Si l'un d'entre eux est retiré pour faire place à celui d'histoire, comme l'envisage le comité-conseil mis sur pied par le ministère de l'Enseignement supérieur, ce serait environ la moitié de ces profs qui enseignent par exemple l'espagnol, la psychologie ou le théâtre qui perdraient du boulot ou qui verraient «leur tâche grandement réduite».

Enseignement au cégep: plus d'histoire, moins de profs

Si Québec retient l'idée de substituer le nouveau cours d'histoire au cégep à un des deux cours de la formation complémentaire, cela entraînera des pertes d'emplois et davantage de précarité, soutiennent les deux syndicats de professeurs du réseau.
Selon les chiffres de 2011-2012 compilés par la Fédération des enseignants de cégep (FEC-CSQ), l'équivalent de 430 enseignants à temps complet offraient des cours à la formation complémentaire.
Si l'un d'entre eux est retiré pour faire place à celui d'histoire, comme l'envisage le comité-conseil mis sur pied par le ministère de l'Enseignement supérieur, ce serait environ la moitié de ces profs qui enseignent par exemple l'espagnol, la psychologie ou le théâtre qui perdraient du boulot ou qui verraient «leur tâche grandement réduite», soutient le président du syndicat, Mario Beauchemin.
Quant aux professeurs permanents qui complètent souvent leur charge avec des cours complémentaires, le gouvernement sera tenu de leur verser jusqu'à 80 % de leur salaire s'ils ont moins d'heures d'enseignement. «Ça aurait un méchant impact dans le réseau», prédit M. Beauchemin.
«C'est très insécurisant pour les professeurs», affirme de son côté la vice-présidente de la Fédération nationale des enseignants (FNEEQ-CSN), Micheline Thibodeau, ajoutant que déjà, 40 % des enseignants ont un statut précaire. Les deux syndicats préparent des avis sur le cours.
L'attaché de presse du ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, affirme qu'il est trop tôt pour spéculer sur la question. Joël Bouchard confirme cependant que, dans tous les cas de figure, certains enseignants verront leur tâche réduite et d'autres, augmentée.
Le Ministère consulte présentement les collèges sur le nouveau cours, nommé Histoire du Québec contemporain, dont les grandes lignes leur ont été présentées. Il demande leur avis afin de définir, entre autres, la période historique qui correspond au «Québec contemporain» et quelles seraient les disciplines susceptibles de l'enseigner.