«Bien honnêtement, la semaine dernière, je ne pensais pas que c'était un problème national majeur», a expliqué François Legault.

La CAQ en accord avec la hausse des frais de scolarité

Le gouvernement Charest n'est pas impressionné par le mouvement de grève d'étudiants universitaires.
Pour la 100e fois depuis un an, il a répété, mardi, que les hausses annoncées l'an dernier seront appliquées. Sur ce point précis, il peut compter sur l'appui de la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault.
Le chef caquiste a déclaré qu'il soutient l'augmentation de 325 $ supplémentaires par année pendant cinq ans des droits de scolarité à l'université.
«On est d'accord. On n'ira pas de façon irresponsable, comme le Parti québécois, prolonger un gel qui est là depuis trop longtemps», a affirmé François Legault.
Par contre, la CAQ bonifierait plus que ne l'a fait le gouvernement le programme de prêts et bourses afin de «protéger l'accessibilité». «On pense aussi qu'il faut regarder la possibilité d'avoir un remboursement proportionnel au revenu» de l'étudiant, une fois celui-ci entré sur le marché du travail, a dit le chef caquiste.
Certains à la Coalition avenir Québec se demandent s'il ne faudrait pas, aussi, se pencher sur un modèle où les droits de scolarité varieraient selon le champ d'études. Étudier en médecine pourrait coûter plus cher qu'étudier en philosophie, par exemple.
Le PQ pour le gel
Au Parti québécois, on rejette catégoriquement le plan de hausses à venir, courant de 2012 à 2017. La députée Marie Malavoy, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'enseignement supérieur, rappelle que son parti «rétablira le gel des frais de scolarité à la fin de la hausse en cours, celle de 2007-2012». Ce gel sera maintenu «jusqu'à la tenue d'un sommet sur l'enseignement supérieur et l'adoption d'une loi-cadre qui régira les droits de scolarité et les autres frais afférents».
Chez Québec solidaire, on prône «la gratuité scolaire de la maternelle à l'université». C'est, par ailleurs, le seul parti qui mettrait fin au financement public des écoles privées, s'il était porté au pouvoir.
«Leur juste part»
Le ministre des Finances, Raymond Bachand, a dit penser aux contribuables québécois, «qui paient une fortune pour les universités. C'est un bon investissement. Mais les étudiants doivent faire leur juste part».
Il souligne qu'un finissant universitaire gagnera plus d'argent qu'un citoyen qui n'aura qu'un cinquième secondaire en poche. Ce ne serait donc qu'«une simple question de justice sociale qu'il paie plus qu'il payait».
La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, estime que la très vaste majorité des étudiants des cégeps et des universités sont prêts à vivre avec les hausses prévues afin d'assurer un meilleur financement du réseau d'éducation postsecondaire.
Elle a d'ailleurs noté que seulement «11 000 étudiants sur 475 000 étudiants universitaires et collégiaux» étaient en grève, mardi, soit quelque 2 % du total.
«La plus grande perturbation, ce sont les grévistes qui la vivront dans leur vie personnelle.»