Entre 10 et 15 heures par année sont prévues pour l’éducation à la sexualité au primaire et au secondaire.

Éducation à la sexualité: des profs ne se sentent pas prêts

Des enseignants réclament que l’on reporte l’implantation du cours d’éducation à la sexualité, mais le ministère de l’Éducation persiste : ces notions seront bel et bien enseignées dans toutes les écoles du Québec à la rentrée 2018.

«On n’est pas prêts», déplore Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE). Accompagnée du groupe Profs en mouvement, Mme Scalabrini explique que les profs n’ont pas encore été formés et que le matériel clé en main n’est pas disponible, à quatre mois de la prochaine rentrée scolaire.  

La FSE est d’accord avec le contenu du cours, mais pas avec la façon dont il est implanté. Selon Mme Scalabrini, il s’agit d’un geste précipité, politique, qui vise à répondre à «un scandale» — le mouvement #metoo. 

«On ne veut pas répondre à des besoins électoraux. On veut répondre aux besoins de nos élèves», exprime-t-elle. 

Le syndicat ne demande pas à ses membres de boycotter le cours, mais il leur dit : «si vous ne vous sentez pas prêts, ne levez pas la main.»

Parce que les questions ou les témoignages des jeunes peuvent être difficiles et il se peut que les profs ne trouvent pas les bons mots pour y répondre. 

En soirée mercredi, le ministère de l’Éducation a publié un communiqué indiquant que les formations se poursuivent afin que «l’ensemble du réseau scolaire soit rejoint en vue de préparer le déploiement à l’automne». Des membres de 44 commissions scolaires ont été formés jusqu’à présent et du matériel suivra, assure le ministère. 

Entre 10 et 15 heures par année sont prévues pour l’éducation à la sexualité au primaire et au secondaire. Environ 200 écoles se sont portées volontaires pour donner le cours dès cette année, ce qui représente moins de 10 % des établissements.