Aux yeux du groupe d'associations, la précarité en enseignement supérieur doit faire l'objet «d'une sérieuse remise en question» dans les milieux collégiaux et universitaires, autant du côté du personnel que des étudiants.

ÉGES 2018: l'éducation comme un enjeu électoral d'abord

Les 25 organisations des États généraux de l'enseignement supérieur (ÉGES 2018) se sont dites satisfaites, samedi à la conclusion des travaux, des orientations définies pour l'avenir dans le domaine. «Les discussions ont permis de cibler des pistes de solutions prometteuses» dans le réseau collégial et universitaire, dit le collectif, qui souhaite maintenant faire de l'éducation un enjeu électoral.

Il était essentiel, dans un contexte imminent d'élections provinciales, que «nos décideurs entendent ce que les personnes préoccupées par l'avenir de l'enseignement supérieur avaient à dire», affirme d'emblée la vice-présidente de la CSN, Véronique de Sève.

«Ces hommes et ces femmes supportent à bout de bras les réseaux collégial et universitaire malgré des embûches et malgré des décisions politiques ou financières trop souvent en contradiction avec le développement social», ajoute-t-elle.

Mme de Sève estime qu'il faudra s'assurer que le rapport du collectif devienne une source d'inspiration pour nos politiciens, en vue de la prochaine campagne électorale.

Des pistes contre la précarité

Aux yeux du groupe d'associations, la précarité en enseignement supérieur doit faire l'objet «d'une sérieuse remise en question» dans les milieux collégiaux et universitaires, autant du côté du personnel que des étudiants. 

Les conditions de travail se sont «terriblement» dégradées dans les dernières années selon le collectif. Le stress, la charge de travail, l'isolement ou encore l'incertitude financière liée aux études créé de plus une détresse psychologique imposante, à laquelle il faut s'attaquer, ajoute-t-on par voie de communiqué. 

«Le gouvernement provincial devrait mettre en oeuvre une stratégie d’intervention pour prévenir et contrer les problèmes psychologiques en enseignement supérieur, explique le nouveau président élu de l'Union étudiante du Québec (UEQ), Guillaume Lecorps. 

Son groupe et lui demandent un financement supplémentaire et récurrent pour améliorer l'offre de service aux étudiant-e-s aux prises avec des troubles d'anxiété ou de détresse psychologique. «Tout ça sans retrancher le budget de fonctionnement des universités», prévient l'étudiant.

Dynamique de compétition

Ensemble, les regroupements du collectif déplorent qu'une dynamique de compétition entre les établissements d'enseignement affecte la manière dont on les finance. Ils affirment vouloir miser sur de nouvelles formules, plus conscientes de la hauteur des besoins. 

Pour le troisième vice-président de la Centrale syndicale du Québec (CSQ), Mario Beauchemin, il faut penser «une nouvelle formule de financement, tant au niveau collégial qu’au niveau universitaire, [pour] corriger les travers des allocations et des subventions spécifiques provoqués par les changements et les ajouts survenus au fil du temps». 

M. Beauchemin estime également que des modifications sont urgentes, notamment sur le plan des modes de financement, qui se doivent «d'être plus équitables et mieux adaptés à l’ensemble des missions et au service des communautés», ajoute-t-il. 

Sur le plan de la gouvernance, l'imposition de pratiques «managériales» aux cégeps et aux universités, selon le collectif, met à mal les principes de collégialité et de liberté académique.

«Nous devons revenir à une plus grande collégialité, une gestion participative au sein de tous les établissements ainsi qu’à la représentation de tous les groupes de la communauté au sein des comités décisionnels ou consultatifs. Il importe de se réapproprier nos institutions et de les guider vers notre idéal de l’enseignement supérieur», conclut à ce sujet la vice-présidente de la Fédération du personnel professionnel des universités et de la recherche (FPPU), Claude Fortin.