apparence de conflit d'intérêts», explique Anne-Catherine Couture, attachée de presse du ministre Proulx. Jean-Luc Lavoie n'est pas directement un employé du ministère de l'Éducation, mais il est tout de même employé du cabinet du ministère de la Famille, qui relève aussi de M. Proulx.
La Loi sur les élections scolaires prévoit que tout fonctionnaire travaillant au ministère de l'Éducation n'est pas admissible à être commissaire scolaire.
«À moins d'avis contraire, il va y avoir une élection scolaire. Selon la loi, on est tenus de nommer un président d'élection d'ici 30 jours et de tenir une élection d'ici 4 mois», explique Alain Vézina, porte-parole des Découvreurs.
Le ministre Proulx a fait savoir au Soleil qu'il n'a pas l'intention de bloquer ce scrutin. «La loi actuelle en matière d'élections scolaires s'applique», affirme Mme Couture.
<p>Jean-Luc Lavoie, attaché politique du ministre de l'Éducation</p>
Projet de loi 86
Ce scrutin survient alors que le projet de loi 86, qui est actuellement étudié en commission parlementaire, prévoit l'abolition des élections scolaires. Il prévoit aussi que les commissaires élus ne finissent pas leurs mandats et soient rapidement remplacés par des parents, du personnel des écoles et des membres de la communauté, qui travailleront bénévolement.
Comme nouveau porteur de ballon de ce projet de loi, M. Proulx a décidé de ne pas intervenir. Son prédécesseur François Blais avait bien tenté d'empêcher la tenue de telles élections partielles cette année, sans succès.
L'été dernier, la commission scolaire de la Capitale avait été obligée de tenir une élection partielle - qui a coûté 50 000 $ - pour combler un siège laissé vacant par un haut fonctionnaire, qui se trouvait lui aussi en possible conflit d'intérêts.
En novembre, le ministre Blais a déposé un projet de loi pour suspendre toute élection scolaire partielle, qui visait expressément à bloquer un tel scrutin à la commission scolaire English-Montréal, déclenchée à la suite d'un décès. Le ministre n'aura toutefois pas eu le temps de faire adopter son projet de loi par l'Assemblée nationale.