L’agriculture biologique attirerait les jeunes vers les formations horticoles.

Écoles d’horticulture: le bio séduit davantage que le pot

Les écoles d’horticulture du Québec sont prises d’assaut par les étudiants depuis deux ans, mais cet engouement n’aurait rien à voir avec la légalisation prochaine de la marijuana. C’est plutôt l’attrait pour l’agriculture biologique qui attirerait les jeunes vers les formations horticoles.

«Nous notons une recrudescence depuis 2016, une hausse des demandes et des inscriptions. Nous avons maintenant deux groupes plutôt qu’un seul à chaque année en production horticole», explique Mario Houde, responsable du programme d’horticulture au Centre de formation professionnelle Fierbourg à Québec.

Les commentaires reçus ne lui laissent cependant pas croire que l’éventuelle légalisation de la marijuana en juillet 2018 a joué un rôle quelconque dans cette augmentation. «Ce n’est pas l’information que je reçois des inscrits et de ceux qui font des demandes. Il y a plutôt un phénomène de masse de retour à la terre, d’agriculture bio», explique-t-il.

Même son de cloche à l’École professionnelle de Saint-Hyacinthe, qui offre aussi des formations en horticulture. «Chez nous, ça a doublé depuis deux ans. Nous avions 16 nouveaux inscrits par année, nous en avons maintenant 32», indique Alain Robitaille, enseignant en production horticole, qui n’a pas non plus senti un «effet marijuana» dans son établissement.


Il y a plutôt un phénomène de masse de retour à la terre
Mario Houde, responsable du programme d’horticulture au Centre de formation Fierbourg

M. Robitaille note plutôt un intérêt accru chez les jeunes pour l’agriculture bio sur petite surface. «Nous conseillons à la majorité de nos élèves de faire quelques années comme employés, mais la plupart souhaitent ouvertement se lancer en affaires dans ce domaine», explique-t-il, ajoutant que les diplômés trouvent tous un emploi en raison de la pénurie de main-d’œuvre en agriculture.

Agriculture urbaine

Le phénomène est encore plus fort du côté de l’École des métiers de l’agriculture de Montréal, où on note une quarantaine de demandes d’inscription de plus par année depuis cinq ans. «Nous avons un partenariat avec la Ville de Montréal depuis 30 ans et avec des projets comme les toits verts, l’agriculture urbaine, les ruelles vertes, la pollinisation, le combat contre les îlots de chaleur, il y a beaucoup d’opportunités», souligne André Perron, responsable des relations avec les médias à la Commission scolaire de Montréal.

Celui-ci indique également que l’attrait pour la culture de la marijuana ne serait pas un corollaire de cette hausse d’intérêt pour l’École des métiers de l’horticulture, qui regroupe 225 élèves. «Ce sont plusieurs autres débouchés qui attirent les jeunes et je crois qu’avec la nouvelle mairesse de Montréal [Valérie Plante], et ça n’a rien à voir avec son nom de famille, on aura droit à un virage vert», conclut-il.