Selon Jérémie Bédard-Wien, porte-parole de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), les manifestations du printemps n'ont pas eu lieu en vain.

L'ASSÉ lance un appel à la mobilisation après un congrès mouvementé

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) entend maintenir la pression pour lutter contre les politiques d'austérité du gouvernement Couillard, en lançant un appel à «diverses mobilisations et perturbations» qui pourraient se poursuivre jusqu'à l'été.
<p>La porte-parole intérimaire de l'ASSÉ Hind Fazazi</p>
La porte-parole intérimaire de l'ASSÉ, Hind Fazazi, a tenu un point de presse, lundi matin, à la suite d'un congrès mouvementé tenu en fin de semaine à Salaberry-de-Valleyfield. L'exécutif a démissionné en bloc avant de se faire destituer de façon symbolique. Au coeur de la controverse; une lettre de réflexion du comité exécutif envoyée la semaine dernière sur la pertinence de reporter les manifestations à l'automne pour faire front commun avec les grandes centrales syndicales.
«La destitution était discutée dans les associations parce qu'il y avait un sentiment grandissant d'insatisfaction», a expliqué Mme Fazazi. Bien que le congrès reconnaisse le travail que notre conseil exécutif sortant a effectué durant la dernière année pour la mobilisation étudiante, nous considérons que la lettre de réflexion qui nous a été envoyée dans les derniers jours était à portée "démobilisante" et était envoyée dans un intervalle trop court du congrès», a-t-elle ajouté.
«Pour l'ASSÉ, le congrès est l'instance souveraine où on prend des décisions par rapport à la suite de notre lutte. Le congrès a donc condamné les agissements du conseil exécutif et cette lettre-là, car elle serait contraire aux structures de la démocratie directe, a poursuivi la porte-parole. Tous les textes de réflexion à l'ASSÉ sont encouragés. On croit que c'est tous ensemble réunis qu'on doit prendre des décisions quant à la lutte à venir et cette lettre-là, en ce sens, n'était absolument pas la bienvenue. Ce qui explique la destitution symbolique.»
Comité de transition
Les membres réunis ont élu un comité de transition qui prendra les rênes de l'association jusqu'au congrès annuel prévu les 25 et 26 avril. Un nouvel exécutif y sera élu. D'ici là, l'ASSÉ a senti le besoin de lancer un appel à la mobilisation pour poursuivre la lutte amorcée.
Elle invite notamment ses membres à participer à la Marche Action Climat du 11 avril à Québec. Le premier ministre Philippe Couillard accueillera ses collègues canadiens pour discuter des changements climatiques.
L'ASSÉ compte aussi organiser une manifestation nationale pour dénoncer les «arrestations, les expulsions et la répression politique» dont elle se dit victime.
Mme Fazazi fait référence, entre autres, à un commentaire du ministre de l'Éducation, François Blais, sur les ondes de CHOI au cours duquel il proposait aux universités «d'expulser deux ou trois étudiants» par jour s'ils bloquaient l'accès à ceux qui s'opposaient à la grève. «L'intimidation et le profilage politique ne sont pas acceptés par l'ASSÉ», a répliqué la porte-parole.
La Fondation 1625 dénonce le «climat de violence» de l'ASSÉ
Après avoir interprété la dissension qui règne à l'Association pour une solidarité syndicale étudiante comme un signe de faiblesse du mouvement, la Fondation 1625, qui soutient les étudiants victimes de la grève, condamne la violence dont auraient été la cible des membres démissionnaires de l'ASSÉ.
«C'est dégueulasse. Ça fait des années qu'on dit qu'il y a un climat de violence dans l'ASSÉ. C'est un autre exemple éloquent pour le ministre Blais que les étudiants sont pris en otage», lance Miguaël Bergeron, l'un des porte-parole de la Fondation.
«Nous, on reste sur le terrain et on en profite pour condamner la violence. On ne comprend pas que le ministre [de l'Éducation] refuse d'agir», ajoute-t-il.
Dans un communiqué, la Fondation dit avoir pris connaissance sur la page Facebook d'Emmanuelle Arcand, membre démissionnaire du comité exécutif, de la «violence inouïe» qui régnerait au sein de l'association. Elle dit avoir été insultée et avoir reçu des roches lors d'une manifestation parce qu'elle était parmi ceux qui souhaitaient reporter les grèves à l'automne.
La porte-parole provisoire de l'ASSÉ, Hind Fazazi, s'est dissociée, lundi matin, des gestes de violence qui auraient été commis, sans pour autant vouloir les condamner.
Effritement à Québec et dans l'est
Au plus fort de la grève débutée il y a deux semaines, quelque 20 000 étudiants de l'Université Laval étaient touchés. En date de lundi, 3000 étudiants de 16 associations étaient susceptibles de reconduire un vote de grève générale dès cette semaine. Le vote pourrait avoir lieu mardi et mercredi. De ce nombre, sept associations sont affiliées à l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ). Au collégial, aucun cégep de la région n'est en grève, indépendamment de leur affiliation. Ceux de Sainte-Foy et Garneau ont déjà dit «non» à une journée de grève ponctuelle. Au Cégep Limoilou et celui de Lévis-Lauzon, aucun vote de grève n'est prévu. L'Association générale des étudiants du Cégep de la Gaspésie et des Îles-Campus de Carleton-sur-Mer a tenu une journée de grève le 1er avril et celle de Matane le lendemain. Cette dernière tiendra une assemblée le 8 avril pour décider s'il y a reconduction de la grève. L'association des étudiants de Rivière-du-Loup consultera ses membres mardi.