L'Université Laval ne souhaite pas interdire les initiations sur le campus, car ces fêtes de début d'année sont très précieuses pour permettre aux étudiants de tisser de premiers liens. Mais elle ne tolérera pas les dérapages.

Initiations: l'Université Laval prête à sévir en cas de dérapages

Si des étudiants dérapent et commettent des gestes dégradants lors des activités d'initiation prévues cette semaine, la direction de l'Université Laval se dit prête à imposer des sanctions.
Incitation à la consommation excessive d'alcool, harcèlement sexuel, intoxications forcées: la direction ne souhaite pas de «dérapages» pour la rentrée. «On veut vous dire qu'on est prêts à faire face. On va pas laisser aller des choses qui sont inacceptables», explique Robert Beauregard, vice-recteur exécutif, aux études et aux affaires étudiantes. Il a formulé ce commentaire lors d'une rencontre de la rentrée avec les médias, à laquelle ont participé la nouvelle rectrice Sophie D'Amours et son équipe de vice-recteurs.
La direction pourrait par exemple utiliser le règlement des études pour sanctionner un étudiant qui se serait mal comporté. Une association étudiante pourrait aussi perdre son accréditation si elle organise des activités à caractère douteux.
La rectrice ne souhaite pas interdire les initiations sur le campus, car ces fêtes de début d'année sont très précieuses pour permettre aux étudiants de tisser de premiers liens. «Le défi que l'on a, c'est de faire cette différence entre un geste qui est posé par un adulte dans sa vie d'adulte, et un geste qui est posé dans le cadre d'une institution», explique Mme D'Amours. «On est très sensibles à ça et on a les compétences pour, en fonction des différentes situations, trancher et intervenir.»
Dès le mois d'avril, la direction est entrée en contact avec toutes les associations étudiantes pour agir en prévention. «On a révisé les plans de chacune des assos, pour s'assurer que tout soit conforme», explique André Darveau, vice-recteur à l'administration. Environ 300 personnes ont été formées pour intervenir en cas de harcèlement sexuel. Ces vigiles seront présentes et s'engagent à rester sobres lors des activités d'initiation.
«On n'est pas à l'abri de mauvaises nouvelles, mais on a confiance en nos étudiants et on travaille avec eux, avec elles, pour que ces moments soient de bons moments», dit la rectrice de l'Université Laval, Sophie D'Amours.
L'Université Laval n'interdit pas la consommation d'alcool sur le campus, mais elle déploiera des agents de sécurité dans les bars et les endroits où un permis d'alcool a été octroyé cette semaine. «On n'est pas à l'abri de mauvaises nouvelles, mais on a confiance en nos étudiants et on travaille avec eux, avec elles, pour que ces moments soient de bons moments», exprime Mme D'Amours. 
Ces nouvelles procédures font suite aux dérapages qui ont fait les manchettes dans diverses universités l'an dernier, mais aussi à la série d'agressions sexuelles qui ont eu lieu dans les résidences de l'Université Laval en octobre. «L'Université Laval a vécu un moment très malheureux, mais on a surtout mis en évidence l'ampleur d'un phénomène», croit Mme D'Amours. Une grande mobilisation contre le harcèlement sexuel a suivi. La ministre de l'Enseignement supérieur Hélène David vient de déposer sa Stratégie d'intervention pour prévenir et contrer les violences à caractère sexuel. Cette stratégie, doublée d'un projet de loi, obligera tous les cégeps et les universités à agir.
Mme D'Amours admet que la dernière année a été «difficile» pour l'université. Elle a perdu un de ses professeurs dans l'attentat à la Mosquée de Québec, qui a été perpétré par l'un de ses étudiants. L'institution a également vécu plusieurs semaines de grève à la fin de l'hiver et un changement de garde au rectorat au printemps. 
«Tout ça a demandé beaucoup d'énergie à nos gens. Mais malgré tout ça, nous sommes en mouvement, ils en ont envie», croit la rectrice, qui juge que «l'ensemble de l'université s'est relevée.»
Hausse des inscriptions de 1%
Affectée par une grève générale des employés de soutien en pleine période d'admissions, l'Université Laval a tout de même réussi à attirer 43 000 étudiants pour la rentrée, une hausse de 1% par rapport à l'automne dernier. «Les effets de la grève, s'il y en a eus, ont été rattrapés et actuellement, ça va très bien, on est contents de ces chiffres-là», exprime Robert Beauregard, vice-recteur exécutif. Les étudiants en provenance du cégep sont moins nombreux, mais l'institution a compensé par une arrivée plus grande d'étudiants internationaux, qui comptent maintenant pour près de 13% de l'effectif. Malgré l'attentat à la Mosquée, M. Beauregard soutient que «la ville de Québec n'a pas si mauvaise presse» et qu'elle reste «une destination de choix pour les études». Les adultes qui font un retour aux études, veulent se spécialiser ou augmenter leurs connaissances sont également plus nombreux à Laval. «On sait que les connaissances ont une durée de vie plus courte aujourd'hui, donc c'est un besoin en croissance.»
Ailleurs dans la région
Baisse d'effectifs à l'UQAR
L'Université du Québec à Rimouski (UQAR) subit une baisse de clientèle pour la rentrée. Les deux campus, à Lévis et à Rimouski, se séparent environ à parts égales 6900 étudiants, ce qui représente une baisse de 3% par rapport à l'an dernier. «Si on additionne ça aux vagues successives de compressions budgétaires, c'est nos revenus qui s'effritent», se désole Jean-Pierre Ouellet, recteur de l'UQAR. M. Ouellet espère que le gouvernement changera cette année le mode de financement des universités, afin qu'il devienne « plus équitable». Cet enjeu ne ralentit toutefois pas l'ardeur de l'UQAR, qui continue à développer de nouveaux programmes. «On n'a pas les deux pieds sur le frein», assure M. Ouellet. Un nouveau baccalauréat en informatique en formule travail-études est offert à Lévis, de même qu'un diplôme d'études supérieures spécialisée en océanographie à Rimouski. Patricia Cloutier
Plus de profs à la TELUQ
Les inscriptions à l'université en ligne TELUQ ont augmenté de 8% en 2016-2017 et l'institution croit être en mesure de poursuivre sur sa lancée cette année. «Les inscriptions se font en continu et on voit que nos efforts pour se rapprocher des étudiants portent fruit», commente le pdg Martin Noël. L'université donne des cours à environ 20 000 adultes, dont 90% étudient à temps partiel. La TELUQ prévoit embaucher environ 30 nouveaux professeurs cette année, ce qui est «majeur», étant donné qu'elle en compte 70 à l'heure actuelle. «On a besoin de développer de nouveaux cours, d'amener un nouveau souffle pour répondre aux besoins de la société», justifie M. Noël. Une réorganisation s'enclenche à la TELUQ alors que plusieurs postes de tuteurs seront transformés en poste de professeurs. Ces derniers devront par ailleurs créer des liens plus étroits avec leurs étudiants à distance pour les soutenir. Patricia Cloutier
L'ENAP en croissance
Après des années plus difficiles, l'École nationale d'administration publique (ENAP) vit un retour à la croissance avec 507 nouvelles admissions cette année, une hausse de 30% par rapport à l'an dernier. «Tous nos programmes ont été revus pour se coller aux besoins de la fonction publique actuelle», explique Caroline Otis, directrice des études. Les perspectives de stages et d'emplois aux gouvernements provincial et fédéral sont également meilleures que par les années passées, indique Mme Otis. L'ENAP a procédé à plusieurs changements pour offrir plus de flexibilité à ses étudiants, comme des choix de cours «à la carte», des cours en ligne et plus de points de service. Patricia Cloutier
50% d'étudiants étrangers à l'INRS
L'Institut national de recherche scientifique (INRS) accueille 650 étudiants à la maîtrise et au doctorat cette année, dans ses campus de Québec (quartier Saint-Roch) et de Montréal. Du nombre, environ la moitié sont des étudiants étrangers. «On évolue dans des créneaux de recherche qui sont porteurs pour le futur, alors ça nous donne un pouvoir d'attraction», croit Philippe-Edwin Bélanger, directeur du Service des études supérieures. L'INRS inaugure cette année, en collaboration avec l'Université Laval, une maîtrise professionnelle en technologie environnementale, où la décontamination des sols et de l'eau seront mis de l'avant. Des partenariats avec l'Université de Bordeaux et de Rennes 1 permettent aux étudiants d'avoir un double diplôme, québécois et français.