Gabriel Nadeau Dubois

Essai de Gabriel Nadeau-Dubois: lecture en cours contestée

Frustré de devoir lire l'essai Tenir tête écrit par l'ex-leader de la CLASSE et des carrés rouges Gabriel Nadeau-Dubois, un étudiant du Cégep Limoilou a dénoncé vendredi le choix de lecture de son enseignante de français sur les ondes du FM93.
Les élèves inscrits au cours Communication et discours au Cégep Limoilou, campus de Charlesbourg, devront en effet lire l'ouvrage paru le 10 octobre 2013, qui se veut une réflexion de l'état du Québec avec comme toile de fond la grève étudiante de 2012. Il s'agit de leur quatrième et dernier cours de français obligatoire au niveau collégial.
La sortie publique de l'étudiant mécontent a tôt fait d'enflammer les ondes radio de Québec jusqu'à Montréal, où la nouvelle a notamment été retransmise au 98,5 FM, en pleine heure de pointe. Et c'est sans compter l'embrasement sur les réseaux sociaux.
L'étudiant à la base de cette histoire n'a pas accepté de répondre aux questions du Soleil, affirmant vouloir «se retirer du décor puisque les évènements prennent une tournure inattendue».
Dans l'entrevue qu'il a accordée au FM93, il affirmait que «nos opinions devaient être forgées par nous-mêmes et pas par les professeurs».
En plus de devoir lire le livre, qui n'est pas un roman mais bien un essai politique, les étudiants inscrits au cours devront aussi assister à une conférence donnée par Gabriel Nadeau-Dubois lui-même, le 26 février. «Gabriel Nadeau-Dubois, c'est loin d'être la personne que j'admire le plus. Juste le fait que je doive le rencontrer et lui poser des questions, ça me frustre», a ajouté l'étudiant au cours de l'entrevue. Des activités pédagogiques valant pour 20 % de la note finale du cours sont liées au livre et à la conférence.
Pas politique
L'enseignante ciblée n'a pas répondu aux demandes d'entrevue du Soleil. Le Cégep Limoilou s'est toutefois porté à sa défense.
Dans un communiqué, l'établissement a expliqué que le livre avait «été sélectionné pour la qualité de son écriture et l'habileté de l'auteur à transmettre ses idées, deux éléments clés à développer dans le cadre de ce cours de littérature visant, notamment, la rédaction efficace de discours».
Toujours selon le communiqué, les étudiants auront «à écrire un essai sur le texte de Gabriel Nadeau-Dubois et ensuite débattre leurs idées dans le cadre d'une table ronde avec d'autres étudiants [...] L'approche n'est donc pas politique mais axée sur la communication.»
François Marcotte, qui dispense parfois le même cours de français au Cégep Limoilou, a fait valoir que la professeure a probablement voulu susciter l'intérêt des jeunes en choisissant Tenir tête. «C'est son choix et il respecte les devis ministériels. Le département approuve les plans de cours», a-t-il aussi fait valoir. Le professeur estime qu'il s'agit du seul cours de français pendant le parcours collégial dans lequel les étudiants peuvent dire ce qu'ils pensent, et développer leur propre subjectivité.
Quant à Gabriel Nadeau-Dubois, il a qualifié la situation de «tempête dans un verre d'eau», lorsque joint en soirée. «J'ai été très surpris. Mon livre est en lecture dans plusieurs cégeps, même plusieurs universités», a-t-il affirmé. «Jamais ça a fait l'ombre d'une controverse nulle part.» M. Nadeau-Dubois a dit «ne pas en vouloir» à l'étudiant et se dit prêt à échanger avec lui le jour de sa visite au Cégep Limoilou, dans un mois.