Le député Sébastien Schneeberger soutient que le mot négligence est flou dans la Loi sur la protection de la jeunesse et qu'il faut le clarifier pour y inclure le volet scolaire. «Le gouvernement n'est pas capable d'identifier ni de repérer les jeunes qui ne suivent pas une éducation appropriée. Résultat : on les laisse tomber», a-t-il déploré.

La CAQ veut donner plus de pouvoir à la DPJ sur l'éducation

La Coalition avenir Québec (CAQ) propose de donner plus de pouvoirs à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), pour qu'elle puisse débarquer dans les écoles clandestines ou illégales et contraindre les enfants qui y sont à fréquenter une école qui respecte le programme scolaire du ministère de l'Éducation.
Les députés Jean-François Roberge et Sébastien Schneeberger ont demandé à l'Assemblée nationale mercredi de profiter du projet de loi 99, qui modifiera la Loi sur la protection de la jeunesse, pour donner des armes supplémentaires à la DPJ. Celle-ci pourrait s'assurer que tous les petits Québécois fréquentent l'école (ce que ne vérifie pas en ce moment le ministère de l'Éducation), et mieux enquêter sur les cas de négligence éducationnelle.
Selon M. Roberge, il faut qu'au Québec, le droit à l'éducation soit traité «sur le même pied que le droit à un toit, le droit d'être vêtu, le droit d'être nourri, le droit d'avoir des soins de santé». La CAQ se porte à la défense de milliers d'enfants qui fréquentent chaque année des écoles religieuses clandestines ou pratiquent le «unschooling», «c'est-à-dire qu'ils apprennent par eux-mêmes, on ne sait pas trop comment, sans supervision», ajoute M. Roberge.
M. Schneeberger soutient que le mot négligence est flou dans la Loi sur la protection de la jeunesse et qu'il faut le clarifier pour y inclure le volet scolaire. «Le gouvernement n'est pas capable d'identifier ni de repérer les jeunes qui ne suivent pas une éducation appropriée. Résultat : on les laisse tomber», a-t-il déploré.
Signalements
Rappelons qu'en juin dernier, la DPJ est intervenue dans deux écoles juives de Montréal pour enquêter sur des signalements de négligence. Quelques semaines plus tard, les dossiers ont été fermés parce que les enfants n'avaient subi aucun sévice physique et se développaient normalement. Les acquis éducationnels des enfants n'ont toutefois pas été évalués, les parents ayant certifié que leurs enfants bénéficient de l'école à la maison.
En chambre, le ministre de l'Éducation Sébastien Proulx s'est montré ouvert à donner plus de pouvoirs soit à la DPJ ou au ministère de l'Éducation pour cibler et intervenir auprès des enfants qui ne fréquentent pas une école reconnue par le ministère de l'Éducation et à «revoir l'encadrement» de l'école à la maison. «Il y a d'ailleurs un projet de loi qui est en rédaction à cet effet-là.»
La ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, a quant à elle affirmé qu'il «y aura des amendements» au projet de loi 99. «Nous adresserons cette question-là.»