L'action concertée du Port de Sept-Îles, de la Ville (et deux de ses corporations) et du cégep dans le projet d'observatoire en fait une première en la matière au Québec.

Formation: un peu de Sept-Îles au Cameroun

Les étudiants du Cameroun s'éduqueront bientôt à la manière du Cégep de Sept-Îles. Le collège vient de signer un accord avec le gouvernement camerounais pour l'aménagement de cinq centres de formation professionnelle, dans lesquels l'expertise septilienne, notamment dans les métiers des mines, sera enseignée. L'ambitieux projet ajoute de plus une corde à l'arc de l'établissement, qui tend à s'ouvrir vers le monde.
Le ministère de l'Emploi et de la Formation professionnelle du Cameroun a choisi de faire confiance au Cégep de Sept-Îles pour l'élaboration de ses programmes d'enseignement des domaines minier et ferroviaire, de maintenance industrielle, du traitement de l'eau et des énergies hydrauliques et renouvelables.
Le collège se chargera de bâtir les cours, de former les ressources et même d'acquérir les équipements nécessaires à chacun des centres. «C'est en quelque sorte des projets clé en main», s'est réjoui le directeur général du cégep, Donald Bherer. «Nous réaliserons aussi le cahier de charges, ce qui comprend toutes les spécificités techniques que doivent avoir les bâtiments.» L'établissement s'associe d'ailleurs à une dizaine de centres collégiaux de transfert de technologie et de deux unités de recherche universitaires pour la réalisation du mandat.
Le gouvernement assumera la phase de construction, qui pourrait s'amorcer dès cette année. Le projet propose l'aménagement de plusieurs bâtiments, comme des résidences et des installations sportives, autour des centres de formation. «Un projet comme celui-là coûterait des dizaines de millions de dollars au Québec», a laissé savoir M. Bherer. «On parle de 4 millions $ par centre, uniquement pour les équipements.»
Aide technique
L'entente avec le pays africain s'accompagne également de mandats d'aide technique pour différentes initiatives, encadrés par le ministère camerounais de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire. Ce nouveau partenariat avantagera aussi le cégep pour l'accueil d'étudiants étrangers. Le collège a d'ailleurs déjà reçu une quarantaine de demandes d'admission du Cameroun et du Congo.
D'autres percées
Le Cégep de Sept-Îles n'en est pas à ses premières armes à l'étranger. Depuis 2007, l'établissement accueille des Calédoniens qui viennent se former dans l'industrie minière. «Nous sommes à l'étape où l'on fait de très bonnes choses ici», explique le directeur. «Ce n'est pas un secret, l'économie est plutôt morose et pour nous, l'international est fondamental pour notre développement.»
Le collège entend tenter d'autres percées en Afrique centrale, où les ressources naturelles sont abondantes. Les connaissances de l'établissement dans les secteurs de la maintenance industrielle et de l'efficacité énergétique viennent aussi de lui valoir une invitation de l'Institut technologique de Chien-Shiung, en Chine. Le Cégep de Sept-Îles accueille quelque 700 étudiants, dont environ 10 % proviennent de l'étranger.