La ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David se montre fermée à l'idée de payer les étudiants qui réalisent leurs stages de fin d'études, considérant qu'il s'agit avant tout de formation.

David ferme la porte aux stages rémunérés

La ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, se montre fermée à l'idée de payer les étudiants qui réalisent leurs stages de fin d'études, considérant qu'il s'agit avant tout de formation.
«Pourquoi, quand t'es assis dans une salle de classe, t'es pas payé, et quand tu vas faire un premier apprentissage de formation en milieu de travail, il faudrait que tu sois payé?» s'est questionnée la ministre en marge d'une annonce au Cégep Limoilou mercredi. 
Selon Mme David, la définition d'un stage est quelque chose d'«encore flou» au Québec. Elle est ouverte aux réflexions que les étudiants ont sur cette question, mais se montre fermée à changer la donne pour le moment.
Mme David réagissait aux sorties médiatiques des derniers jours, dont celle du nouveau président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Jason St-Amour, qui croit qu'à travail égal, un stagiaire se doit d'avoir un salaire égal. La FECQ a déjà annoncé qu'elle compte faire des stages rémunérés un cheval de bataille pour l'année à venir.
Les étudiants au baccalauréat en enseignement militent aussi depuis quelques années pour voir leur dernier stage de sept semaines, où ils sont responsables d'une classe, être payé. Le Parti québécois, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire ont embrassé leur cause.
Équité avec les médecins
Ces étudiants espèrent une équité avec les futurs médecins et les futurs psychologues, qui voient le travail accompli à la fin de leurs études rémunéré. Après des mois de boycottage, les étudiants au doctorat en psychologie ont obtenu en décembre une rémunération de la part du gouvernement Couillard.
Mercredi, la ministre David a fait valoir que dans ces cas, il s'agissait de «disciplines universitaires très, très longues», et que ces doctorants font des «internats et non des stages».
«Oubliez pas que Québec a un très, très bon système, envié par tous au Canada, de prêts et bourses», a souligné Mme David. Aux futurs enseignants, la ministre répond qu'ils peuvent avoir accès, en quatrième année d'université, à environ 11 000 $ en prêts et bourses. «Ça, c'est un revenu que le gouvernement, que les citoyens acceptent de donner pour aider les étudiants.»
9 M$ pour les cégepiens entrepreneurs
Les jeunes qui rêvent de se partir en affaires pourront compter sur le support de leur cégep pour mettre leurs idées à profit. La ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, était au Cégep Limoilou mercredi pour annoncer une aide financière de 9 millions $ sur trois ans afin d'aider tous les collèges qui ont des projets en entrepreneuriat ou en innovation. Déjà, 15 institutions, dont les cégeps de Limoilou, de Rimouski et de Beauce-Appalaches, ont créé un réseau, le Projet d'éducation entrepreneuriale au cégep (PEEC), pour échanger et mettre en commun les meilleures pratiques dans le domaine. Sarah-Jeanne Bouchard, étudiante en sciences humaines, a par exemple profité du programme du Cégep Limoilou pour ouvrir son bar laitier, la Bûche glacée, alors qu'elle était en fin de session l'an dernier.