Dès cette année, les élèves de première secondaire à l'école Le Sommet utiliseront une tablette durant leurs cours.

École secondaire Le Sommet: des iPad pour tous les élèves d'ici trois ans

Cette année, à l'école secondaire Le Sommet, à Charlesbourg, tous les jeunes de première secondaire auront une tablette en classe. Mais ce n'est pas tout. D'ici trois ans, tous les élèves de l'école en auront une entre les mains. Une initiative rare pour une école publique québécoise. Ce sont toutefois les parents qui doivent payer la note.
Ce projet peu commun a vu le jour grâce au directeur Yves Savard, convaincu des bienfaits de ce petit outil en classe. «On est rendu là, les jeunes d'aujourd'hui n'ont pas connu l'époque d'avant Google», dit-il.
Puisque l'école n'a tout simplement pas les moyens d'acheter des tablettes pour tous ses élèves, ce sont les parents qui paient la facture. Le directeur assure qu'ils ont été consultés et qu'ils adhèrent au projet.
Le coût d'un iPad - environ 600 $ - peut être payé sur trois ans. De plus, M. Savard leur a assuré que la facture pour le matériel scolaire sera réduite d'environ 80 $ par an, ce qui leur permettra d'économiser 240 $ sur trois ans.
N'empêche, certains parents rencontrés mardi trouvaient la pilule difficile à avaler. «Ça fait notre affaire mais quand on voit la facture, ça fait mal au coeur», lance Julie Rhéaume. «On n'a pas le choix, on nous l'a imposé», affirme de son côté Karine Savard.
D'autres parents étaient toutefois ravis. «C'est génial», lance Stéphanie Juneau. Sa fille Magali était évidemment du même avis.
De leur côté, les profs sont enthousiastes, affirme François Dion, enseignant en histoire. «Ça crée un dynamisme et une effervescence» qu'on ne retrouvait pas les années passées, dit-il.
Le chercheur Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche sur les technologies de l'information en éducation, n'a quant à lui que de bons mots pour le projet. «C'est un modèle à suivre pour les écoles publiques», lance-t-il.
Formations
Pour accompagner les parents et les élèves dans la démarche, l'école leur offre ces jours-ci deux heures de formation lorsqu'ils viennent récupérer la tablette. Les professeurs ont aussi eu droit à des formations au cours de la dernière année. L'utilisation de la tablette sera axée sur l'amélioration du français. «Le iPad est vraiment utilisé pour la réussite, et non pas comme un outil de marketing», affirme-t-il.
Des initiatives comme celle-là permettent aussi d'amoindrir le clivage grandissant entre les écoles publiques et privées, ajoute M. Karsenti, puisque ces dernières ont multiplié l'utilisation des tablettes au cours des dernières années.
Le président de la commission scolaire des Premières-Seigneuries (CSPS), Jean-Marc Laflamme, a d'ailleurs tenu à souligner mardi que ce projet démontre qu'«on peut être aussi bons que d'autres sans avoir à payer les frais de scolarité qui viennent avec».
De son côté, Line Beaulieu, directrice générale adjointe à la CSPS, affirme qu'aucun parent ne s'est plaint jusqu'à maintenant des coûts rattachés à ce projet. Si un parent manifestait son mécontentement, on pourrait lui offrir d'envoyer son enfant dans une autre école, explique-t-elle.