Les «facteurs les plus puissants» pour expliquer le décrochage appartiennent d'abord à l'école, estime un chercheur.

Décrochage scolaire: la famille n'est pas déterminante, selon un expert

«La famille joue un rôle dans la réussite scolaire, mais ce n'est pas l'élément déterminant.»
Laurier Fortin, professeur à la faculté d'éducation de l'Université de Sherbrooke, s'intéresse au décrochage scolaire depuis plus de 35 ans. Il a d'ailleurs récemment mis au point un logiciel permettant de dépister les élèves à risque d'abandonner leurs études, en plus d'avoir réalisé plusieurs études sur la question.
Selon M. Fortin, les «facteurs les plus puissants» pour expliquer le décrochage appartiennent d'abord à l'école. Les résultats scolaires, la relation prof-élève, le climat dans la classe et les activités de l'école ont un impact très important.
«Le rôle de l'école est primordial», dit-il. L'influence des parents est importante, ajoute-t-il, mais avec certaines réserves. «On ne peut pas dire que le décrochage vient de la famille. Il y a de très bonnes familles où il y a des enfants qui décrochent, il ne faut pas l'oublier.»
Laurier Fortin considère que le premier ministre Charest devrait faire de l'éducation une «priorité nationale» plutôt que de blâmer les parents.
«Au cours des dernières années, la priorité est surtout allée à la santé et à la réduction de l'attente dans les urgences. Si l'éducation était vraiment une priorité, les enfants auraient l'impression qu'il est plus difficile de lâcher l'école», dit-il.
Recentrer les efforts
M. Fortin affirme que le gouvernement devrait recentrer ses efforts autour de l'éducation, comme ce fut le cas dans les années 60 avec le slogan «Qui s'instruit s'enrichit».
«À cette époque, l'éducation était vraiment une priorité. On a un bout de chemin à faire avant d'en arriver là», dit-il, affirmant que le gouvernement a parfois ramé en sens inverse en dévalorisant le rôle des enseignants sur la place publique.
Selon les statistiques publiées récemment par le ministère de l'Éducation, 29 % des jeunes n'obtiennent pas leur diplôme d'études secondaires avant 20 ans. Chez les garçons, ce chiffre grimpe à 34 %.