L'Université Laval évalue entre 15 et 30 heures par semaine les heures supplémentaires effectuées par le personnel d'encadrement pendant la grève des employés de soutien.

Grève à l'Université Laval: 1,6 M$ pour les cadres

Les cadres de l'Université Laval recevront chacun 6000 $ pour compenser leurs efforts supplémentaires lors de la grève des employés de soutien, a appris Le Soleil.
D'ici quelques semaines, 266 cadres de l'établissement se partageront 1,6 million $ en «suppléments de salaire» en lien avec le débrayage de l'hiver dernier. L'Université Laval doit débourser 200 000 $ de plus pour les charges sociales.
«C'est loin d'être un boni, martèle Andrée-Anne Stewart, porte-parole pour l'Université Laval. La grève a engendré un surplus considérable de travail pour les cadres qui ont dû, pendant six semaines, mettre les bouchées doubles pour accomplir toutes sortes de tâches effectuées par les employés en grève.»
Le président du Syndicat des employés de l'Université Laval (SEUL), Luc Brouillette, n'a pas la même appréciation de la situation. La chose est permise, mais elle va à l'encontre de l'esprit de la loi anti-briseurs de grève, selon lui. «C'est clair, nous, on trouve que le gouvernement subventionne indirectement la prolongation d'un conflit en payant du temps comme ça à des gens. [...] Il y a de l'argent pour certaines personnes, pas pour d'autres.»
L'Université évalue entre 15 et 30 heures par semaine les heures supplémentaires effectuées par le personnel d'encadrement pendant le conflit de travail. «Sans leur participation soutenue à l'effort collectif, ça aurait été impossible d'assurer la mission de l'Université Laval, de maintenir le service aux étudiants et de respecter nos obligations légales et contractuelles», a indiqué Mme Stewart. [...] On aurait été obligé de fermer.» Les admissions n'auraient pu être comptabilisées, le ménage n'aurait pas pu être fait, la saisie de données n'aurait pas pu être réalisée. Malgré certains pépins, notamment dans les laboratoires, la majorité des cours a pu être donnée, a dit la porte-parole.
L'administration n'a pas colligé au fur et à mesure les heures de tout un chacun. Plutôt que d'y aller à la pièce, elle versera le même forfaitaire à tous. Le montant de 6000 $ imposable équivaut à 5 % du salaire médian des cadres. «C'est le moyen le plus équitable de rétribuer les cadres pour l'effort collectif», a noté Mme Stewart.
Les règles budgétaires du ministère de l'Enseignement supérieur autorisent les «suppléments de salaire versés à des cadres pour remplacer du personnel en grève ou en lock-out». Mais elles exigent aussi que les universités renvoient l'argent qui n'a pas été versé aux employés en salaire pendant la période du conflit. Mais l'Université Laval n'a pas encore effectué ce calcul. Il n'a donc pas été possible de savoir ce que Québec a «épargné» en salaire avec ce conflit.
Le SEUL compte 1900 membres, dont des employés de soutien, des techniciens et des ouvriers. Parmi leurs moyens de pression, en début de conflit, les grévistes ont bloqué les accès routiers au campus. D'importants bouchons de circulation en ont découlé.
L'après-mandat revu à la baisse
L'Université Laval doit dévoiler aujourd'hui par voie de communiqué le résultat de ses travaux de révision de la rémunération de ses hauts dirigeants. Selon nos sources, la politique de conditions salariales d'après-mandat serait considérablement revue à la baisse. Il n'a pas été possible d'obtenir une confirmation officielle auprès de l'Université Laval. Une controverse a éclaté en 2014 à la suite de révélations du Soleil sur la bonification des conditions d'après-mandat octroyées aux patrons de l'Université en pleine période de compressions. La bonification permettait aux ex-dirigeants de continuer à toucher entre 100 % et 75 % de leur salaire sur une période allant jusqu'à six ans après leur mandat. Devant le refus de faire marche arrière, le ministre de l'Éducation de l'époque, François Blais, avait coupé le financement de l'Université Laval de 1,4 million $.