Amélie Bouchard et Louise-Michelle Verrier, deux mères d'enfants à la Commission scolaire des Draveurs, déplorent le désengagement du ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Sébastien Proulx.

Français: performance «insatisfaisante» des futurs profs, selon le ministre Proulx

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, juge «insatisfaisante» la performance des futurs enseignants québécois qui échouent en masse à leur test de français. Mais il prévient que la lacune ne pourra être corrigée «d'un coup de baguette».
Voici deux jours que La Presse distille des statistiques préoccupantes : en 2016, seulement 53 % des candidats profs ont réussi l'examen de français obligatoire pour accéder à la profession. Mais ils peuvent reprendre cette épreuve aussi souvent qu'ils le veulent, tant qu'ils n'ont pas réussi; ainsi, après quatre tentatives, la vaste majorité d'entre eux vainquent.
Pour limiter l'accès à l'enseignement aux étudiants les moins bons en français, l'Association des doyens, doyennes et directeurs, directrices pour l'étude et la recherche en éducation au Québec (ADEREQ) demande d'ailleurs d'arrêter après quatre reprises. Il serait alors impossible de retenter sa chance indéfiniment.
«Ce dossier-là n'est pas inconnu. Ce n'est pas d'hier qu'on parle de ça», commente le ministre Proulx, croisé par Le Soleil en marge d'une conférence de presse sur la rive de la rivière Saint-Charles de Québec. «C'est clair que c'est insatisfaisant de voir que ça prend autant de temps pour réaliser un examen comme celui-là.»
«Réflexion à faire»
L'élu avertit cependant que le remède à la piètre maîtrise de langue par plusieurs enseignants en devenir ne sera pas simple. «Il y a un enjeu beaucoup plus grand. Il y a une réflexion à faire [...] sur l'école, sur notre capacité à mettre le français en priorité. On ne fera pas ça d'un coup de baguette en disant c'est quatre passations et tout est réglé. Ça, c'est de la magie et moi, j'en fais pas.
«Il faut aller au-delà de ça. Il faut travailler à la formation des maîtres, il faut travailler à la valorisation de la profession, il faut s'assurer que ce soit des gens qui ont la vocation et le goût d'enseigner qui se retrouvent dans ces programmes et ça, ça va faire qu'on va améliorer notre système d'éducation.
«Il y a la qualité de langue qui nous importe, il y a [aussi] les capacités à être de bons enseignants pour transmettre de la matière et être intéressants et intéresser les jeunes», ajoute-t-il. «Ça prend des gens à la bonne place et en éducation, ce n'est pas tout le monde qui peut faire ça. Moi, je le réalise au quotidien, c'est une vocation extraordinaire faire cela.»
Est-ce dire qu'il faudrait resserrer les critères d'admission dans les facultés? «On verra si ça se fait à l'entrée ou si c'est de bonifier la formation. C'est des travaux qu'on va faire avec les universitaires, les enseignants et avec les gens intéressés par l'éducation», répond Sébastien Proulx.
«Il y a des travaux qui se font à l'égard de la formation des enseignants. Et la limitation du nombre de passations [de l'examen] est une des mesures, mais ce n'est pas la seule mesure pour répondre à la problématique de la qualité du français. La preuve en est c'est que 96 % des gens, après quatre passations, l'ont réussi, l'examen.»