Entente de principe à l'Université Laval

Après sept semaines de grève, l'Université Laval s'est finalement entendue avec ses employés de soutien. Alors que les 1900 travailleurs seront de retour au boulot vendredi, les deux parties se disent heureuses et soulagées du dénouement final.
Les membres du Syndicat des employées et employés de l'Université Laval (SEUL) ont obtenu le même traitement que les employés de la fonction publique québécoise, soit des augmentations de salaire de 1,5 % en 2016, de 1,75 % en 2017 et de 2 % en 2018. Les techniciens, employés de bureau et autres ouvriers gagnent en moyenne 50 000 $ par année. C'est dire qu'à l'échéance de leur convention collective, le 31 mars 2019, ils gagneront en moyenne 2600 $ de plus par année.
L'entente survenue entre les parties est globale et porte aussi sur les régimes de retraite. Le Syndicat se félicitait jeudi en disant que c'est sa position qui a été retenue. En contrepartie, il a fait des concessions sur la mobilité des employés à différents postes.«On a accepté de rendre les choses un peu moins difficiles pour l'employeur», a expliqué le conseiller syndical Éric-Jan Zubrzycki. 
Le représentant ne nie pas que la grève a été un moment difficile sur le campus. «On a joué perdant-perdant, tant l'Université Laval que nous», concède-t-il. 
Le président du SEUL Luc Brouillette a annoncé la signature d'une entente de principe à ses membres en matinée jeudi. La surprise et le soulagement se lisaient dans les visages de la centaine d'employés venus faire du piquetage dans le périmètre de manifestation situé devant le pavillon Alphonse-Desjardins, que le syndicat avait surnommé «Guantanamo». 
La plupart des employés croyaient que les négociations étaient toujours au point mort. M. Zubrzycki raconte avoir reçu un appel de l'Université Laval mardi soir et avoir attaché les dernières ficelles de l'entente en une heure mercredi. Cette entente met fin à tous les litiges qui étaient pendants devant les tribunaux. Seul l'arbitre nommé par la ministre du Travail doit valider si l'entente respecte les principes de la Loi 13.
Le conseiller du Syndicat des employées et employés de l'Université Laval, Éric-Jan Zubrzycki, a annoncé l'entente aux membres jeudi avant-midi dans le périmètre de manifestation situé devant le pavillon Alphonse-Desjardins.
Bilan des conséquences
En point de presse, le vice-recteur exécutif Éric Bauce s'est également montré soulagé de voir ses employés revenir au bercail. Selon lui, l'Université Laval a atteint ses objectifs dans cette négociation, tant au plan financier que sur le plan de «l'évolution organisationnelle». «On n'a pas reculé sur les principes que l'on avait [...] Je pense qu'on a fait preuve de pas mal de créativité à travers de ça», a-t-il commenté. 
M. Bauce a tenu à remercier tous les cadres et les doyens qui ont tenu le fort et offert des services aux étudiants pendant la grève. Selon lui, les négociations ont été longues parce que les deux parties avaient à faire face à un «grand enjeu de société» : le partage des déficits des régimes de retraite, en fonction de la nouvelle Loi 13. «Il y a des moments où on s'est moins parlé que d'autres, mais les canaux sont toujours restés ouverts.»
L'Université Laval s'attelle maintenant à faire «un post-mortem» de la grève, un bilan des conséquences qu'elle a eues sur les étudiants. Pour le moment, l'Université ne pense pas avoir à prolonger la session qui se termine à la fin avril. Les étudiants devront toutefois s'entendre avec leurs professeurs pour reprendre les cours en laboratoire ou les travaux qui n'ont pu être réalisés au cours des prochaines semaines. 
Les membres du SEUL devront voter sur le contenu de l'entente lors d'une assemblée générale prévue le lundi 3 avril, au Grand Théâtre de Québec. 
Chronologie d'un conflit
Septembre 2016: Le SEUL se dit outré par les demandes de l'employeur et commence des moyens de pression
Décembre 2016: Les employés de soutien votent à 80 % en faveur d'une grève
9 février 2017: Un premier «coup de semonce» est donné : les employés bloquent toutes les entrées du campus
Février et mars 2017: Les jours de grève occasionnels se transforment en grève continue, le conflit se transpose devant les tribunaux
30 mars 2017: Entente de principe entre les deux parties

Ce qu'ils ont dit...

«On commençait un peu à avoir la langue à terre, je peux vous le dire» - Éric Bauce, vice-recteur exécutif de l'Université Laval 
«On est à une étape où on ramasse un peu les pots cassés» - Éric-Jan Zubrzycki, conseiller syndical du SEUL
«On demandait des choses qu'on considérait raisonnables et ça a été entendu» - Frédéric Morin, membre du SEUL
«On est contents, on est soulagés. Il était temps que ça finisse» - Stéphanie Gagné, membre du SEUL