Nicolas Marceau

Est-du-Québec: fusion de sept commissions scolaires évoquée

Si le modèle optimal de 35 000 élèves par commission scolaire évoqué par Québec dans son dernier budget était retenu, pas moins de sept commissions scolaires devraient fusionner dans l'Est-du-Québec, de La Pocatière aux Îles-de-la-Madeleine.
Et ce ne serait pas suffisant, puisque la taille de cette supercommission scolaire n'atteindrait même pas les 30 000 élèves dans un territoire de 300 000 habitants.
Jean-François Parent, directeur général de la commission scolaire des Phares, qui compte le plus grand nombre d'élèves dans ce territoire (8000), ne croit pas à ces économies. «Nous sommes très stoïques devant cette perspective. Nous ne croyons pas aux fusions comme mesures d'économie et d'efficacité. L'énergie dépensée à ces fusions serait plus grande que les économies réalisées dans un monde où il y a la sécurité d'emploi du personnel. L'instauration de bureaux administratifs dans un aussi grand territoire nous ramènerait à la case départ.»
Le budget Marceau estime que «plus la taille d'une commission scolaire augmente, plus ses coûts par élève sont faibles», constatant ainsi un écart de plus de 1000 $ du coût par élève entre les commissions scolaires ayant entre 5000 et 9999 élèves et celles qui en ont au moins 35 000.
«Nous sommes à la croisée des chemins. C'est difficile de penser concrètement à un tel exercice. Chez nous, après une coupe de 800 000 $ l'an passé, nous touchons à l'os. Par exemple, dans le transport scolaire, il n'y a plus qu'une personne et une autre à mi-temps. Pourquoi le privé n'est-il pas touché comme l'enseignement supérieur? Pourquoi n'y a-t-il pas le même exercice?», dit Jean Couture, président de la commission scolaire René-Lévesque, en Gaspésie.
Réflexion sur la gouvernance
Au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport, aucun scénario concernant la dimension des commissions scolaires n'est confirmé ou privilégié. Le gouvernement a mandaté un groupe d'experts pour mener une réflexion sur la gouvernance, l'administration, la gestion et le financement des commissions scolaires et formuler des recommandations au gouvernement en ces matières. Son rapport final doit être remis au plus tard le 30 mai 2014.
Selon les données de la Fédération des commissions scolaires du Québec, 38 des 72 commissions scolaires membres de cet organisme, essentiellement en régions, seraient visées par une éventuelle fusion si le critère des 35 000 élèves était retenu.