Les producteurs de cannabis accrédités auront besoin de main-d'oeuvre si la légalisation va de l'avant comme prévu en 2018.

Des diplômes en production de pot

Pressée de toutes part par les producteurs de cannabis accrédités qui cherchent de la main-d'oeuvre qualifiée, le Niagara College lancera dès l'automne 2018 le premier certificat en production commerciale de cannabis au Canada. Le programme sera offert aux détenteurs d'un baccalauréat ou d'un diplôme collégial.
Reconnu pour ses programmes créatifs et originaux, notamment un programme d'apiculture commerciale développé il y a quelques années, le collège qui possède quatre campus dans la région du Niagara, en Ontario, offrira la formation à celui de Niagara-on-the-Lake.
«Nous avons rencontré les 58 producteurs de cannabis accrédités et plus nous leur parlions, plus nous constations qu'il y avait un besoin criant pour des travailleurs hautement qualifiés et bien formés», explique en entrevue au Soleil M. Al Unwin, doyen associé de l'École des études environnementales et horticoles du Niagara College.
«Il faut comprendre que les producteurs accrédités du Canada ont souvent un effectif dans les centaines de travailleurs. Et il y a une différence entre faire pousser deux ou trois plants et des acres de plants. Dans les faits, il y a peu de gens qui possèdent les connaissances pour les cultures à grande échelle», poursuit M. Unwin.
Deux sessions
Les créateurs du programme ont vite compris qu'un ou deux cours ne seraient pas suffisants pour couvrir tous les aspects de la production commerciale de cannabis et ont finalement décidé de créer une formation dispensée sur deux sessions, la deuxième incluant un stage d'une journée par semaine avec un producteur accrédité.
«Il y a bien sûr toutes les notions sur la façon de prendre soin des plants, mais aussi tout le cadre réglementaire qui gouverne les producteurs accrédités», indique M. Unwin, qui ajoute qu'on fera également pousser du cannabis sur le campus dans un environnement réglementé et sécurisé. 
Intérêt anticipé
Le programme a été développé avec l'apport des producteurs et les experts de l'École des études environnementales et horticoles dispenseront la formation. «Nous planifions également embaucher du personnel supplémentaire, peut-être du côté des producteurs accrédités dont des employés pourraient donner des cours à temps partiel», reprend le doyen associé.
L'établissement d'enseignement ontarien anticipe déjà un intérêt marqué pour sa nouvelle formation et a choisi de limiter les inscriptions à 25 pour la première cohorte avec la possibilité d'ouvrir un peu plus grandes les portes dans l'avenir. 
«Nos programmes de culture en serre et d'horticulture enregistrent déjà des hausses importantes des inscriptions et de 45 % à 50 % des étudiants inscrits envisagent une carrière dans la production de cannabis», poursuit Al Unwin.
Il indique également que ce n'est pas la décision du gouvernement Trudeau de légaliser la marijuana à des fins récréatives qui a incité son institution d'enseignement à offrir cette nouvelle formation. 
«La demande [de personnel qualifié] est déjà très forte avec la marijuana médicale et nous nous basons sur la réglementation actuelle à ce sujet. Nous essayons de ne pas spéculer sur la législation future, mais nous savons ce qui s'en vient et que des changements sont possibles. Nous allons alors nous ajuster. Nous savons que la demande des producteurs pourrait augmenter», conclut-il.