Droits de scolarité des étudiants français: effet difficile à chiffrer

Depuis 1978, les étudiants français paient les mêmes droits de scolarité que les Québécois, soit 2224 $ par année. En campagne, Philippe Couillard s'était engagé à ce que les étudiants français paient le tarif canadien, soit 6234 $. Mais quel effet aurait ce changement dans les coffres de l'État?
La question semble simple, la réponse l'est beaucoup moins. Et ce, même si ce sujet délicat a fait l'objet de discussions entre le premier ministre Philippe Couillard et le président français François Hollande lors de son passage au Québec en début de semaine.
Mardi, la question a été posée au ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science, mais aucune réponse claire n'a pu nous être transmise jusqu'à maintenant.
Le porte-parole Pascal Ouellet s'est contenté d'indiquer mercredi qu'un «groupe de travail franco-québécois a été mis sur pied à ce sujet». Même réponse du côté du ministre Yves Bolduc qui a brièvement affirmé mercredi qu'il «n'y a pas de montant déterminé présentement».
Au cabinet de la ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christine ­St-Pierre, on affirme que les étudiants français coûtent présentement 120 millions$ au gouvernement québécois, sans toutefois pouvoir dire quel serait ce montant si leurs droits de scolarité augmentaient au tarif canadien.
Si le gouvernement Couillard semble incapable de chiffrer le scénario qu'il a lui-même mis sur la table en campagne électorale, l'Université du Québec s'est de son côté prêtée à l'exercice. Selon ses chiffres, il en coûte 71,8 millions $ annuellement pour accueillir quelque 12 500 étudiants français, ce qui représente le montant de la subvention gouvernementale versée au réseau universitaire pour ces étudiants.
Si les étudiants français payaient le tarif canadien, la subvention versée par Québec diminuerait alors de 22 millions$ pour se situer à 49,7 millions$, comme nous l'écrivions mercredi.
L'Université du Québec, qui réclame le maintien du traitement de faveur pour les étudiants français, a fait ses calculs à partir du système de gestion des données sur l'effectif universitaire du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de la Science.
Ils étudient où, les Français?
Une majorité d'étudiants français viennent au Québec pour étudier... en anglais. Mythe ou réalité?
L'affirmation relève davantage de la croyance populaire. En 2012, selon les plus récents chiffres disponibles, il n'y avait que 9,4% des étudiants français qui arpentaient les corridors de l'Université McGill et 6,7% qui fréquentaient l'Université Concordia.
C'est plutôt l'Université de Mont­réal qui en attire la plus grande proportion (22,4%), suivie par l'UQAM (14,5%) et l'Université Laval (11,5%). Ces données reposent sur des calculs de l'Université du Québec à partir d'une des bases de données du ministère de l'Enseignement supérieur.
Par ailleurs, le nombre d'étudiants français est en constante hausse depuis quelques années. En 10 ans, leur nombre a plus que doublé, passant de 5417 en 2003 à 12 495 en 2013.
Avec Jean-Marc Salvet