Élèves en difficulté: un verdict qui tombe pile

Le diagnostic de la chercheure Sylvie Tétreault tombe en plein dans le mille, reconnaissent des intervenants du réseau de l'éducation.
Josée Bouchard, présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), admet d'entrée de jeu que les parents devraient être mieux informés. «C'est déjà assez difficile pour les parents, ils ne devraient pas avoir à courir après l'information», dit-elle.
Mme Bouchard reconnaît par ailleurs que depuis la signature de l'entente de complémentarité en 2003, «il est étonnant que ça n'avance pas plus vite». La difficulté de travailler conjointement entre les deux réseaux s'explique par «des cultures organisationnelles» différentes, ajoute-t-elle. «On n'a pas la même façon de travailler, on n'utilise pas les mêmes langages... ça prend de l'ouverture de la part des individus pour travailler ensemble.»
La présidente de la FCSQ admet aussi qu'il n'est pas normal que des parents doivent se battre ainsi pour obtenir des services. «L'étude me semble assez juste là-dessus, il faut que ça change, dit-elle. L'école ne doit pas avoir peur des parents, il faut plutôt travailler avec eux.»
Même son de cloche de la part de Chantal Longpré, présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement. «Ça ne devrait pas être comme ça», dit-elle, affirmant que la chercheure de l'Université Laval «a bien cerné la situation». «Mais les ressources pour aider ces élèves sont insuffisantes et quand la commission scolaire distribue l'argent, le directeur doit composer avec cette enveloppe fermée», ajoute-t-elle.
À la Fédération des comités de parents, on approuve aussi ce diagnostic. «Il y a des parents qui doivent mener des batailles à n'en plus finir», affirme son président, François Paquet.
Guide à paraître
Pour aider les parents à s'y retrouver dans les dédales du réseau scolaire, la Fédération prépare justement un guide à leur intention, qui devrait être prêt cet automne. «Plusieurs parents sont prêts à défoncer des portes, dit-il. Mais encore faut-il savoir quelles sont les portes à défoncer.»
De son côté, Marcel Michaud, président du comité des services aux élèves handicapés ou en difficulté d'apprentissage ou d'adaptation (EHDAA) de la commission scolaire des Premières-Seigneuries, rencontre plusieurs parents qui sont souvent gênés de confronter leur directeur d'école ou de poser les bonnes questions. «Pourtant, plus le parent va être informé de ses droits, plus il y a de chances qu'on réponde aux besoins de l'enfant», dit-il.
Il faut dire que les rouages du système scolaire ne sont pas simples à comprendre. «Même moi, après neuf ans comme membre du comité, je ne comprends pas toute la mécanique...»