Le ministre de l'Éducation, Yves Bolduc

Droits de scolarité: le ministre Bolduc fait volte-face

Après avoir causé la surprise mercredi matin en affirmant qu'une hausse des droits de scolarité supérieure à l'inflation était possible, le ministre de l'Enseignement supérieur, Yves Bolduc, a fait volte-face en fin de journée. L'indexation de la facture étudiante sera maintenue pour les quatre prochaines années, a-t-il rectifié.
«Je tiens à rassurer les associations étudiantes ainsi que les oppositions parlementaires de la volonté de notre gouvernement de respecter son engagement quant au maintien de l'indexation annuelle des droits de scolarité. Aucun autre scénario n'est envisagé», a déclaré le ministre Bolduc lors des remarques finales qui venaient clore l'étude des crédits budgétaires.
Pourtant, en avant-midi, le discours était tout autre. Questionné par l'opposition, le ministre Bolduc ne ferme pas la porte à une hausse des droits de scolarité supérieure à l'inflation. «Personne ne peut prédire l'avenir dans deux, trois ou quatre ans. Ça ne veut pas dire qu'on veut le faire, mais il faut se garder des marges de manoeuvre», affirme-t-il, avant d'ajouter que son gouvernement n'avait pas «l'intention marquée» d'augmenter les droits de scolarité présentement.
En début d'après-midi, Yves Bolduc persiste et signe. En réponse aux questions des journalistes, il affirme que «tout est sur la table». Il corrigera pourtant le tir, quelques heures plus tard. Un communiqué officialise la position du gouvernement en début de soirée.
Lors de la dernière campagne électorale, le chef libéral Philippe Couillard s'était engagé à maintenir l'indexation des droits de scolarité décrétée par le gouvernement Marois à l'issue du Sommet sur l'enseignement supérieur, en février 2013.
La déclaration initiale du ministre avait suscité la surprise et l'inquiétude dans les rangs de l'opposition péquiste et des associations étudiantes, qui croyaient ce dossier clos.
Sous-financement
Par ailleurs, le ministre Bolduc a affirmé mercredi qu'il évalue à 100 millions $ le sous-financement des universités québécoises par rapport à leurs vis-à-vis canadiennes, un montant qu'il juge «acceptable». Les recteurs réclament plutôt un réinvestissement de 600 millions $.
Le ministre a aussi affirmé qu'il comptait aller de l'avant avec la création du Conseil national des universités. Le sort de la loi-cadre sur les universités, qui devait voir le jour sous le précédent gouvernement, est toutefois plus incertain puisque M. Bolduc en évaluera «la pertinence» au cours des prochains mois.
Cégep: une cure de jeunesse pour la formation générale
Le ministre de l'Enseignement supérieur, Yves Bolduc, veut entreprendre une révision de la formation générale au cégep au cours de la prochaine année, a-t-il indiqué mercredi lors de l'étude des crédits budgétaires, puisque ce volet de l'enseignement collégial «date d'une vingtaine d'années». Il a aussi précisé que le cours obligatoire d'histoire du Québec que voulait mettre en place le précédent gouvernement sera remplacé par un cours facultatif. M. Bolduc a justifié sa décision en affirmant que le cours obligatoire était une «décision politique» et «idéologique».