Les quelque 200 tuteurs de la TÉLUQ sont en grève générale illimitée depuis le 28 janvier. Cette grève affecte la session universitaire d’environ 7000 personnes qui ont fait le choix d’étudier à distance.

La TÉLUQ permet à des étudiants de réussir un cours non complété

Paralysée par la grève de ses tuteurs, l’université TÉLUQ a commencé à accorder des notes S pour «exigences satisfaites» à des étudiants qui n’ont pas complété leur cours. Le syndicat des tuteurs craint que la TÉLUQ ne devienne ainsi une «usine de diplômes à rabais».

Le Soleil a obtenu copie d’une note interne envoyée à tous les étudiants au baccalauréat lundi qui indique que des «mesures spéciales» ont été adoptées. Les étudiants touchés par la grève peuvent abandonner un cours sans pénalité, prendre davantage de temps pour le terminer, ou carrément réussir leur cours, même s’ils n’ont pas encore vu toute la matière ou passé tous les examens.

«Les étudiants touchés par la grève inscrits avant le 28 janvier 2019 inclusivement et pour lesquels une note finale n’a pas été attribuée pourront recevoir la notation S [exigences satisfaites] s’ils se trouvent en situation de réussite et qu’ils en font la demande au Registrariat», stipule la note interne. 

Mesure exceptionnelle

La direction de l’université explique qu’il s’agit d’une «mesure exceptionnelle», prise pour faire en sorte que le cheminement des étudiants ne soit pas perturbé. «C’est vraiment à cause de la grève des tuteurs qu’on doit en venir là. Ce sont les professeurs qui devront évaluer ce qui a déjà été fait par l’étudiant et décider si la note S peut être accordée», explique Marie-Thérèse Brunelle, directrice des communications à la TÉLUQ. 

Mme Brunelle ne craint pas pour la valeur du diplôme qui sera accordé en bout de piste. «La note n’est pas donnée à rabais, comme ça. Ça fait l’objet d’une évaluation», plaide-t-elle. 

Peu de sérieux

Le Syndicat des tuteurs et tutrices de la TÉLUQ ne voit pas les choses du même œil. «On s’étonne du peu de sérieux que la TÉLUQ accorde à ses diplômes», lance sa présidente Nancy Turgeon. 

Selon elle, la note S est quelque chose de «totalement nouveau», qui risque de ne pas être reconnu par les autres universités. «On trouve ça inquiétant pour les étudiants. On ne veut pas que notre université soit perçue comme une usine de diplômes à rabais.»

Mme Turgeon estime que la TÉLUQ, en tant que membre du réseau public de l’Université du Québec, doit d’être «à la hauteur de la réputation du réseau».

Direction fragilisée

Cet épisode s’ajoute selon la présidente du syndicat au contrat que la TÉLUQ avait signé avec l’Institut MATCI et qui a fait l’objet d’une enquête du ministère de l’Éducation. Des «irrégularités» à ce contrat ont fait en sorte que le dg de la TÉLUQ Martin Noël a été relevé provisoirement de ses fonctions l’été dernier. 

Les quelque 200 tuteurs de la TÉLUQ sont en grève générale illimitée depuis le 28 janvier. Cette grève affecte la session universitaire d’environ 7000 personnes qui ont fait le choix d’étudier à distance.