Quarante-quatre garderies non subventionnées de la capitale fermeront leurs portes pour une journée, le mardi 12 février.

Des garderies privées contestent la création de 15 000 places à 7 $

Si un nouveau centre de la petite enfance (CPE) vient s'implanter de l'autre côté de la rue de La Petite École internationale Montessori dans Saint-Émile, la propriétaire, Jacinthe Lavoie, devra mettre la clé sous la porte de sa garderie privée. Dans la région de la Capitale-Nationale, 44 établissements non subventionnés craignent ainsi de disparaître si le gouvernement Marois va de l'avant avec la création de 15 000 nouvelles places à 7 $ dans la province. Pour protester, elles demeureront fermées le mardi 12 février.
«Il y a beaucoup de garderies de la région qui sont inquiètes si des CPE s'installent dans leur quartier. Si les parents ont la possibilité de payer moins que les 38 à 42 $ que l'on charge par jour, c'est certain qu'ils vont transférer leur enfant», explique Mme Lavoie, qui souhaite que le gouvernement réévalue sa stratégie.
Selon elle, Québec pourrait transformer des garderies privées en CPE à 7 $, ou encore aider davantage les parents grâce aux versements anticipés. «On aimerait que ce soit équitable pour tous les parents et que cesse le système à deux vitesses», réclame-t-elle.
Non comblées
De plus, Mme Lavoie estime que la décision du gouvernement du Québec de construire de nouveaux CPE est absurde, puisqu'il y a un grand nombre de places au privé qui ne sont pas comblées. Par exemple, dans la région, sur un total de 2122 places existantes dans les garderies non subventionnées, il y en avait 82 vacantes en décembre.
À l'échelle du Québec, ce sont plus de 10 000 places qui sont disponibles sur les 30 000 offertes par les membres de la Coalition des garderies privées non subventionnées du Québec, estime sa porte-parole, Prescilla B. Boily. Selon elle, le gouvernement pourrait réaliser une économie de 260 millions $ par année en octroyant le statut de CPE aux établissements privés. «Au lieu d'investir dans le béton, il faudrait investir dans les services offerts aux enfants», s'exclame Mme B. Boily.
En plus d'une manifestation prévue aujourd'hui devant les bureaux de Montréal et de Québec de la ministre de la Famille, Nicole Léger, toutes les garderies privées non subventionnées fermeront leur porte le 12 février, et une pétition sera alors déposée à l'Assemblée nationale. L'appel d'offres pour la création des 15 000 places devrait être lancé au cours du mois de février.