L'Association québécoise des CPE poursuit la mobilisation

Isolée, l'Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) ne mettra pas fin à sa mobilisation même si Québec a réduit de 70 millions $ à 51 millions $ les compressions demandées aux CPE.
Le ministère de la Famille a maintenant en poche des ententes de principe avec trois des quatre associations qui représentent les services de garde subventionnés au Québec.
Après les accords intervenus avec les garderies privées subventionnées, lundi soir, et les CPE du Conseil québécois de services de garde éducatifs à l'enfance (CQSGEE), la semaine dernière, l'AQCPE - le plus gros joueur du réseau - reste la seule à prendre la rue. 
Son président, Louis Senécal, a appelé mardi «la population à poursuivre ses actions de mobilisation». Il demande toujours l'annulation complète des compressions et une rencontre avec le nouveau ministre de la Famille, Sébastien Proulx. 
Le jour même, la présidente du CQSGEE, Francine Lessard, a dévoilé les termes de l'entente «efficiente, équitable et viable», dont elle se dit très satisfaite. En somme, souligne-t-elle, les CPE devaient absorber 70 des 120 millions $ que Québec veut imposer en compressions l'an prochain. Cette somme a été ramenée à 51 millions $, affirme-t-elle, ce qui représente un effort de 14 millions $ de plus que cette année pour les CPE. 
L'entente comprend aussi des gains pour les CPE, estime Mme Lessard. Il est question d'argent supplémentaire pour le développement de la garde atypique (5,7 millions $), l'approche éducative (12 millions $) et une allocation transitoire d'un an pour s'adapter au nouveau mode de financement (20 millions $). 
La présidente Lessard se félicite d'avoir donné une autre chance à la négociation avec Québec. À son avis, il est «évident que l'entente s'appliquera à tous les CPE», malgré le mécontentement de l'AQCPE. 
L'AQCPE «reste debout»
«Nous laissons à d'autres le soin de se réjouir de la manière dont ces compressions viendront affecter les services aux familles, a déploré M. Senécal, de l'AQCPE. Quant à nous, nous restons debout avec les familles et entendons défendre l'intégralité de notre mission éducative. Partout au Québec, les parents se mobilisent pour demander au ministre d'annuler les compressions.»
Il n'a pas été possible d'obtenir de commentaire du côté du nouveau ministre, mardi. M. Proulx devrait réagir mercredi matin, à l'entrée du conseil des ministres. 
Pour sa part, l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ) n'a pas voulu dévoiler les détails de son entente avec le gouvernement. Son président, Samir Alahmad, admet qu'il a dû «mettre de l'eau dans son vin». «Ce n'est pas l'entente du siècle», a-t-il indiqué au Soleil, ajoutant qu'elle était quand même satisfaisante dans les circonstances.